J'avais commencé cette série il y a bien longtemps et elle m'était tombée des mains. Quelques années plus tard, voici que j'ai retenté l'expérience.
Ouverture du premier tome. Dès les premières pages, il y a quelques situations auxquelles j'ai du mal à croire. Les albatros qui tuent l'homme à la mer (un doute mais je commence à tiquer), la réaction théâtrale de Hoel quand il arrache le corsage d'Isabeau, celle-ci qui tue un rat en lançant un couteau (ben voyons) puis coupe une corde avec une balle de fusil XVIIIème à quelques dizaines de mètres, tout ça dans les dix premières planches... Ça ne me gênerait pas dans tout type de BD mais ici, cela se heurte au dessin et au ton réalistes. Pour mémoire, en tir sportif à dix mètres, l'anneau à 9 points fait déjà 5,5 mm de diamètre...
Ensuite, les choses s'arrangent, et j'ai passé de très bons moments durant les tomes 1 et 2.
Et puis tout d'un coup, pour les tomes 3 à 5 (voire 6 et 7), l'esclavage devient une thématique principale de la série, alors que les deux premiers tomes n'en parlaient pas ! Pourquoi pas, me dis-je; en cours de route, l'auteur évolue, redéfinit son projet, l'œuvre est vivante, tout ça tout ça... Au moins, on ne va pas dire que c'est calibré, formaté. Reste que comme les personnages, le scénario s'enlise et qu'au moins les tomes 3 et 4, voire 5, auraient gagné à être condensés en un seul. Ça m'a presque fait le même effet que le dernier tome des _Compagnons du Crépuscule_: beaucoup de pages où il ne se passe pas grand chose...
Tomes 6 et 7. Au début, on croit qu'il s'agit de la vie de Zabo. Mais en fait non : les 53 premières planches ne servent que d'introduction au flash-back pour nous raconter les 80 dernières années de la vie d'Isabeau ! Construction très bizarre et un peu perturbante...
On doit bien reconnaître que l'auteur est très sérieusement documenté. Cependant, j'ai eu l'impression d'être mis à l'écart : beaucoup d'allusions à des faits historiques ne sont pas expliquées, des éléments culturels ou des notions de marine sont balancées sans explication. Niveau résultat, c'est comme si on m'étalait sa science au lieu de me la faire partager...
De même, la plupart de dialogues en diverses langues (anglais, créole, français cadien, vieux français, vocabulaire français de marine) ne sont pas traduits. Super pour recréer l'ambiance, mais à force de décrypter les dialogues, ça finit par me saouler. Idem pour le français approximatif de Mary: déjà, le type de faute qu'elle fait n'est pas toujours crédible; et surtout, ça enlève inutilement de la fluidité à la narration.
En parlant de langage... que c'est bavard! Certains dialogues pourraient être raccourcis, ou alors mieux insérés, mieux équilibrés avec la narration graphique. D'ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais le texte est souvent à l'étroit dans les phylactères. Heureusement, cela s'arrange dans les tomes 6 et 7. Les traits d'esprit des tomes 1 et 2 m'ont souvent fait sourire, mais ils se font trop rares ou trop laborieux dans les tomes suivants.
Idéologiquement, c'est féministe, plutôt anti-cléricaliste, anti-militariste, anti-esclaviste et tout un tas de mots en -iste qui ne peuvent que m'être sympathiques. Cependant, tome 5 planches 23-24, le traitement de la scène m'a franchement surpris voire un peu choqué. Notamment, Mary semble tout de suite avoir beaucoup de recul, limite: "ce n'est pas si terrible"... Désolé si je suis un béotien qui a mal interprété l'intention de l'auteur, mais c'est quand même bizarre.
Le dessin a été loué par beaucoup, et à juste titre: c'est bien sûr dans le haut du panier ! Mais je n'ai pas toujours été émerveillé et j'ai même parfois tiqué: tome 2 planche 24 par exemple, la perspective est chelou. Autre exemple: tome 5 planche 29, un des seuls dessins pleine page de la série, que je trouve moyennement réussi (étant entendu que nous sommes dans le haut du panier). Le graphisme parvient à un nouveau stade aux tomes 6 et 7 mais malgré son indéniable qualité, je n'ai pas totalement accroché, peut-être à cause de la technique d'encrage utilisée, avec pas mal de petits points noirs. Par ailleurs, le visage de Zabo ne se ressemble pas toujours très bien d'une case à l'autre.
Mais graphiquement, ce qui m'a le plus gêné, ce sont de sérieux problèmes de mise en page et de cadrage. Petites cases insérées dans les grandes cases (pas toujours avec une raison esthétique ou narrative), bulles qui dépassent sur la case d'à-côté... On a souvent l'impression d'être à l'étroit. Dommage pour une série d'aventure et de grands espaces ! Heureusement, cet aspect s'arrange dans les tomes 6 et 7.
Les points positifs ayant été largement commentés, je ne les ai pas énormément développés ici. Mais je les reconnais volontiers, j'ai passés de bons moments et il me paraîtrait difficile de mettre en-dessous de 3 étoiles à cette série incontournable dans l'histoire de la BD francophone et de la BD historique.
La fille sous la dunette ****
Le ponton ****
Le comptoir de Juda ***
L'heure du serpent **
Le bois d'ébène **
La petite fille Bois-Caïman (2 tomes) ***
Au fait, carton jaune pour l'éditeur : tome 2, planche 6, "toi, Hoel, qui en aS tant besoin"...
Comment ne pas mettre culte à cette série parfaitement documentée de Bourgeon, qui nous plonge dans l'univers colonialiste du XVIIIème siècle !
L'immersion est totale et l'on retrouve tout le génie et le savoir faire de Bourgeon tant au niveau du dessin que de la narration de l'histoire. Effectivement, nous pouvons noter quelques passages assez lents mais ils trouvent tout leur sens dans le récit global. J'ai particulièrement apprécié l'absence de parti pris vis-à-vis du colonialisme ; là où il aurait été simple de tirer à boulet rouge sur l'esclavagisme. Toute la complexité des relations entre les différents pays et peuples y est ainsi subtilement décrit.
Il reste toutefois quelques bémols, notamment la fâcheuse tendance qu'à Bourgeon à dénuder toutes ses héroïnes sans que cela ne soit souvent justifié et qui m'agace au plus haut point.
Le second cycle également, même s'il conclut parfaitement cette œuvre, comporte pas mal de longueurs.
Tome 1 :
J'ai réellement dévoré ce tome en luttant contre la fatigue ! L'histoire est très intéressante, intrigante, et crédible.
Bourgeon nous transporte littéralement dans l’univers de la marine du XVIIIe avec sa cruauté (châtiments corporels mortels, abordage d'un navire qui se termine en boucherie avec des crânes défoncés, des amputations...). La scène de la bataille navale contre les anglais est mémorable
Les dialogues sont très techniques, avec beaucoup de langage marin. J'ai apprécié les répliques parfois très drôles, notamment les moqueries du chirurgien envers le curé.
Les personnages sont charismatiques, on arrive sans problème à se prendre de compassion pour l'héroïne.
Le dessin est de très bonne qualité, précis. Les décors sont très travaillés. Certaines cases dégagent une véritable émotion adaptée à la situation (bonnes sœurs aux airs de fantômes lors de l’arrivée de la vraie Agnès au couvent par exemple).
Bref, tous les ingrédients étaient réunis pour en faire une série culte.
Tome 2 :
L'histoire démarre bien, avec un nouveau plongeon dans l’horreur, cette fois dans l’univers carcéral du XVIIIe siècle. On apprend des choses grace à des détails historiques authentiques.
Malgré tout j'ai été passablement déçu par cette suite, l'intrigue devenant en effet beaucoup moins passionnante.
Elle est aussi moins crédible, avec nos protagonistes qui deviennent fugitifs, et ne ressentent que peu les effets du froid en plein mois de décembre...
Il y a aussi l'omniprésence de Dewey: on dirait qu'il n'y a que lui comme soldat dans toute la région !
