Celui-là, je l’ai repéré grâce à bdthèque, et son résumé ne pouvait que m’attirer. C’est donc sans hésitation que j’ai acquis l’objet. Et je ne le regrette pas !
Débarrassons-nous du seul point négatif qui me vient à l’esprit : certains visages ne sont pas détaillés, et cela a le don de m’énerver. Il n’y avait vraiment pas moyen de faire deux yeux, un nez, une bouche à ces personnages ?
Pour le reste, j’ai bien apprécié le trait de l’artiste. Son style est expressif, son trait dépouillé n’est pas sans me rappeler celui de Moynot sur « Le Temps des Bombes », sa colorisation est lumineuse ou plus austère en fonction des circonstances mais toujours en concordance avec le récit. L’ensemble, sans relever de la virtuosité picturale, m’est apparu plaisant à l’œil, agréablement lisible, dynamique et expressif lorsque le scénario l’exigeait.
Le thème est très original. Les phares ont de tous temps eu le don de me fasciner, et suivre la construction de l’un d’entre eux à l’aube de la première guerre mondiale avait de quoi me réjouir. Mais au-delà de ce phare, c’est le portrait d’un homme et la rencontre entre celui-ci, parisien, et un peuple, breton, qui constitue toute la moelle du récit. J’ai aimé ce lent « apprivoisement » qui se développe dans les deux sens, chacun apprenant de l’autre.
Au final, j’ai dévoré ce livre, encouragé en cela par une narration fluide et une belle écriture. Vraiment bien ! Des comme ça, j’en redemande !
L'histoire nous invite non seulement à découvrir la Bretagne mais plus précisément la construction d'un phare. Nous suivons le parcours d'un jeune ingénieur parisien en 1911 envoyé par le Ministère dans un port de pêche breton. Le récit va se poursuivre jusqu'en 1914.
On se rend compte avec lui que ce n'est pas si facile que cela de construire un phare. Il y aura beaucoup d'obstacles à surmonter à cause des hommes et des intempéries. On arrive à s'imprégner de l'ambiance de ce port marin. La Bretagne fait véritablement rêver. Il est clair que le caractère de prime abord un peu rude des locaux sera vite compensé avec le temps par une amitié attachante.
Je n'ai pas trop aimé l'aspect magouille financière qui semble prédominer à la fin de ce récit. Cela se termine pour moi de manière trop abrupte. Pour autant, la lecture demeure très agréable car servi par un graphisme minimaliste tirant un beau parti des couleurs.
« Trois éclats blancs » narre l'histoire d'un jeune ingénieur venu bâtir un phare dans un petit port breton assez peu accueillant de prime abord. Au fil des mois il réussit à tisser des liens avec les locaux et à élever les premiers murs de son phare malgré toutes les embûches qu'il rencontre sur son chemin : la météo n'est pas avec lui et il manque du soutien de ses supérieurs à Paris.
Le scénario a un schéma classique et linéaire, on suit les quelques années que le jeune ingénieur va passer dans ce village et son évolution, il prend un peu de plomb dans la tête et nul doute que cette expérience va le forger pour les années suivantes de sa carrière.
Le dessin est pour sa part très correct, les traits sont fins et chaque personnage ne ressemble pas à son voisin. Les couleurs sont bien choisies.
Bref un titre de la collection Mirages tout à fait conseillé sans être bouleversant.
Voila une belle surprise, après Au bord du monde, du même auteur, que j'avais trouvé juste sympa. Le ton et le cadre est toujours le même: la Bretagne début XXème siècle. Ici il se passe un peu plus de choses. J'ai été séduit par le récit de l'affrontement entre l'homme et la mer, mais j'ai été un peu lassé par l'histoire des hommes ou plutôt de relations viriles autant entre amis qu'en affaires ou avec les femmes.
Mais l'ensemble reste simple et beau, distrayant, dépaysant.
Pas mal, mais ça aurait pu être mieux. Le début est très prometteur. À l'opposée, la fin est abrupte et un peu bâclée.
