Franquin nous a montré avec beaucoup de talent son côté le plus sombre avec ses « idées noires ». Un humour grinçant et un ton cynique, servi par un graphisme noir et blanc, proche
des ombres chinoises, avec une multitude de détails, trames et textures.
L’atmosphère générale est relativement étouffante ; Composé d’une multitude d’histoires courtes aux gags pas aussi gratuits qu’ils n’en ont l’air, Franquin remet les pendules à l’heure en y malmenant la connerie humaine avec des messages et thématiques de réflexions forts.
Une œuvre jubilatoire à ne surtout pas manquer !!!
Eh bien moi je n'ai jamais trop aimé idées noires et je n'ai jamais trop compris l’engouement autour de cette œuvre "culte". Alors oui Franquin se lâche mais ce n'est jamais vraiment méchant ou alors plutôt inoffensif. Enfin il essaye que cela le soit mais il n'y parvient pas. On voit bien qu'il n'ose pas trop, le noir et blanc (voir uniquement noir) permettant de camoufler les chutes gores. Comme s'il n'osait pas vraiment assumer son côté noir (pas comme Gotlib qui a dut en surprendre plus d'un avec ses Rahhh lovely limite pédophiles). De plus eh bien avec ce noir et blanc on ne distingue pas grand-chose.
Et puis le côté écolo "pas de pitié pour les vilains pollueurs"... c'est un peu ringard je trouve.
Je précise que je suis archi fan de Franquin. Gaston Lagaffe tout d'abord: une œuvre maitresse de la bd et puis "Spirou" aussi. Une œuvre maitresse également. Mais ces idées noires... Non bof.
Les Idées Noires sont, étaient celles de Franquin à un moment de sa vie et à une époque donnée, qui s'éloigne de nous. Il y a fait passer son blues et ses convictions, et les débats de son époque.
Ce qui fait la force de Franquin, c'est que, pas mal d'années après, ces Idées Noires font autant rire qu'au temps de leur publication. Il y a là la preuve d'un génie, qui traverse le temps et les catégories puisque, sans être trash, il donne dans un humour sacrément noir en gardant son coup de crayon, génial et reconnaissable entre tous - même au milieu de ses nombreux imitateurs.
On y retrouve beaucoup d'idées déjà traitées dans Gaston, mais dans une perspective plus agressive, sans bien sûr qu'il soit question ici d'établir une hiérarchie: les deux font partie de mes souvenirs d'enfance et d'adolescence, souvenirs que j'entretiens par une relecture de ces petits chefs-d’œuvre d'humour.
L'ensemble est inégal, mais d'un niveau toujours élevé, que ce soit pour traiter d'un thème sérieux ou d'une absurdité profonde.
J'en recommande très fortement la lecture, sans modération !
Une série de strip-gag entièrement réalisée en noir et blanc dans le plus pur style des dessins de Franquin avec un langage parfois cru donc plutot réservé à un public adulte et dont l'humour très caustique et sarcastique marche assez bien.
En effet, quelques histoires sont bien drôles, beaucoup prêtent à sourire, une paire ne font pas mouche.
Mais, fait important, on notera au second plan une sorte de dénonciation à peine voilée à propos de thèmes qui révoltent l'auteur ; ou comment faire rire avec des sujets graves et tout le monde en prend pour son grade : l'armée, la chasse, le nucléaire, le capitalisme, la pollution, la religion...
Ca fait plaisir de voir quelqu'un crier haut et fort ses convictions de manière aussi habile, pour cela cette BD reste très réussie.
Maintenant on n'est pas mort de rire tout le long, ce qui s'avère fort dommage pour une oeuvre qui se veut avant tout à but humoristique.
Bref une oeuvre à voir ne serait ce qu'une fois dans sa vie et qui mérite pour moi un bon 3.5/5.
Ce que je retiens le plus dans « Idées noires », c’est le graphisme de Franquin. Franchement, le trait de cet auteur est exceptionnel. D’ailleurs, le fait que l’album soit entièrement réalisé en noir et blanc met en valeur le coup de crayon de Franquin.
Pour le reste, il faut avouer que la plupart des « gags » (humour très noir) ne m’ont pas fait tordre de rire. Sourire, ok… mais sans plus. Il faut reconnaître tout de même que certaines chutes sont bien trouvées et m’ont fait questionner, on ne peut pas dire que Franquin avait des visions positives sur l’être humain à cette période de sa vie…
Bref, « Idées noires » m’est apparu comme un album phare de Franquin qui traversait une période sombre de sa vie mais de là, à le mettre « culte », c’est un pas que je ne franchirai pas parce que la plupart de ses « idées noires » ne m’ont pas fait rire. Cependant, il est indéniable que le dessin de Franquin est à son apogée dans son album grâce au fait qu’il ne soit pas colorisé.
Idées noires ?! On n'a pas fait grand chose de mieux sur le thème de l'humour noir.
Le trait de Franquin est toujours aussi reconnaissable mais là, c'est l'autre côté de son humour, celui qui ne passe pas de façon aussi claire dans Gaston Lagaffe. Le choix du noir/blanc sans compromis met en valeur la qualité du trait et le sens du portrait.