Enfin, le personnage de Mary, bourgeoise délurée, ne m'a pas trop plu. De plus, sa fuite avec un officier de la marine est un peu exliquée à la va-vite.
Même le dessin m’a semblé moins précis, avec des physionomies changeantes.
Concernant les dialogues, j'ai été déçu de ne plus y retrouver la pointe d’humour présente dans le tome 1.
Tome 3 :
Ce tome a réussi à me faire voyager dans l’univers inhumain du colonialisme africain au XVIIIe siècle. De plus, grâce aux détails historiques finement étudiés, j’ai pu en apprendre sur le Dahomey (Bénin) et la religion animiste de l’époque.
Les rouages de l'histoire sont bien huilés, encore que le plan d’Isa pour confondre le « méchant » me semble un peu naze...
Les personnages sont assez nombreux; j’ai parfois eu du mal à m’y retrouver, mais au fur et à mesure de la lecture, on y arrive.
Le dessin est une nouvelle fois marqué par le souçi du détail, notamment en ce qui concerne les décors (peintures corporelles des indigènes, insectes...)
Les dialogues sont de très bonne qualité, donnant vraiment l’impression d’entendre converser des personnes du XVIIIe siècle.
Tomes 4 et 5: chacun
Les dessins restent excellents, mais, de nouveau, l'histoire perd en saveur: plus qu'une véritable intrigue, il s'agit plus d'un enchainement de situations périlleuses, au cours desquelles la mortalité des personnages est très élevée !
J'ai du mal à comprendre l'utilité de certaines séquences, comme celle avec le français prisonnier par exemple.
En résumé, ces deux derniers tomes se lisent sans problème, mais sont beaucoup moins captivants.
Après la lecture de la série Les Compagnons du Crépuscule, qui m'avait laissé un goût un peu amer, j'ai ouvert le premier tome de cette série un peu à reculons, et finalement, je n'ai pas été déçu. La fresque humaniste que nous propose Bourgeon ici est des plus captivantes, retourne parfois les tripes, et sollicite souvent ce que l'on appelle la conscience. Toutefois, je retiens trois périodes dans les sept tomes qui nous sont présentés.
La première période est composée des deux premiers tomes, permet de nous présenter les personnages que l'on va suivre pendant quelques aventures : Saint-Quentin, Mary, John, Hoel et surtout Isa. Elle nous permet de nous familiariser avec le souci de détail de Bourgeon, qui s'exprime aussi bien dans les textes que dans le dessin. L'environnement de navire, théâtre de la première rencontre entre Hoel et Isa, est ainsi criant de vérité, même si le vocabulaire employé, souvent emprunté à la marine, a pu paraître abscons. Les dessins de tous ces environnements, des salons cossus à la cale d'un navire, d'une cabine d'officier au dortoir commun du Ponton (une prison un peu particulière), nous permet de voyager dans l'espace et dans le temps. Par ailleurs, dans cette première période, Bourgeon nous propose une histoire plutôt classique faisant intervenir un romantisme interdit (entre Isa la bourgeoise et Hoel le matelot), une intrigue autour des origines de l'un des personnages (Isa ou Agnès ?), et surtout une histoire d'évasion rondement menée, qui n'est pas sans rappeler certains feuilletons lus dans notre jeunesse. Cette entrée en matière est donc séduisante, avec ce qu'il faut de rythme et d'ingéniosité, surtout dans le second tome.
Mais c'est certainement dans la seconde période de cette série (tomes 3 à 5) que le récit trouve une dimension un peu différente. Après quelques péripéties, Hoel, Isa, Mary et John (et quelques autres personnages secondaires) empruntent la route du commerce triangulaire de l'époque. Et par les yeux de ces protagonistes, Bourgeon nous offre avant tout un documentaire précis et détaillé de la traites des esclaves qui faisaient la fortune des uns et des autres (sauf des principaux intéressés). Là encore, on s'abandonne... et rien ne semble oublié : de la dénonciation pure et simple de ce commerce à l'invocation des raisons politiques et économiques, sans oublier les relations entre vendeurs et esclaves. Ainsi, Bourgeon évite le piège facile d'une dénonciation simpliste et va plus loin. C'est certainement cet aspect qui m'a séduit, d'autant que les différents messages sont portés par des personnages secondaires attachants et parfaitement étudiés : l'abbé Forrisier, Aouan, Boisbeuf, le roi du Dahomey. Pour supporter ce documentaire, Bourgeon nous propose une petite histoire d'empoisonnement d'Hoel et un lien étrange avec des forces occultes. Cette partie de l'histoire, qui part d'un pari stupide et un peu terre à terre, n'est pas à la hauteur du message humaniste qui est développé par ailleurs. Mais qu'importe, on aura voyagé, on aura découvert, on aura réfléchi. Le dernier tome de cette période amène de plus ce dynamisme et cette action qui manquait certainement un petit peu dans les tomes 3 et 4.
Et puis vint la troisième période, composée des deux derniers tomes, qui présente une rupture avec les cycles précédents. A vrai dire on cherche un peu le lien entre cette histoire, qui présente l'arrière-petite-fille d'Isa qui vient à sa rencontre. C'est un peu particulier à lire car le lien avec l'histoire précédente est des plus ténus (on évoque à peine Hoel !). Après quelques pages assez inutiles où on suit une Zabo qui traverse une partie du Sud en guerre de Sécession, on retrouve la saga d'Isa. Malheureusement, je trouve que Bourgeon ne va pas au bout de son idée : au lieu de nous proposer une véritable saga autour du personnage d'Isa, on présente un ou deux événements de sa vie. Douloureux, certes, malheureux, certainement, mais je m'étonne que cette partie soit un peu dénuée de l'humanisme dont on a fait preuve précédemment. Par ailleurs, je suis surpris et déçu que l'histoire d'Isa depuis son arrivée sur le territoire américain, ne nous soit pas plus détaillée : on sait qu'elle est à la tête d'une grande descendance mais la rencontre avec son mari est un peu expédiée à la va-vite.
Prises séparément, chacune de ces périodes présente des intérêts, et notamment la deuxième. En revanche, avec du recul, je suis un peu déçu du manque de linéarité et de lien entre ces trois périodes, comme si, au fonds, elles étaient indépendantes. Et puis, si je reconnais bien volontiers que le trait de Bourgeon nous fait partager des moments graphiques d'exception en ce qui concerne l'environnement (faune, flore, navires, atmosphères), le graphisme raide des personnages, et particulièrement de leur visage aux expressions peu naturelles (lorsqu'il y en a), m'a un petit peu refroidi.
Cette série reste une série à découvrir, pour l'aventure de la première période, pour le documentaire humaniste de la deuxième, et pour la saga familiale (style que j'apprécie) un peu trop vite expédiée de la troisième.
Je suis très déçue de ne pas avoir accroché à cette série de Bourgeon, auteur que j’apprécie énormément et que j’ai découvert avec Le Cycle de Cyann, un pur joyau de la science-fiction, ainsi que Les Compagnons du Crépuscule dont je n’ai lu que le premier tome mais qui m’a complètement captivée. Je savais que « Les Passages du Vent » me plairait moins de par son thème, une aventure historique dont je ne raffole pas en bd et qui me rappelle les quelques séries que j‘ai tentées en vain, dans la collection « Vécu » de chez Glénat, mais avec le talent de Bourgeon j'espérais au moins passer un bon moment de lecture.
Le début a été agréable, les personnages sont intéressants, ont du caractère et sont psychologiquement différents, l’univers est assez riche et bien retranscrit historiquement, mais voilà, au second tome j’ai eu l’impression que l’histoire n’avance guère et arrivée à la moitié du troisième tome elle piétine tout simplement, s'attardant sur des scènes pas forcément utiles avec des dialogues trop longs et le côté intimiste prend trop le dessus au détriment de l'aventure pure, j’ai saturé.