D'ailleurs, pendant tout le récit, y a des trucs qui arrivent un peu trop brutalement comme la relation entre l'ingénieur et Perdrix ou l'armateur qui finalement ne sert par à grand chose. De plus, je ne comprends pas trop pourquoi Nonna sauve l'ingénieur à la fin alors qu'il le déteste tout le long.
Néanmoins, c'est un one-shot très chouette à lire. Tout parait vrai et le très bon dessin nous fait presque sentir l'odeur de la mer.
Après une première lecture mitigée, j'ai décidé de relire cette BD plusieurs mois après.
Et ce coup ci fut le bon.
La lecture m'a paru rapide, naturelle et vraiment plaisante.
En tant que breton, j'y retrouve une partie de ma culture.
J'ai surtout apprécié le relationnel des personnages, l'authenticité du clivage social de l'époque du récit.
Cette lente intégration d'un citadin dans un village cotier est une belle histoire d'hommes, dans laquelle on retrouve les bons et mauvais côtés du tout à chacun...
A découvrir, une belle chronique de vie.
Une belle histoire, superbement dessinée, mais à laquelle il manque ce petit quelque chose pour en faire une BD vraiment immanquable.
Pas de gros défaut selon moi, mais ça ne décolle jamais vraiment, que ça soit au niveau de l’action ou au niveau émotionnel, et quand l’équipe termine enfin le phare, je n’ai pas ressenti ce sentiment de surpassement de soi, de succès. La fin est un peu molle, assez déconcertante, et souffre du même effet « cheveux sur la soupe » que celle de L'Aigle sans orteils. De même les relations entre personnages me paraissent peu crédibles (l’histoire d’amour entre l’ingénieur et la fille, par exemple, est assez mal amenée je trouve).
Bref, à lire si vous aimez les histoires lentes et idylliques, mais ne vous attendez pas à une histoire renversante ou terriblement touchante, sinon vous risquez d’être déçu
Un jeune ingénieur débarque de Paris pour s'installer en Bretagne. Sa mission : construire un phare. Pour cela, le jeune ingénieur va devoir s'armer de patience (la construction du phare étant hautement compliquée) mais surtout il va devoir commander un groupe de marins. Pas si facile quand l'on connaît le tempérament de ces bretons un peu bourrus.
Un album qui parle de "ma" côte bretonne, est incontournable (toujours pour moi). Les planches de Le Floc'h sont juste sublimes... de véritables tableaux. Rien que pour les yeux, il faut lire Trois éclats blancs.
L'histoire quand à elle souffre parfois du faible nombre de rebondissements, mais pour moi, le but de l'album est tout simplement de se laisser contempler sans trop se poser de questions. Je me suis bien régalé... A noter que Le Floc'h a réalisé une 'presque' suite à cet album : Une après-midi d'été (que j'ai moins apprécié par ailleurs, mais ceci est une autre histoire).
Le Floc'h ?... un auteur-scénariste-dessinateur qui a réuni beaucoup d'atouts pour réussir à transmettre son amour de la mer.
Il réalise ici un très bel album d'ambiance sur la Bretagne ; me livrant -moi lecteur- un beau récit, entier. Un album où j'ai un peu retrouvé certains souvenirs de mes passages en Côte d'Armor... très bons souvenirs d'ailleurs...
J'ai ainsi suivi l'évolution de cet "ingénieur" -comme l'appellent les locaux-, qui s'intègrera au fur et à mesure que s'élève son phare et que s'éloignent ses certitudes de jeune diplômé.
Une quête initiatique remplie de poésie qui, loin d'être contemplative, est aussi riche en rebondissements.
Un très bel album, aux couleurs "bretonnantes".
Un album que j'ai même imaginé en noir et blanc : cela n'en aurait eu que plus de force encore.
Voici un bien bel album que j’ai découvert suite au festival bd de Lys-lez-Lannoy.
A travers son récit, Bruno Le Floc’h traite de l’adaptation nécessaire et de l’acceptation par les autochtones d’un étranger où ses relation professionnelles, humaines et sentimentales vont devoir s’habituer aux coutumes de ces gens de la mer. On sent la passion de l’auteur pour sa région, ses habitants et le grand large.
Une histoire qui se lit avec beaucoup d’intérêt grâce à une narration qui place le lecteur du côté de l’ingénieur, la seule personne "formée" et qui a encore pourtant tout à apprendre . . .