Immanquable, culte, grinçant et insupportable mais tellement vrai !
On connaît Franquin pour des séries plutôt joyeuses et drôles (Gaston Lagaffe, Le Marsupilami, Modeste et Pompom...). Ici, le ton est toujours drôle, mais l'humour est de la couleur des 'idées' de l'auteur, noir, très noir ! Et là, j'adhère complètement !
Les chutes sont excellentes et on sent que l'auteur se fait vraiment plaisir avec ces gags !
L'effet humour noir fait mouche et nous sortons des sentiers battus de la BD humoristique gentillette. Cependant, l'auteur garde une certaine retenue et ses idées restent abordables à un jeune âge (j'ai étudié quelques planches en 5ème).
Le dessin est excellent. Franquin a un talent indéniable et l'absence de couleur colle très bien avec l'ambiance générale et montre que le trait de l'auteur ne souffre d'aucune imperfection ici.
Des gags cultes à lire avec grand plaisir et grand sourire !
N.B : j'ai acheté l'intégrale à 5.90€, petit format ... bof-bof ... Je ne le conseille pas.
J'ai été surpris en lisant ce recueil de Franquin, car le ton des histoires de cet album est vraiment TRES noir, ça contraste beaucoup avec l'humeur gentille et enfantine de Gaston, Spirou, ou du Marsupilami, tant il parait inhabituel de voir des personnages mourir ou souffrir sous le trait de celui qui donna une véritable dimension au célèbre groom.
Franquin était quelqu'un qui semblait avoir un bon fond, au travers de l'esprit pacifiste qu'il donnait à ces BD destinées à un jeune (et moins jeune !) public. Il savait aussi parfaitement faire ressortir le côté sombre de l'être humain: cet album en est la preuve.
Le génie de Franquin réside entre autres en cette capacité à nous faire sourire, ou à l'opposé de nous faire faire un "bad trip".
Cet ouvrage, que je trouve un peu dérangeant, dégage effectivement du spleen, la couverture est tout à fait appropriée ! Page par page, j'ai trouvé ça drôle, moi qui aime l'humour noir. Mais à la fin se dégage un léger sentiment de mal être...
Je conseille l'achat pour tous les fans de Franquin, car cette BD démontre une fois de plus qu'il était vraiment un grand du neuvième art.
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J'aime beaucoup l'humour noir en général et j'aime beaucoup Franquin.
J'ai apprécié Idées Noires mais peut-être pas au point de lui vouer un culte. Certes, le dessin est irréprochable et très bien adapté au ton. De même que les thèmes abordés restent, pour la plupart, d'actualité. Mais il m'a manqué un petit je ne sais quoi. Sans doute que, victime de sa propre réputation, j'en attendais trop de ce titre.
Une bonne bande dessinée, à n'en pas douter ! Mais, de façon générale, je pense que l'on apprécie mieux ce genre d'ouvrage en lisant un ou deux strips par jour plutôt qu'en le dévorant d'une traite.
(3,5 serait la note qui lui conviendrait le plus.)
Je reste sur ma faim suite à la lecture de ces « Idées noires ». Une fois de plus, j’en attendais sûrement trop au regard des avis élogieux ci-dessous. Déjà, on ne rit pas énormément à la lecture de ces différents strips, ils prêtent plus à sourire jaune ou à la réflexion. Ici l’humour noir est roi, la vision du monde et des comportements humains est plus que morbide.
Néanmoins, il faut reconnaître le talent de l’auteur, certains strips n’ayant pas pris une ride alors qu’ils ont presque 30 ans, quelques uns m’ont tout de même bien amusé et enfin la qualité du trait de Franquin n’est plus à prouver.
Merveilleuses idées noires de Franquin, quel talent !
Le designer, le chasseur, l’industriel véreux, le militaire, l’ingénieur... sont concernés par ces histoires caustiques et si réelles...
Les gags n’ont pas pris une ride, je pense à celui du coureur cycliste chargé, confondant corbillard et voiture-balai.
Si cet album vient si tard dans la carrière d’André Franquin n’oublions pas que la BD a été longtemps filtrée par les hypocrites censeurs de l’époque.
Le politiquement correct était de rigueur, André Franquin s’est battu pour imposer une BD plus adulte et moins manipulatrice.
Dans l'état actuel de mes connaissances, c'est LE chef-d'oeuvre de la BD. Aussi bien au niveau du dessin que du contenu. C'est une des rares BD qui possèdent réellement une psychologie, un univers et un message. C'est comme un testament que nous a légué Franquin.
Peu de dessinateurs peuvent se targuer d'approcher l'art de Franquin. En plus d'être terriblement beau, son trait est unique et démontre que la ligne n'a pas besoin d'être claire pour être lisible.
L'utilisation du noir est simplement fabuleuse.
Franquin a beau signer en gribouillis atrophiés, ses dessins explosent dans les cases, il est un artiste moderne, un vrai.