Je peux dire que j’ai fini ce troisième tome par conditionnement psychologique, « c’est du Bourgeon! Avance! », la série aurait été d’un autre auteur je me serais arrêtée bien avant et encore que je ne l’aurais peut-être même pas tentée.
Avec du recul je reconnais que c’est une excellente série mais pour les amateurs du genre.
Ne pas avoir aimé ne m’embête pas plus ça d‘ailleurs, la seule chose qui me chagrine c’est que l’auteur sorte de nouveaux tomes sur cette série et que Le Cycle de Cyann ne voit aucune suite venir.
Bourgeon possède sans conteste un style inimitable, aussi bien à l’aise dans la reproduction des paysages que dans celle des corps et des objets. Des corps d’ailleurs souvent dénudés lorsqu’ils sont féminins, ce que certains pourront juger racoleur… Mais si l’auteur aime la femme et ses formes à l’excès, il n’y a rien de vulgaire ici, juste une pincée d’érotisme, pas de machisme non, ce sont juste des corps, beaux à voir, ivres de désir, aux courbes sensuelles et généreuses… Un soin très grand a également été apporté au reste (car on pourrait presque dire que tout tourne autour du corps féminin). Bourgeon a fourni à lui seul un travail considérable avec un sens du détail poussé à l’extrême, grâce à une documentation historique très fouillée (la représentation des navires de l’époque ravira les admirateurs). Beau travail également sur les paysages et l’atmosphère, en particulier dans l’Afrique coloniale et les Antilles, on est littéralement transporté !
Là où je trouverais à redire, c’est plutôt au niveau du scénario ou des dialogues, qui m’ont à certains moments paru confus, même si cela ne m’a pas gêné pour lire l’histoire jusqu’au bout... En fait, j’ai plus apprécié l’histoire pour le côté dépaysant que pour le scénario lui-même, parfois trop touffu voire décousu… Par ailleurs, certains aspects traités pourraient faire l’objet d’un débat (les conditions de transport des esclaves édulcorées ?), même si dans l’ensemble, tout paraît plutôt réaliste, à l’instar de la psychologie des personnages. En outre, les amateurs de rebondissements ne seront pas déçus…
Difficile de ne pas parler de chef d’œuvre devant une entreprise telle que celle-ci, on ne peut être qu’admiratif devant l’étendue du travail fourni. Mais le défaut de Bourgeon est celui des démiurges, et on lui aurait su gré d’avoir délégué sur la partie scénario et dialogues…
Apparemment, l’auteur semble apprécier la femme autant pour ses formes que pour son indépendance (n’en déplaise aux féministes pures et dures), car comme dans ses productions suivantes (Le Cycle de Cyann), les héros sont des héroïnes non conformistes à la langue bien pendue (sans mauvais jeu de mots !), luttant à leur façon pour leur émancipation. Ce n’est peut-être pas un hasard si l’histoire se déroule au siècle des Lumières.
Tome 1 : La Fille sous la dunette
Pour juger spécialement de ce premier tome, je dois dire qu’il m’a fallu un peu de temps pour rentrer dedans… heureusement la beauté du graphisme et la précision du trait vous accroche, et certains passages, notamment la scène épique de la bataille navale et l’explication sur la présence d’Isa et de sa « sœur » sur le bateau, une histoire digne d’une tragédie antique, sont assez captivants. Ce n’est pas mon tome préféré, mais il a su toutefois me donner envie de lire la suite…
Tome 2 : Le Ponton
Contrairement au précédent, ce tome se déroule presque entièrement sur la terre ferme, principalement en Angleterre.… J’ai bien aimé la description saisissante des conditions de vie des prisonniers à bord du ponton, avec ses quelques truands haut en couleur… Amusante la scène où Mary et Isa cherchent à récupérer le cercueil servant de cachette à Hoel. [SPOILER] Terrible et émouvante celle où la petite mendiante teigneuse se sacrifie par amour pour ce dernier pour permettre à ses compagnons de d’embarquer clandestinement pour la France… [fin du SPOILER]
Tome 3 : Le comptoir de Juda
Ce troisième volet qui nous emmène sur les rivages africains du Dahomey (ex-Bénin) rate son accostage… D’emblée, le (trop) grand nombre de nouveaux personnages rebute et rend la lecture compliquée… on s’y perd… Heureusement, ce défaut est contrebalancé par le mystère bien rendu du continent africain, avec cette atmosphère si peu familière aux Blancs de l’époque, dans une terre trop vaste pour eux, lourde de menaces et de folie fiévreuse… Quelques moments épiques vers la fin, mais il faudra attendre le tome suivant pour un réel regain d’intérêt…
3 étoiles
Tome 4 : L’Heure du serpent
Après un tome 3 un peu faiblard et tortueux, « L’Heure du serpent » redresse la barre. Le récit s’enfonce dans la jungle en même temps que dans la folie primitive… Ce quatrième tome aux couleurs ocres et sang constitue pour moi l’apogée de la série, évoquant bien évidemment le célèbre roman de Joseph Conrad…
Tome 5 : Le Bois d’ébène
Dernière étape de ce voyage au rythme des négriers… L’événement central de ce chapitre sera la mutinerie des esclaves à bord du navire… avec ses rebondissements propres au récit d’aventure. Un reproche toutefois, il me semble que Bourgeon a quelque peu occulté les conditions de vie terribles des esclaves dans ces bateaux… Bien sûr, on devine qu’il ne peut souscrire à ce génocide humain et qu’il rejette le racisme, alors on ne lui en voudra pas, supposant qu’il a omis cet aspect des choses de manière inconsciente. Peut-être faut-il aussi se repositionner dans le contexte des années 80, où le sujet faisait moins polémique…
Bien aimé le personnage de Grignoux, le cuisinier gay moqué par le reste de l’équipage et qui saura prendre sa revanche avec panache. Encore un « anachronisme » dans ce siècle où l’homosexualité semble n’avoir jamais existé (a fortiori dans ce type d’histoire), au même titre que le féminisme. C’est cela qui est rafraîchissant et unique chez Bourgeon, et qui participe aussi à sa marque de fabrique… L’histoire d’amour entre Isa et Hoel ne se terminera pas tel un conte de fée (Bourgeon sait éviter le gnan-gnan), plutôt sur un mélange de chagrin et d’espoir, laissant entrevoir la reprise de la série qui d’ailleurs a eu lieu l’an dernier, soit 25 ans après ce dernier tome… pour le plus grand plaisir des fans…
Si je ne devais retenir qu'une bd pour l'instant dans ma bibliothèque, ce sont les Passagers du vent.
Cette bd est belle et émouvante, l'intrigue peut parfois mettre mal à l'aise mais c'est aussi la magie de cette bd dont le dessin et l'histoire vous retournent, vous envoûtent, certains dessins restent gravés dans votre mémoire et vous poursuivent longtemps.
J'avais lu le premier cycle ado et je viens d'en faire l'acquisition à l'occasion de la sortie de "La petite fille Bois Caïman".
Les passagers du vent, ce sont des dialogues ciselés, des héroïnes féminines souvent courageuses, parfois lâches, intelligentes et fines, comme on n'en voit que trop rarement dans le monde de la bd, ce sont des trognes de marins revenus de tout, de l'enfer des tempêtes, de la cruauté des hommes et des pièges du destin. Balloté au gré des aventures de Hoel et Isa, le lecteur fait une plongée saisissante dans l'Histoire, la traite des noirs, les rivalités anglaises et françaises. Scénario génial et décor historique parfaitement reconstitué, cette bd laisse des traces indélébiles.
Avec Bourgeon, conteur hors pair, nous assistons au bouleversement d'une époque, commerce en plein essor, religion vacillante, concurrencée par des esprits brillants annonçant ceux des Lumières, et au milieu de cela, nos personnages se débattent, déjouent certains pièges de la vie pour se heurter violemment à d'autres, bref, c'est la vie qui affleure et palpite à chaque page.
