Elle ne m’a pas déplu, cette série d’espionnage. Elle ne m’a pas emballé non plus, mais j’en garde un souvenir plutôt positif.
Cause principale de ma relativement bonne impression : un climat, une ambiance glacée très réussie. Tout ici est d’une froideur, d’une inémotivité marquante et, en cela, le trait de Durieux est excellent. Les fréquentes cases tout en longueur illustrant une plage désolée accentuent encore ce sentiment de vide, de froideur. La colorisation terne contribue à cette ambiance et n’égaye certainement pas le propos.
Mais Durieux n’est pas un maître de précision, et ses personnages ne sont pas toujours faciles à distinguer. Heureusement, leurs coiffures viennent souvent à mon secours. Les décors, également, me sont apparus, à l’occasion, imprécis. Et pourtant, c’est le positif que je retiens avec cette ambiance glaciale très réussie.
La profusion de personnages, ainsi qu’une intrigue assez tarabiscotée ne favorisent pas la compréhension du récit. J’ai donc dû m’accrocher et revenir sur certains passages pour bien être sur de n’avoir rien loupé. C’est le côté à la fois positif (densité, complexité de l’intrigue) et négatif (manque de clarté) de ce scénario.
Pas mal, donc, mais très froid, incroyablement froid, désolément froid.
Il existe des bd franchement insignifiantes que caractérise un grand vide. Celle-ci en fait incontestablement partie. J'ai rarement vu un scénario aussi plat mêlé à un graphisme totalement désuet.
L'invraisemblance de ce récit finira par achever totalement la conviction du lecteur. Par ailleurs, il n'y a rien à admirer du côté du dessin figé et sobre.
Qui est Avel ? Un tueur ? Un espion ?... On s'en tape complètement. Il ne suffit par de créer un personnage énigmatique avec une intrigue alambiqué naviguant en eaux troubles. Il faut également qu'il y ait du charme, une consistance qui donne l'envie d'aimer.
Nous avons là une vraie daube pourtant signée par un grand scénariste à savoir Jean Dufaux qui en était qu'à ses débuts.
Moi j’aime bien les histoires d’espionnage. Enfin d’habitude parce que j’ai vraiment eu du mal à aller au bout des 4 tomes de cette série.
Au début il ne se passe pas grand chose. Avel, a priori un espion, est caché dans un petit hôtel perdu au bord d’une plage. Il attend. En parallèle des tueurs semblent être lancés sur sa piste. Puis débarquent un vieil aveugle et son jeune neveu. Pif, paf un peu d’action, quelques morts. Oui mais pourquoi ? Pour qui ces gens agissent-ils ? Dans quel but ?
La blonde un peu nunuche de l’hôtel se révèle elle aussi être une tueuse. Ok, mais pour le compte de qui ?
Beaucoup de questions qui vont trouver une réponse dans les 2 derniers tomes c’est évident.
Ah ben non, on ne reparlera plus d’un seul de ces personnages. Nouveaux lieux, nouvelle intrigue qui nous plonge dans le passé d’Avel. Et là on a droit à la totale : les Russes, les Tchétchènes, les services secrets, la mafia…
Bref un peu de tout ce qu’on peut mettre dans une histoire d’espion et c’est toujours aussi peu clair. Les personnages sortent d’un chapeau quand on a besoin d’un nouveau rôle, puis ils ressortent de l’histoire comme ils sont venus.
Un grand nombre de questions restent sans réponse et la fin n’est franchement pas convaincante.
Je suis rarement aussi sévère dans mes notes, mais là, malheureusement je ne vois pas comment faire autrement.
Encore un scénario de Dufaux ! Cette fois-ci, c'est un récit qui nous plonge dans l'immédiat après-chute de l'URSS, où les intrigues politiques connaissent de grands mouvements, où la vérité d'hier n'est pas celle d'aujourd'hui... Où un prince russe plonge dans la tourmente, poussé par l'amour de et pour sa soeur.
Une étrange intrigue en vérité, qui rappelle un peu celle de Niklos Koda, du même scénariste.
Dufaux est un grand auteur, un dramaturge grec des temps modernes, pour lequel l'amour est au coeur de la mort, et vice-versa. Il prouve une fois encore son talent, par des mots magnifiques (surtout dans les 2 premiers tomes). Mais son récit est relativement nébuleux, et la multiplication des personnages (inhérent aux histoires d'espionnage, je le reconnais) ne facilite pas forcément la lecture. Il est accompagné par le rare Christian Durieux, dont le trait s'affine et s'affirme au fil des albums. Mais il manque de constance. Certaines planches sont très belles (particulièrement celles où l'atmosphère se fait sensuelle), d'autres nettement moins. Le traitement de la couleur est lui aussi irrégulier, un coup bien intégré au dessin, un coup on dirait des taches...
Cependant on peut passer du bon temps à lire cette BD, même si elle manque de liant tant au niveau graphique que narratif.