J'ai trouvé un album français de Fritz the Cat (et cela semble d'ailleurs être le seul) et je fus bien content parce que j'avais bien aimé ce que j'avais lu dans La Crème de Crumb. Je fus un peu déçu parce que Fritz the cat est moins drôle après plusieurs histoires.
C'est vraiment le genre de personnage comique qui est rigolo lorsqu'il apparaît dans un magazine parce qu'en album cela devient vite lourd. J'ai l'impression de voir la même chose encore et encore et vers le milieu de l'album je commençais à m'ennuyer un peu. Heureusement, Fritz dit toujours des répliques qui me font sourire donc je ne l'ai pas trouvé totalement ennuyeux et comme il est sympathique (pour moi en tout cas !), j'ai réussi à terminer l'album sans que cela soit un supplice.
En ce qui me concerne, même s'il est vrai que certains aspects sont datés, je trouve que cette BD culte a très bien vieilli. Tout d'abord grâce à la création d'un personnage très fort et original, Fritz the cat, qui est un anti-héros attachant. Ce chat est né dans les cahiers d'enfant de Robert et de son frère, caricature du chat de la maison, pour évoluer jusqu'au personnage final.
Graphiquement, rarement le noir et blanc aura été exploité avec autant de maestria, c'est une des meilleures périodes de Crumb.
Pour conclure, j'invite à se méfier de l'adaptation en dessin animé de la BD qui a été réalisée sans l'accord de Crumb. Méfiez-vous des contrefaçons !
Et oui, ça a bientôt 40 ans. Les repères ne sont plus les mêmes, tout est relatif. Hier, c'était osé, aujourd'hui c'est devenu gentillet voir concensuel. Les histoires tournent un peu en rond, il y a des moments agréables, d'autres plus quelconques.
Le dessin noir et blanc ne fait pas très travaillé, on dirait un premier jet sans fioritures.
Certaines pages sont limites indigestes, avec trop de cases et de textes.
J'ai réussi à finir cette BD mais je n'ai pas eu de déclic, on peut appeler ça une lecture subie sans être pénible.
J'ai beaucoup de mal avec les BD très anciennes, on voit celles qui ont un potentiel mais je n'aime pas les techniques utilisées, quelles soient narratives ou graphiques.
C'est avec cet album que j'ai à la fois lu mon premier Crumb et découvert pour de bon ce Fritz the Cat dont le dessin animé, interdit pour moi à l'époque, avait attisé ma curiosité de gamin : un dessin animé pour les adultes, interdit aux enfants, alors que le héros est un monsieur chat ?... Je m'imaginais le plus subversif, du sexe, du trash, de quoi vraiment choquer !
Le découvrant maintenant, adulte et doté d'une bonne expérience en matière de BD ou d'histoires aussi subversives soient-elles, je suis déçu. C'est un peu osé mais surtout assez ennuyeux.
Le dessin n'est pas terrible. Très hésitant pour la première histoire, il devient par la suite simplement... banal.
Les histoires ont dû surprendre, replacées dans leur époque, car elles sont crues et un peu licencieuses, mais il n'y a là rien de bien épatant. Le personnage de Fritz, coureur de jupons irresponsable et imbu de lui-même, se voulant poète bavard et rebelle, m'est assez antipathique. Les récits reflètent une ambiance 68-ardes et abordent pas mal de sujets d'époque, libération de la femme, racisme, amour libre, oppression des forces de l'ordre contre le peuple qui veut vivre libre, etc... Mais tout cela n'est vraiment pas palpitant et surtout, là où l'auteur semble vouloir mettre de l'humour, je ne rigole pas du tout. Je m'ennuie en fait...
Bref, relativement intéressant replacé dans son contexte mais ce n'est pas là une oeuvre impérissable.
Non mais, quelle sale bête ce chat !...
Il trousse les femmes, se drogue, blasphème... Carrément infréquentable !
Il fait sa toute première apparition dans le "Crumb Brothers Almanach" daté du 15 Octobre 1959, un opuscule que l'auteur réalise avec son frère Charles.
Mais ce n'est qu'en 1965 que les lecteurs américains découvriront les péripéties de ce rebelle épicurien. Si cet horrible chat n'a aucune moralité, il va pourtant exercer une réelle fascination sur la génération contestataire des années 60 et 70 ; y incarnant un esprit libre de toute censure.
Fritz est en réalité une projection de Robert Crumb, l'auteur. C'est lui-même qui se met en scène au travers de ce matou dévergondé. Via Fritz, Robert s'imagine ainsi créer de grandes choses, vivre une vie sexuelle débridée, participer à de folles aventures...
Curieusement, en 1972, Crumb entreprend une dernière histoire qu'il conclut par l'assassinat de Fritz par une femme hystérique. Boum ! Fini le chat !...
Personnellement, j'ai vu le film -sorti en 1972- et qui, à cette époque, a ameuté les foules. Bof. Vraiment. Si une certaine "intelligentia" l'a porté aux nues, cette version apocryphe du personnage ne m'a pas tellement attiré, et encore moins choqué.
Ce qu'il en reste. Un classique (à ce qu'il paraît) de ce que l'on a appelé "l'underground".
Je possède l'intégrale de 1995. Je ne me souviens pas l'avoir vraiment lue avec intérêt. Et je n'en ai toujours pas envie...
Etonnant que l'une des oeuvres fondatrices de l'un des maîtres du comic underground n'ait pas connu une édition française plus ambitieuse. Problème de droits ? Peut-être.
En tous les cas, cet album, depuis longtemps épuisé, nous permet de voir ce phénomène de l'édition en action. Fritz est hâbleur, joueur, vantard, coureur de jupons... Il a presque tous les vices, et se permet toutes les audaces. Il devient même agent de la CIA.
Inutile de dire qu'il s'agit là d'une transposition des délires et des fantasmes de Crumb, qui adoptait déjà dans cette série (créée en 1964) le style généreux et rabelaisien qui fera sa marque de fabrique. Cependant, on est vite lassé par les aventures de ce chat bohême, et l'on finit l'album un peu difficilement tellement c'est gonflant d'égoïsme et de n'importe quoi.