Bourgeon reprend l'histoire des passagers avec"La petite fille Bois Caïman". Pari risqué et remporté haut la main. Un temps, j'ai eu peur que les personnages du premier cycle soient délaissés, au contraire, l'auteur a parfaitement répondu à mes attentes. A priori, tout oppose les personnages, la grande révolution a eu lieu, les voie ferrées ont remplacé les bateaux, et pourtant la magie opère encore une fois.
La première œuvre de François Bourgeon qui a marqué à jamais non seulement la BD historique mais plus généralement la BD « adulte » avec l’essor qu’elle a connu par la suite.
C’est décidément un auteur que j’aime beaucoup pour l’avoir découvert assez tardivement. Les dessins sont travaillés minutieusement et les personnages très intéressants (notamment le personnage d’Isa une magnifique héroïne).
Le scénario nous emporte réellement avec une dose d’aventure, d’érotisme, d’histoire, d’humour et de violence. A la fin de la lecture, on se quitte avec regret. J’aurais souhaité un second cycle et repartir à l’aventure.
Mes souhaits semblent se réaliser en 2010 près de 30 ans après la première œuvre. Pourtant, je ne me suis pas précipité alors que le tirage semble assez impressionnant. Le battage médiatique et l’aspect purement commercial ont repoussé mes ardeurs. Peut-être que je m’y remettrais quand tout cela sera retombé…
Les Passagers du Vent est l'une des séries qui m'a fait passer dans l'univers adulte des bandes dessinées, il y a presque 20 ans maintenant. Même si à l'époque, je n'ai jamais pu lire l'intégralité des 5 tomes, cette grande saga m'a particulièrement marqué (on le serait à moins quand on a 16 ans !).
C'est avec la nouvelle édition de 2009 chez 12bis que j'ai finalement craqué. Le passage au grand format est un vrai régal pour les yeux : contexte historique superbement documenté, grande aventure avec son lot de sexe et de violence dus à l'époque, romantisme à l'ancienne...
La toute récente suite en deux tomes, qui boucle après 30 ans l'histoire mouvementée de la vie de l'héroïne Isa est un pur régal, aussi bien graphique (purée, que c'est beau !) que scénaristique (fichtre, que c'est bien !).
Une merveille à tous points de vue, que cela soit (re)dit !
Ah ! "Les passagers du vent"... monument de la BD s'il en est ! Lue pour la première fois à 9 ou 10 ans, elle m'a marquée durablement pour des tas de raisons.
Tout d'abord "les passagers du vent" est tout bonnement l'œuvre la plus intelligente qu'il m'ait été donnée de lire ou voir sur le sujet du commerce triangulaire, tous supports confondus. Bourgeon réussit à merveille le dangereux travail d'équilibriste de traiter le sujet sans excès de bons sentiments ou néocolonialisme repentant, en montrant bien toute la complexité de la question à l'époque, à travers toute une galerie de personnage plus ou moins impliquée dans le trafic d'esclave, noir et blanc... des esclaves comme Alihozi ou Aouan, le terrifiant roi, les aventuriers opportunistes, le médecin nourri aux lumières mais dans l'incapacité d'agir, et enfin une héroïne révoltée qui se heurte à un mur et commet des erreurs graves en voulant bien faire.
C'est vraiment ce point qui me marque maintenant quand je relis l'histoire. a l'époque de ma première lecture, j'avoue que j'étais surtout troublée par tous les tétons apparents dans les dessins (il y en a une flopée !) et la tension sexuelle de l'œuvre... chacun sa façon de débuter son éducation sexuelle, chez moi ça a été les passagers du vent !
J'aime Isa, femme libre et moderne, un peu anachronique mais ça passe bien. J'adore Mary, touchante noble anglaise délurée à l'accent inimitable, amoureuse enflammée du genre masculin pour qui "coucher avec tout le monde ne veut pas dire avec n'importe qui", et ses amants qui en deviennent fous. J'aime Aouan, l'esclave clairvoyant.
En revanche Hoël est fadasse du début à la fin, si bien qu'on a du mal à comprendre tout le mal que se donne Isa pour lui sauver la peau. Enfin, il a une belle gueule, c'est peut-être une justification suffisante...
La fin m'a un peu déçue en revanche... tout ça pour ça, serait-on tenté de penser !
Concernant le graphisme, je ne suis pas une grande fan du réalisme de Bourgeon, de ses cases pas toujours très lisibles avec ses cadrages peu clairs. Mais il faut reconnaitre qu'on sent qu'il dessine toujours ses héroïnes avec amour, qu'elles soient en bras de chemise (avec, toujours, le téton qui pointe !), avec un élégant pet-en-l'air sur une robe forcément très décolletée, ou dans le plus simple appareil, et ce sans jamais tomber dans la vulgarité (là aussi il y a du travail d'équilibriste !).
Bourgeon n'a pas son pareil non plus pour représenter une bataille navale dans toute son horreur ou une prison flottante sordide.
Bref, sans être une fan du dessin, il n'en demeure pas moins d'une grande efficacité pour créer des ambiances et immerger le lecteur dedans.
Désolé, mais je n'ai pas du tout accroché à cette série. Il y a quelques bonnes idées, mais elles sont éparpillées dans une avalanche de péripéties ennuyantes. Je ne me suis pas du tout attaché aux personnages et je n'ai ressenti aucune émotion pendant les moments de tristesse et pourtant je me suis plutôt du genre sentimental ! De plus, je ne suis pas du tout fan du dessin de Bourgeon. Je peux comprendre qu'on aime ce style, mais c'est le genre de dessin réaliste que je n'aime pas du tout. Les personnages sont moches même les 'belles' filles !
Quand j'ai lu cette BD pour la première fois, beaucoup de choses me sont passées à 36000 km au dessus de la tête, et je dirais "heureusement" pour la plupart, car je ne devais pas avoir beaucoup plus de 10 ou 11 ans à l'époque.
En la relisant aujourd'hui, je me rappelle très distinctement de certaines cases dans chacun des 5 tomes, mais absolument pas de cette formidable aventure sur fond de commerce triangulaire.
Bourgeon a un talent inimitable pour créer des héroïnes belles, fortes et intelligentes (je pense également à Cyann de la série Le Cycle de Cyann) sans tomber dans la vulgarité voyeuriste et aguicheuse (malgré les nombreuses scènes dénudées ou la transparence quasi systématique des vêtements féminins ou encore les nombreux "concours de T-shirts mouillés"). Le reste n'est pas mal non plus : paysages, bateaux, mer déchaînée et autres forêts tropicales.
La narration est dense (surtout quand elle reprend le journal de bord de "Mamisa") mais en aucun cas lourde et moi qui suis généralement allergique aux BD bavardes, je ne me suis jamais ennuyée ni lassée. Isa est de loin le personnage le plus emblématique avec sa personnalité bien trempée, son courage, sa culture et son intelligence, mais Mary avec son petit accent et sa façon toute personnelle de prendre le pire à la légère, égaye un peu cette palette de personnages bien sérieux. A l'inverse, on peut peut-être regretter le manque de charisme des personnages masculins principaux, et en particulier d'Hoel, en dehors de l'abbé Forissier et d'Aouan que l'on découvre dans le tome 3 "Le comptoir de Judas", les autres ne m'auront pas laissé un souvenir impérissable.
Je ne m'étends pas plus sur le côté historique et documentaire : le contexte est édifiant, choquant et passionnant.
25 ans après, ça n'a pas pris une ride. Il paraît qu'un tome 6 arrive bientôt, je l'attends avec impatience.
Je viens de terminer le premier cycle des « Passagers du vent » (le sixième tome prévu cette année inaugurera un nouveau cycle), et franchement, j’ai passé un excellent moment de lecture ! En fait, je ne m’attendais pas à suivre des aventures réellement historiques et intéressantes au vu des nombreuses planches où les (belles) héroïnes se promènent le popotin à l’air…
« Les passagers du vent » se déroule au XVIIème siècle, l’histoire est tellement peuplée de péripéties et retournements de situation (on voyage beaucoup dans « Les Passagers du vent » !) qu’il est difficile d’en faire un résumé ! Sans trop aller dans des spoilers, je dirais que ce récit raconte des faits qui se sont plus ou moins vécus à cette époque comme la rivalité entre les français et les anglais ainsi que l’esclavagisme…
Pour réaliser cette série, on sent que François Bourgeon s’est énormément documenté ! Je n’ai pas eu (encore) l’occasion de feuilleter les hors-séries mais il m’est facile de deviner qu’ils regorgent de croquis et de recherches historiques de la part de l’auteur.