Enfin, le trait simple et le choix opportun des couleurs participent à la réussite de l’album.
Un ingénieur débarque de Paris au début du 20e siècle pour construire un phare sur un îlot perdu de Bretagne attaqué par les vagues et les vents. Il va devoir apprivoiser les gens avec qui il va vivre et travailler, se battre contre les éléments naturels et contre l'administration, prendre son mal en patience et user de divers moyens pour arriver à ses fins - un projet fou.
Malgré une narration et un dessin un peu hésitants et un choix de couleurs pas toujours des plus heureux, cela donne au final une très belle histoire, dure mais attachante et chaleureuse.
Un de ces albums qui marquent et qui laissent un souvenir indélébile après la lecture.
Est-il possible de bâtir un phare ?
Surtout si vous êtes un jeune ingénieur à peine sorti de l’école ?
Surtout si vous un parisien confronté à des marins bretons ?
Surtout si vous devez construire un phare sur un rocher que la mer découvre une vingtaine de jours par an ?
Surtout si au premier accostage le maçon perd la vie ?
Surtout si à la première tempête tout le travail est réduit à néant ?
Comme je vous l’ai écrit rien ne sera simple pour cet ingénieur.
Que dire de plus ? L’atmosphère de ce port de pèche breton avant la première guerre mondiale est merveilleusement retranscrite, et l’évolution du personnage de l’ingénieur très bien décrite. J’ai passé un très agréable moment à lire cette histoire, pour un deuxième album Bruno Le Floch fait un véritable coup de maître. ^__^
Je n'ai franchement pas été emballé par cette BD.
Le dessin, même s'il reste parfois un peu approximatif (il me fait souvent penser au style de Marvano dans la Guerre Eternelle ou dans les 7 nains) ne me gêne pas, au contraire.
Mais j'ai trouvé le scénario un peu vide. Le concept de base aurait pu donner des développements intéressants (cet ingénieur parisien qui vient construire un phare dans un coin paumé de Bretagne, reflet du choc entre la modernité en marche et les coutumes des autochtones) mais je suis resté sur ma faim.
J'ai eu le sentiment que l'auteur n'arrivait pas à décider sur quel registre il allait faire porter son histoire et plusieurs thèmes sont abordés sans la profondeur suffisante (l'amour, la mer, le déclin des anciens modes de vie face au progrès, etc..) ce qui est au final assez frustrant.
****SPOILER****
En plus l'irruption de la guerre en toute fin d'album, ça vient comme un cheveu sur la soupe, je n'ai pas compris et ça a achevé de me perdre.
****FIN DU SPOILER****
Bref, un scénario qui part d'une idée de base sympa mais qui ne nous mène pas très loin. Je n'ai pas compris pourquoi il a été récompensé. Et les dessins ne rehaussent pas l'ensemble.
Etrange qu'un album de cette qualité soit passé inaperçu. Car Delcourt a mis les petits plats dans les grands pour servir ce plat savoureux. En effet, Trois éclats blancs conte l'histoire de pionniers, des hommes prêts à braver les éléments pour installer un phare en haute mer. Les risques sont énormes, et il y aura des dommages irréparables. On sent que Bruno le Floc'h a un amour énorme pour la mer, comme la plupart des bretons. Mais cela ne suffit pas pour réaliser un chef-d'oeuvre. En effet, et malgré son trait élégant, qui a par moments l'aspect et la patine des peintures classiques des peintres de bord de mer, son récit manque de pas mal de force. Une telle histoire aurait eu besoin, pour avoir un meilleur impact, d'un plus grand souffle épique, d'une écriture plus enflammée... On aurait aimé que la mer soit décrite comme un être vivant, sentir les embruns sur notre figure, tanguer au rythme des bateaux instables venus s'amarrer au "caillou chauve"... Mais, en choisissant de raconter l'histoire par l'ingénieur, plutôt froid et réservé, on reste au port. Et ce séjour est un peu trop court pour être vraiment apprécié.
Il n'en demeure pas moins que cet album est un bel objet, une invitation succincte au voyage, sur les pas des derniers pionniers.