Personnellement, j'ai trouvé le scénario efficace à défaut d'être exceptionnel. Dès le début j'ai aimé le dessin, et particulièrement les visages des personnages. Cela donne une atmosphère étrange au récit et j'aime bien.
Le scénario est un peu cliché : le pauvre gamin est maltraité par la terre entière, il a un pouvoir magique, des gens très méchants exploitent son pouvoir, etc. Habituellement, ce genre de chose m'ennuie, mais le scénario est efficace et j'ai lu les trois tomes d'un coup car je voulais savoir comment ça allait se terminer. D'ailleurs, je trouve que la fin n'est pas à la hauteur du reste comme c'est souvent le cas avec Corbeyran. Et aussi je ne m'attache pas aux personnages. Ce sont deux défauts que je retrouve souvent chez ce scénariste.
Une bonne série basée sur une idée « simple » : le héros possède deux mains gauches. Et ce qui aurait pu lui valoir un véritable handicap va se révéler être une véritable arme de guerre. Pourquoi ?… Dustin –c’est son prénom- a eu une enfance plus que malheureuse et il tient à en prendre une revanche plus qu’éclatante…
Une bonne série, oui, mais qui –personnellement- m’a eu l’air de quand même tourner un peu en rond. Le scénario général est quand même assez linéaire : il a souffert dans sa jeunesse, il veut se venger, il est amoureux mais assez maladroit. Trois postulats développés d’une façon assez mince quand même.
Heureusement, le dessin de Formosa relève le niveau d’une bien belle façon. Ce dessinateur fait montre d’une réelle efficacité, tant dans ses divers intervenants que dans les décors et arrière-plans qui ne sont pas en reste. Mimiques et attitudes sont bien rendues par un trait réaliste nerveux, net et bien lisible.
Tout ça pour ?… une série que j’ai lu, apprécié, mais pour laquelle je ne me suis pris d’aucune réelle passion.
Tiens, au fait, pour ce qui est des couvertures des tomes 2 et 3. La première m’a fait penser à Garth (voir sur le site), et la seconde à « Angel Face » (Blueberry). Pas vous ?…
Allez, une bonne série agréable de lecture mais…
"Double Gauche", une chance qu’il ne soit pas droitier (p’tain, j’suis en forme moi aujourd’hui )
Le prolifique Corbeyran, nous livre une nouvelle série fantastique au titre très évocateur : Double Gauche. Dustin, un orphelin doté d’une malformation de la main, droite est le souffre douleur de son entourage. Mais cet handicap est aussi le déclencheur d’un formidable pouvoir qui, lorsqu’il saura le maîtriser, va lui permettre (enfin j’imagine) de prendre une revanche sur son enfance. L’histoire se passe à une époque difficile à dater, je dirai début du 20e siècle, à Sinostropolis, une ville où les propriétés luxueuses côtoient les quartiers malfamés, misérables et pauvres. Le récit dégage une ambiance très sombre, violente et quelques fois malsaine. Le premier tome est une grosse introduction qui s’attelle essentiellement à présenter les personnages et l’environnement fantastique. Donc difficile de se faire une véritable opinion avec seulement ce tome 1, j’attends donc la suite car ma curiosité a été titillée par cette aguichante mise en bouche.
Le dessinateur, Formosa, a un style assez démarqué et maîtrisé qui dégage une vraie ambiance noire. Les personnages (surtout masculins) tirent pratiquement tous une "sale gueule". Ils ont souvent les traits très tirés et anguleux. Pour ma part, j’ai bien accroché à ces illustrations mais il se pourrait que certains soient rebutés par ces visages grimaçants, en tout cas il ne laisse pas indifférent.
Les couleurs de Drouaillet et Formosa sont parfaitement adaptés au dessin et accentuent bien l’atmosphère du récit avec ses tons foncés et sombres.
Décidément Corbeyran s’ingénie à trouver de nouvelles voies dans le genre fantastique. Et à dénicher (ou ressortir des placards) des talents graphiques. Et encore une fois, l’entrée en matière est assez alléchante. Un enfant persécuté qui prend sa revanche, des freaks assez crédibles, un cliffhanger à cheval sur deux époques : le lecteur lambda devrait trouver son compte dans cette fable moderne.
Côté dessin, Gil Formosa, qui semble être le chaînon manquant entre Cuzor, Berthet et Moebius (toutes proportions gardées), a un style qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui pour l’heure est assez efficace.
Attendons la suite de cette série en 3 volumes…