Quant au récit proprement dit, je ne me suis pas du tout ennuyé à le lire ! A chaque album terminé, je n’avais qu’une idée en tête : me précipiter sur le prochain tome !
Alors, cette série est-elle vraiment irréprochable ? Non car les héroïnes me sont apparues très libertines, très franches, très farouches, très caractérielles, très… bref, ça fait tellement de « très » que je me demande si leurs tempéraments sont vraiment en rapport avec leur époque qui n’était pas –il me semble- propice à tant de libertés de paroles pour les femmes et d’engagements de la part de la gent féminine…
Mais bon, les protagonistes sont tout de même –à mon avis- très attachants et fascinants ! Et j’ai frémi à maintes reprises sur leurs sorts peu enviables et sur certaines séquences difficiles (y compris pour les personnages secondaires, c'est-à-dire les africain(e)s) !
Au niveau du dessin, sachant que cette série a été conçue dans les années 80, je ne peux que tirer mon chapeau à l’auteur car son graphisme et surtout sa mise en couleurs ne me sont pas du tout apparus démodés par rapport aux réalisations actuelles !
Je dirais même que c’est du très bon travail : les décors sont richement détaillés, les personnages sont très expressifs et facilement distincts les uns des autres, la narration m’a semblé fluide, les couleurs employées sont parfaitement en adéquation avec chaque séquence et lieu (tons chauds en Afrique, froids sur l’océan, etc…) et j’en passe !
J’ai été agréablement surpris par « Les Passagers du vents », étonné par le beau coup de patte de François Bourgeon qui n’a rien à envier avec les productions contemporaines, hébété par les recherches historiques qui ont été effectuées pour cette série et dont je pensais que les séries actuelles sont les meilleures sur ce point (je pense à Murena, Malet, etc…).
Bref, « Les Passagers du vent » m’est apparu comme une très bonne série historique (du moins pour ce premier cycle) !
C'est la deuxième série de Bourgeon que je lis (après Le Cycle de Cyann). Comme beaucoup, j'ai été attiré par la qualité du dessin. L'auteur a un sacré coup de crayon, surtout quand on pense que cette série aura bientôt 30 ans ! On ne ressent pas le poids des années, c'est vraiment surprenant et c'est pour moi le signe d'une grande et belle œuvre. Alors pourquoi seulement 3/5 ? Le dessin ne faisant pas tout, c'est sur l'histoire en elle-même que je n'ai pas totalement accroché (même si j'ai aimé cette série).
Je crois que mon bémol tient essentiellement aux deux personnages féminins (qui se trouvent être les deux personnages principaux, c'est vraiment pas de bol). Ah ça, elles ont du caractère les gourgandines ! Peut-être un peu trop d'ailleurs car au bout d'un moment, je n'arrivais plus vraiment à croire à leur histoire. C'est très subjectif car a priori, c'est un problème qui ne gêne pas grand monde (si j'en crois les autres avis). Pour résumer, disons que je ne trouve pas Isa très charismatique sans pouvoir vraiment me l'expliquer. Comme quoi, les goûts et les couleurs !
Heureusement, j'ai quand même pris du plaisir à lire cette BD. En effet, l'auteur a fait un gros travail de documentation. Résultat, il nous plonge dans la marine du XVIIIème siècle avec son lot d'horreurs : le commerce triangulaire, la vie difficile des marins, des prisonniers, la guerre et le soin des blessés (le mot "soin" n'est pas le plus adéquat, on pourrait facilement le remplacer par "fabrication du boudin" ou "découpage du saucisson"). Les héros sont donc plongés au cœur de l'Histoire et ça, c'est un vrai régal.
Les atouts de cette série sont suffisamment importants pour faire passer au second plan les défauts. Car au final, j'ai dévoré les cinq tomes. Le dénouement nous laisse un peu sur notre faim mais rien de catastrophique. Bref, c'est une série qu'il faut lire, elle fait partie des grands classiques et elle le mérite. On verra si dans 20 ans elle tient encore aussi bien la marée et si oui, alors là, c'est promis, je la mets la quatrième étoile.
C'est, avec la contemporaine Balade au bout du monde LA BD qui m'a fait passer dans le monde de la bd plus adulte.
J'avais 14 ans et j'ai lu cela d'une traite à une époque où l'offre n'était pas aussi riche.
A avoir absolument. C'est passionnant, superbe, intelligent, fidèle à l'histoire ! Cultissime ! Une série que tout amateur e BD même débutant doit avoir lue.
Dommage que Bourgeon n'ait pas réédité le coup d'une saga aussi réussie, j'ai (beaucoup) moins accroché avec ses autres productions.
À la première lecture de cette bd, j'avoue que je n'ai pas réussi à aller plus loin que le deuxième tome. Je n'avais pas accroché à l'histoire ni au personnage d'Isa.
Deux ans plus tard, je décide de m'y remettre, et là, rien à voir, j'ai tout lu d'un trait et trouvé ça génial.
Quelque chose d'original apporté par cette bd (surtout présent dans le premier tome mais pas seulement), c'est la description des conditions de vie à bord d'un bateau à cette époque. Comme toujours les traits inimitables de Bourgeon et le souci du détail apportent beaucoup à cette série.
À travers les aventures d'Isa et Hoel, nous allons découvrir l'époque du colonialisme avec son fameux commerce triangulaire comme base du récit de cette série. Mais beaucoup d'autres thèmes sont abordés tout au long, des thèmes qui pour l'époque étaient assez rare : esclavagisme, racisme, homosexualité, jalousie, religion, torture...
Bref, c'est une série assez riche que je conseille donc très fortement.
Les Passagers du Vent a vraiment marqué toute une génération. C'est une série qui a joué un rôle important dans l'histoire de la BD. Au moment de sa création, elle présentait quelque chose de différent par rapport à ce qui avait été fait jusqu'alors. Il faut dire qu'à cette époque il n'y avait pas autant de BDs que maintenant ! Pour moi, c'est vraiment, vraiment, une série culte, incontournable, qu'il faut absolument avoir.
L'histoire est captivante, les personnages sont forts, le dessin est d'une grande qualité ainsi que la couleur. On ne se lasse pas de relire la série et elle n'a pas perdue de sa fraîcheur alors qu'elle aura bientôt 30 ans !
Impossible de ne pas y aller de son compliment face à cette série, une du genre dont on ne se lasse de la redécouvrir à chaque lecture, tant elle est riche, une qui vous touche chaque fois d'une façon différente, tant sa sensibilité réveille des sentiments que l'on a connu ou souligne ceux que l'on éprouve : une oeuvre magistrale et humaine.
Elle s'ouvre en mer et s'achève face à la mer. Dès le départ, brutal, cruel, le verbe travaillé et réaliste (qui peut rebuter) conte une histoire qui commence dans un huis-clos sur un navire, nous entraîne vers l'Afrique en passant par les brumes anglaises, le tout avec une précision historique et un sens du détail qui font mouche.
La galerie de personnages est impressionnante, nourrie de personnages bourrés de contradictions et de faiblesses, entraînée par une Isa qui compose un magnifique portrait de femme, jamais caricaturée, jamais idéalisée : un être humain, simplement. Cette galerie offre une grande maturité à ce récit à l'atmosphère particulièrement réaliste, où violence et érotisme font bon ménage, le tout pour retracer sans fard des événements peu glorieux (la traite des esclaves, notamment). Bourgeon fait toujours preuve d'un style intelligent et maîtrisé, plein de malice et d'originalité.
Le dessin est lui-même précis, certaines images muettes sont plus explicites que de longs textes descriptifs, il retrace à merveille les ambitions du scénariste. Les personnages sont croqués dans des attitudes qui leur offrent beaucoup de crédibilité, ils sont typés avec talent, et le mouvement est parfaitement rendu par Bourgeon (on sent la houle dans les scènes se déroulant à bord des navires). Les couleurs ont une teinte particulière, que la patte d'un véritable auteur rend plus intemporelles qu'on ne le pense.
Bref, un grand classique qui ne vole pas sa réputation. Une oeuvre si attachante que la fin en deviendrait presque décevante tant on a du mal à quitter des personnages et un univers qui sont si fascinants et humains.
Les séries de François Bourgeon sont visiblement des incontournables de la bande dessinée. Et il suffit d’en lire une pour comprendre pourquoi.
C’est sans nul doute difficile à aborder, un graphisme singulier, des couleurs vieillottes, beaucoup de texte et un vocabulaire tellement riche que l’on perd parfois pied. Mais ce dernier critère rend ses œuvres uniques, la documentation ultra-poussée de l’auteur donne une incroyable authenticité à ses histoires.
Dans celle-ci, Bourgeon décortique le monde de la marine du 17ème siècle. Il nous entraîne sur les mers et les océans en compagnie d’une fille de noble désavouée et d’un simple marin.
Isa et Hoel, pour fuir une France hostile, suivent le commerce triangulaire, la déportation des esclaves africains, poussés par le vent de l’aventure avec un grand A. Une histoire plausible qui vous tient en haleine dans un contexte historique terriblement authentique. Grâce aux charismes des quelques personnages principaux on suit avec bonheur ce voyage teinté d’humour, de violence, d’érotisme, de suspense.
On pourrait en parler pendant des heures, mieux vaut la lire et la relire.
Les dessins sont riches d’une foultitude de détails et les couleurs sont superbes. Le travail de documentation historique fait par les auteurs est impressionnant et d’une très grande précision. Ce que j’ai tout particulièrement apprécié, c’est que les ambiances d’un épisode à l’autre sont très différentes et les rebondissements très nombreux.
De plus pour encore ajouter au plaisir de la lecture, il y a une profusion de personnages et chacun de part sa personnalité bien propre vient enrichir le récit.
En conclusion, il me semble qu’il est indispensable pour tout bon bdphile de posséder cette série dans sa bibliothèque.
J'ai relu tout récemment les 5 tomes des "Passagers du vent" avec un vrai grand plaisir. J'avais un souvenir assez peu précis de Hoel, Isa... et du récit de Bourgeon.
Une quinzaine d'années après, je pense avoir pu apprécier à sa juste valeur toute la magie de cette histoire.
Les personnages sont attachants et les femmes (une fois n'est pas coutume) loin d'être les potiches de service jouent ici un rôle primordial. On suit Isa, vers la fin du 18ème siècle, à la recherche d'une véritable identité, d'un premier amour et surtout dans son combat contre l'esclavagisme. Bourgeon signe ici une véritable oeuvre de référence traitant de la condition noire autant en Afrique qu'en Europe.
De plus, les décors sont somptueux et terriblement réalistes. On peut ressentir la moiteur des villages africains et presque entendre le craquement du "Marie-Caroline", négrier.
Le cinquième et dernier tome de la série "Le bois d'ébène" clôt de façon magistrale ce récit. Les dernières planches sont vraiment somptueuses et émouvantes.
Un (très) grand classique des années 80.
Une très belle série qui vous emmène loin et qui nous fait rêver. De très beaux dessins et une précision historique remarquable.
Difficile d’en ajouter à tous les commentaires déjà donnés.
Chic, une épopée maritime qui se passe à la fin du 18ème siècle...
Chic, Bourgeon est aux commandes...
Chic, une bien belle série aussi...
Elle débute d'ailleurs dans "Circus" n° 18 de 1979 et s'y termine dans le n° 74 de Juin 1984.
J'ai apprécié. Vraiment...
Bourgeon est un conteur né, doublé d'un excellent dessinateur. J'ai surtout apprécié la minutie avec laquelle il a reconstitué l'atmosphère de cette époque, son postulat qui joue sur les ressorts de la franche et vraie littérature populaire.
Qui plus est, pour une série "rude" de prime abord, Bourgeon dessine et met "ses" femmes à l'avant-plan de la scène ; des femmes qui ont des choses à dire et qui ne vont pas se gêner pour le faire savoir.
Ces "passagers" sont aussi une épopée narrée sur un ton moderne. Isa, Marie et Hoel -le marin rebelle- lors de leurs (més)aventures, vont être confrontés à l'esclavage. Bourgeon va en profiter -au travers de ses personnages- pour dénoncer les exactions commises par des gens dits civilisés.
Bien documentée, cette fresque -outre la grande aventure qu'elle décrit- se veut aussi une réflexion qui m'a emmené sur des sujets graves... et toujours d'actualité.
Une véritable saga -en peu d'albums pourtant- qui mêle aventure, exotisme, personnages bien campés, dessin minutieux et... réflexion. Vraiment attachant. Et original.
On retrouve dans « Les passagers du vent » tout ce qui caractérise les œuvres de Bourgeon. Des dessins superbes, une histoire pleine d’aventure et de dépaysement, des personnages variés et intéressants, et une précision dans les détails historiques ayant probablement nécessité beaucoup de recherches.
Mais on retrouve aussi un coté un peu « difficile à suivre », l’histoire ralentissant parfois considérablement. On se retrouve alors bombardé de dialogues un peu longuets et de personnages secondaires moins intéressants. Le fait que les personnages féminins ne puissent pas s’empêcher de se dévêtir sans arrêt et de prendre des positions suggestives ne fera également pas l’unanimité, même si moi je ne me plains pas trop.
Reste qu’en refermant le dernier tome, tous ces défauts me semblaient bien dérisoires, et j’avais vraiment l’impression que je venais de prendre part à une belle aventure que je ne suis pas prêt d’oublier.
Je suis désolé de faire baisser la note d'une série qui est dans les immanquables et qu'apparemment, beaucoup de monde aime ici, mais je n'ai pas accroché du tout aux "Passagers du vent"...
Je dois quand même dire que la série est servie par de superbes dessins de Bourgeon, très détaillés, dans le respect des proportions, enfin, vraiment du bon boulot. Les couleurs sont réussies elles aussi, et je trouve que pour une bd racontant cette époque de l'histoire, ça colle vraiment très bien. A propos de l'époque, on remarque clairement que l'auteur s'est documenté, donc, bravo à lui.
Mais c'est pour le scénario que je coince. J'ai beau essayer de m'intéresser à l'histoire, je n'y arrive pas. La longueur des dialogues et la lenteur du scénario m'ennuient un peu, et j'ai eu du mal à lire les albums d'une traite. Mais le plus gros point négatif est pour moi les personnages: ils n'arrivent pas à me passionner, je ne les trouve pas vraiment envoûtants et c'est un gros problème dans une bd à aventures...
C'est grâce à BDthèque que j'ai appris l'existence de cette série, c'est grâce aux avis tous plus dythirambiques les uns que les autres que je m'y suis lancé, et c'est maintenant après plus d'un an d'une interminable lecture entrecoupée de longues coupures que fais part de mes sentiments sur les "Passagers du vent".
Le maître-mot est avant tout: bluffant. Jamais je n'aurais cru qu'on pouvait faire de la bande-dessinée de la sorte. Une série courte -cinq tomes, pas plus- pour une histoire qui peut s'apparenter à une tranche de vie d'une galerie de personnages.
L'esprit de cette série exprime le grand large, l'Océan avec un grand O. Le parfum de l'aventure transporté par les alizées. Et en effet, on ne quitte jamais les grands navires, et l'on ne s'éloigne jamais trop des ports, de la mer. La série commence par l'image du l'océan, et se termine de même. Comme si tout revenait à l'Océan. Comme si tous les personnages étaient prisonniers de l'appel du large. Ils sont bien les "passagers du vent", et ce bien souvent contre leur gré.
Cette série a le goût d'une tragédie grecque. Le poids du Destin pèse plus que toute autre chose sur les protagnistes de ce ballet de pantonymes. Ils ne sont pas les maîtres de leur vie, et un rien suffit pour que leur existence bascule du meilleur vers le pire. Jouets d'une Destinée aveugle et froide plus que cruelle, nos héros ne peuvent que combattre ou s'accomoder de leurs mésaventures, et leurs efforts pour influer sur le cours des choses se révèlent souvent vains ou à côté du but initial.
Face à des événements qu'ils ne choisissent pas, qu'ils refusent parfois, nos héros ne peuvent opposer que l'amitié et l'amour. Amitié parfois trahie, amour souvent brutal, érotisme par moment vulgaire, humour désespéré ou blasé. Paradoxe des sentiments et des comportements, comme quoi même leur coeur n'est pas à l'abris de soubresauts. C'est sans doute cela qui les rend tellement humains.
Leurs aventures en mer sur les vaisseaux de guerre ou les négriers, en Angleterre, sur les côtes africaines, je ne les oublierai sans doute pas. La fin de la série surprend, mais elle emplit de joie car on comprend qu'en fin de compte, "tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir".
Ce qui m'empêche de qualifier cette série de "culte", c'est sans doute le fait qu'Isa soit trop en avance sur ses contemporains sur la question de l'esclavage, et peut-être le déroulement du récit parfois trop confus.
Mais cette série, malgré son âge, n'a pas vieilli, les dessins restent somptueux, et le fond toujours aussi fort. La documentation annexe est très intéressante. "Les Passagers du vent", une série-phare, à lire et à relire.
Une belle histoire, ancrée dans notre histoire (par ailleurs très documenté), pas toujours reluisante.
Les 2 premiers tomes m'ont envoûté, un peu plus réservé sur les 3 suivants (histoire qui me plaît un peu moins, on perd l'esprit vieux gréement, marine...)
Le dessin, pour une vieille BD passe très bien, c'est beau.
Léger défaut pour moi: c'est long à lire. Plus de 40 minutes par tome pour moi... c'est un peu trop, je profite pas assez de l'histoire.
Absolument superbe ! Une aventure épique mais réaliste dans ses moindres détails (Bravo à Bourgeon pour son travail de documentation !), une odyssée prenante qui nous promène entre les Caraïbes, l’Europe et l’Afrique en nous dressant des tableaux saisissants de la marine du XVIIIe et de la traite des noirs. Les personnages traversent de nombreuses péripéties aventureuses et sentimentales au cours desquelles on finit par s’attacher à eux. Alors, si on ajoute là-dessus le dessin de Bourgeon, on peut décréter que cette série est vraiment culte.
Bon, ben moi face à de tels chefs d'oeuvre j'ai du mal à être prolixe. Si je suis devenu amateur de bonne BD, c'est en grande partie grâce à des auteurs comme Bourgeon, qui savent créer des histoires complexes et palpitantes, richement documentées et servies par un dessin d'une très grande beauté.
Dans cette lignée, les pérégrinations d'Isa et Hoel sont un pur régal, dosant savamment aventures, humour, tragédie, récit historique, érotisme et violence.
Le souci du détail, la mise en scène des cases et des planches sont souvent autant de petites merveilles, qu'on ne se lasse pas de redécouvrir après de très nombreuses relectures.
Selon moi, cette série a sa place dans la bdthèque idéale de tout amateur.
Avec toutes les bonnes choses que j'avais entendues sur cette série, j'ai fini par la lire.
Et je me suis ennuyé pendant les 5 tomes, le dessin est bien rendu et s'adapte avec cette époque mais le scénario est d'une lenteur...
Il n'y a pas beaucoup d'action et le seul personnage intéressant est malade pendant 2 tomes donc on ne le voit pas beaucoup. Dommage car j'aime l'ambiance qui régnait à cette époque.
Et quelle déception quand, après m'être forcé à lire les 5 tomes, et arrivé à la fin je me dis "ha, ça commence (enfin) à être bien", hé ben non parce que l'histoire est terminée. Une fin en queue de poisson quoi.
Non vraiment je suis déçu.
Oui, oui, j'ose le terme culte ! Je crois que mon avis n'est pas bien différent de mes camarades fans de BD. Nous sommes tous d'accord pour dire que Bourgeon est l'un des monuments de la BD. Les trois séries qu'il a faites sont d'une qualité rarement atteinte par d'autres auteurs. Outre la qualité du dessin, on peut apprécier largement le scénario, surtout quand on sait les heures, les jours, les nuits qu'il a dû passer à se renseigner pour nous offrir trois histoires si complètes, précises et magnifiques. Je ne peux tarir d'éloge pour cet homme. Car ici, c'est plutôt l'homme que l'on complimente. A découvrir si ce n'est pas encore fait !
J'avais eu, il y a quelques années (doux euphémisme...), l'occasion de lire cette série, mais je n'avais pas du tout accroché. Manque de maturité ? peut être ....
Toujours est-il qu'il y a quelques mois je retrouve cette série dans un rayonnage, je l'ouvre et là, c'est la révélation !!!
Les dessins et les couleurs sont magnifiques, Bourgeon a réalisé un travail remarquable de précision, le niveau de détails (particulièrement les navires et le milieu marin) est prodigieux, de plus l'histoire est dense et très bien menée. Certes le rythme n'est pas trépidant mais ce n'est pas l'objet de cette oeuvre (et je pèse mes mots en parlant d'oeuvre).
On sent que l'auteur a effectué un travail de recherche très approfondi tant d'un point de vue historique que scénaristique (les personnages sont bien campés et décrits) et cela débouche sur une série très bien construite, d'une cohérence et d'un réalisme rarement atteints tout en évitant le côté par trop didactique de certaines productions dites "historiques".
Au final nous sommes en présence d'une oeuvre qui ravira aussi bien les graphistes que les amateurs d'histoires bien racontées, et devrait même se révéler intéressante pour les historiens en herbe.
Cette bd est un monument. Sortie à une époque où "Lucky Luke" et "Astérix" étaient à leur apogée, cette série a ouvert de nouveaux horizons et elle est, à mon avis, pour beaucoup dans l'essor que connaît la bande déssinée actuellement.
Quelques années plus tard, elle reste incontournable et inusable, autant du point de vue des graphismes que de celui du scénario.
A lire absolument.
Dans les cinq tomes des "passagers du vent", au-delà de l'aventure, François Bourgeon nous entraîne au plus profond des êtres qu'il dépeint. Ayant su rassembler une documentation rigoureusement sélectionnée, il l'utilise avec intelligence, sans jamais laisser son amour pour l'histoire entraver ou alourdir ses talents de conteur ! (cf commentaire 4ème de couverture Glénat)
Tome 1 : La fille sous la dunette
Ce premier livre met en place les deux personnages principaux :
Isa la fière et Hoel le matelot breton. C'est le début d'une part de l'histoire de la France à l'époque florissante des navires et du commerce. Donc un scénario classique et historique. Mais au milieu d'une belle intrigue sur fond de passion et de douleur.
Le graphisme est le style de Bourgeon, rond et expressif. Il n'est cependant pas encore épanoui au niveau des personnages. Malgré tout, les détails du vaisseau sont le fruit d'un grand travail.
Tout y est très réaliste, les dialogues sont recherchés et le langage de matelot vous en apprend beaucoup. Plongez au coeur de ce conte instructif et enrichissant.
Tome 2 : Le ponton
L'intrigue se précise, et deux autres personnages font ici leur entrée.
Mary et son officier. Ils suivront à l'issu de cette histoire nos amis Isa et Hoel vers un destin inéluctable. Mais nous ne sommes pas au bout de nos peines.
En grand conteur qu'il est, Bourgeon réussit à vous envoûter dans un monde où chaque personnage est profondément humain. La qualité de son travail montre son talent (j'aime énormément Bourgeon !).
Il peaufine ses dialogues autant que son trait expressif. Les couleurs instaurent une ambiance chaude et lumineuse. Les personnages sont marqués par leur personnalité.
Tome 3 : Le comptoir de Juda
Plus on approche de la fin, et plus l'univers se précise. Il y a peu de temps, tout au plus 219 ans, les hommes traitaient leurs congénères comme du bétail ! Bourgeon aborde ici les conflits de l'esclavage et sa monstruosité. La colonisation prend toute son envergure et les hommes poursuivent leur soif du pouvoir et de richesse au mépris du respect de l'humanité.
Ce récit prend une ampleur fondamentale et engagée. Mais l'intrigue est toujours là et les rebondissements sont liés au caractère impétueux des personnages. je l'ai déjà dit et je le redis, c'est du grand art. Les couleurs sont aussi chaudes que l'afrique.
Embarquez-vous sans peur dans une partie de notre histoire.
Tome 4 : L'heure du serpent
Chaque personnage de cette partie du récit nous propose sa vision du royaume d'Abomey. On entre dans l'afrique mystérieuse et envoûtante. Les passions se déchaînent et entraînent nos amis vers un futur dangeureux mais inéluctable.
Des jours et des semaines de recherches fastidieuses en archives se transforment pour nous en une découverte captivante, bien loin de notre temps, et hors de notre espace.
Bourgeon ne fait que confirmer son talent de conteur et de peintre ! La femme, sous son trait, est particulièrement ensorcelante. Je ne le répèterai pas assez, c'est du grand art !
Tout se tient, on s'identifie très fortement aux personnages et à leurs faiblesses ou forces. Les couleurs au pinceau donnent toute l'atmosphère à l'histoire. Et les détails du bateau sont exceptionnels de talents.
Tome 5 : Le bois d'ébène
voilà le dernier épisode de cette grande aventure. si vous avez suivi depuis le début nos compagnons, vous aurez alors grandi en esprit et en vérité.
J'ai beaucoup aimé ce récit et ces bouts de vie partagés, un vrai voyage. C'est du vécu (identification oblige!). Vous trouverez dans cette partie de l'histoire, que vous soyez noir ou blanc, matelot ou officier, femme ou homme, un sentiment de dépendance à notre propre histoire du monde. N'ayez pas honte, mais pardonnez nos faiblesses.
Le travail de Bourgeon est rigoureux et perfectionniste. Que ce soit la minutie des dialogues ou l'humanisme des personnages, tout est précis. Quant aux couleurs, c'est de la gouache sous un pinceau réaliste, forcément chaleureuses.
Erudits ou amateurs, vous serez emportés par notre ami narrateur de l'histoire des hommes.
Un must obligatoire à découvrir, et à relire régulièrement.
Cette série, je l'aime depuis longtemps, et je continue à l'apprécier tout autant.
Tout d'abord, elle est belle, de par le dessin de Bourgeon.
Ensuite, elle est intelligente et bien faite.
Et enfin, son scénario est particulièrement original (même encore de nos jours quand pourtant on aurait pu penser que nombre de BDs auraient repris les thèmes de cette série déjà assez ancienne) et on s'attache énormément aux personnages et aux aventures (car ce sont de vraies aventures) qu'ils vivent. Cela ressemble à une histoire vraie tant l'intrigue en est plausible et belle, mais en plus elle nous fait voyager de tous côtés, nous faisant littéralement vivre sur les mers du 18e siècle aux côtés d'Isa, Hoel et Marie.
J'avoue avoir du mal à définir strictement ce qui me plait dans cette série, mais elle reste pour moi un classique que je suis heureux d'avoir dans ma bibliothèque et de pouvoir relire à l'occasion.
Dès les premières pages, on est entraîné dans une histoire sur fond de mutinerie, de colonialisme et d'esclavage. On reste en haleine jusqu'à la dernière page.
Le côté historique du contexte donne beaucoup de crédibilité à cette l'épopée. De plus, les personnages sont très soignés : ils semblent bien réels.
Le dessin est réaliste et très approprié au style. Il s'améliore sensiblement au fur et à mesure des tomes.
Alors la !
J'ai découvert cette bd chez un vendeur d'occaz qui me l'avait chaudement recommandée...
Mouais ! Je jette un coups d'oeil aux dessins, pas de quoi s'attarder...
Le thème, la marine sous l'Ancien Régime... Aie ! Etant étudiant en histoire ça commence à me faire peur... La j'imagine déjà le scénario rempli de clichés et de lieux communs...
C'est donc un peu réticent que j'achète cette édition originale du tome 1 (pour 5 euros, ça aide... mais la page de garde dédicacée est arrachée ) et me plonge, d'abord distant, dans l'histoire...
Et là c'est la claque, j'entame la lecture et n'en sort que pour me précipiter à la librairie la plus proche acheter tous les autres tomes !
Cette bande dessinée est, de loin, la plus touchante et la plus envoûtante que j'ai eu l'occasion de lire.
Je vais passer en revue ce qui m'a plu, le dessin, celui la qui me paraissait grossier il y a peu finit par me plaire et me convaincre, il se marie bien avec l'histoire.. dure comme les coups de crayon.
Le scénario, alors la on joue dans la cour des grands, Bourgeon ne sombre jamais dans la facilité, le scénario est retord, plein de rebondissements et jamais on ne s'attend aux événements qui se succèdent, pourtant ils sont tous cohérents et plausibles.
Les personnages sont attachants, pour ne pas dire envoûtants en ce qui concerne l'héroïne, Rhaaa quelle classe malgré la haine qui la ronge !
La cohérence avec l'Histoire me semble respectée, à part quelques petits trucs ici et là mais il ne faut pas oublier qu'au début des années 80 la recherche sur ce sujet n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui, en tous cas j'avais très peur (j'ai passé mon année de licence à étudier le commerce colonial sous l'Ancien Régime) mais je suis rassuré. Pour une bd on sent qu'il y a du boulot derrière, ça change des mondes imaginaires ou tout est possible et toutes les libertés du scénario sont excusées par la "magie" de l'univers.
Seuls bémols, le misérabilisme ambiant : viols, trahisons, matelots miséreux mais bon , ça sert tellement bien le scénario et l'ambiance si particulière de ces aventures sans être manichéen.
Allez, jetez vous dessus, c'est du vieux mais c'est du (très) bon, à vrai dire c'est la bd qui m'a fait prendre conscience que la bd n'était pas seulement un support pour les aventures de supers héros.
Mais je n'avais pas posté d'avis pour cette oeuvre splendide, malheureux que je suis !
Eh bien voila, un scénario intelligent, rythmé, qui pose beaucoup de réflexions intéressantes (esclavage, humanisme...), des dessins qui, je dois le reconnaître même si je n'accroche pas entièrement au style, sont très soignés et vivants et une fin...Comment dire, splendide ! J'ai ressenti une profonde nostalgie en tournant la dernière page, autant d'avoir fini la bd que de penser à moi-même, comment je mène ma vie, suis-je en train de la gâcher ? Surtout, en tournant la dernière page, une profonde envie d'être libre et heureux, tout simplement.
Une oeuvre incontournable, toujours aussi soufflante.
Je n'ai lu que les deux premiers tomes et si je suis d'accord avec certains avis concernant le dessin qui est vraiment superbe et qui me donne envie de découvrir l'univers de la BD dont je suis vraiment étrangère, je ne suis pas franchement admirative du scénario, qui semble être bâti à la va-comme-je-te-pousse et les personnages principaux sont d'un creux sans nom, notamment Hoel, et à la rigueur, ce sont les personnages secondaires, l'Anglaise et la mendiante du 2ème tome par ex, qui laissent plus leur empreinte en tête que les héros. Mais, je ne boude pas mon plaisir et je lirai les 3 autres tomes car côté illustrations, je me régale!
Superbe série avec un dessin splendide et des cases plus que splendides.Les personnages sont absolument accrochants.Un scénario palpitant qui retombe légèrement sur sa fin.Un gros 4/5...