Les idées de Franquin sont noires, mais également amusantes, cruelles, inventives. La majorité des gags sont hors normes, certains sont carrément cultes. Des idées noires inoubliables à mes yeux dés la première lecture... dieu sait que j'y suis fréquemment revenu depuis. Indémodables car hors du temps, certaines planches semblent avoir été dessinées hier et seront encore aussi fortes demain.
Que de talent pour autant briller en une page. Tout simplement inégalé dans le genre. Franquin fait preuve d'une grande délicatesse, use de méchanceté, va parfois jusqu'à être sadique, mais il parvient toujours à faire rire.
C'est rare l'humour qui sait faire rire, c'est précieux.
Les thèmes traités correspondent à l'œuvre de Franquin, même si quelques unes de ses idées lui ont été suggérées. Un des célèbres personnages de Franquin, Gaston, qui est également l'un des plus glorieux héros de la BD, porte un regard assez désabusé sur le monde, il ne le comprend pas toujours, Franquin non plus. La critique sociale présente dans Gaston est accentuée dans Idées Noires. Franquin l'a dit lui même : "Si on analyse bien le style des personnages de Idées Noires, on retrouve le même genre de caricature que dans Gaston. Je dis toujours que c'est du Gaston trempé dans la suie.
Franquin est grand. L'autoportrait qui fait office de couverture laisse supposer que l'auteur broyait du noir au moment ou il a créé ses idées. Peut-être, peut-être pas, quel que fut son état d'esprit à ce moment là, cela ne l'a pas empêché d'accoucher d'un chef-d'œuvre.
"Lorsqu’après avoir lu une page des Idées Noires de Franquin, on ferme les yeux, l’obscurité qui suit est encore de Franquin."
Cette phrase est attribuée à Sacha Guitry, elle est très belle et décrit les Idées Noires avec une infinie justesse. C'est juste l'une des plus belles critiques que j'ai pu lire...
J'ai un peu honte de l'avouer mais au cours de ma vie de lecteur de bd, je suis toujours passer complètement à côté de Franquin. Je n'ai jamais lu un seul Gaston Lagaffe par exemple même en étant plus jeune car ce n'était manifestement pas le genre de bd qui m'attirait. Comme quoi, cela existe ! Devant autant d'éloges faites à ce one-shot de ce que beaucoup considère comme l'un des plus grands auteurs de la bds franco-belge, je ne pouvais pas passer à côté au moins une fois dans ma vie. Voilà pour le contexte.
Idées noires est une succession de gags un peu morbide et qui a pour toile de fond l'absurdité humaine. On sent également l'époque de la guerre froide, de la peur de la troisième guerre mondiale et du nucléaire. C'est l'époque également où de grands pétroliers viennent souiller les plages. On est également en pleine dépression. Bref, c'est une vraie chronique sociale cynique et désabusée. Et dire que ces gags ont plus de 25 ans. Certains restent d'actualité !
C'est vrai qu'il y a de bonnes idées avec des dialogues savoureux. Les gags ne font jamais rire mais toujours un peu réfléchir sur l'état du monde. Je comprends qu'on puisse aimer. Cet auteur avait manifestement du talent. Pour autant, ce n'est pas une référence pour moi qui suis attiré par une autre forme de bd plus moderne.
Je l’avoue sans honte, avant ce mois de septembre 2009 je n’avais jamais lu Idées Noires de Franquin, ne serait-ce même qu’un seul des gags composant l’album. Et bien je suis franchement déçu au vu du nombre impressionnant de 5/5 que récolte cet album et du peu de fois ou j’ai souri.
Je pense qu’on peut rire d’à peu près tout, donc le fait que ce soit noir ou morbide n’est pour rien dans le fait que je n’ai pas rigolé. J’ai juste trouvé ça pas drôle. Seuls quelques-uns des strips sur les chasseurs et les deux sur le mec paumé dans le labyrinthe m’ont fait rire.
En fait je classerais ces gags en deux catégories. D’un coté les pas drôles, et ils sont nombreux. Exemple au hasard : Le défilé de personnages au marché qui viennent faire aiguiser leurs couteaux, ciseaux, cisailles, et autres objets tranchants. La chute ? Le dernier bonhomme arrive avec une guillotine… C’est vraiment à mourir de rire…
D’un autre coté, on a les gags lourds. Exemple : Visite d’une usine militaire, tout l’attirail est passé en revue : méga missile, système de défense sophistiqué, etc… et au final notre militaire s’allume un cigare. Non c’est en fait une roquette et boum ça lui pête à la gueule. Tordant.
Notons que certains gags réussissent le tour de force d’être dans les 2 catégories. Exemple : le mec qui est dans sa navette spatiale, tranquillement assis sur un chiotte. Et quand il tire la chasse, il se retrouve dans l’espace, évacué avec les déchets. Grandiose, même Captain Biceps ne l’avait pas faite celle-là…
Quoi ? J'ai bien vu ? Une personne a osé mettre uniquement deux étoiles à cette B.D. magnifique ? Je ne la critique pas, mais se rend-elle compte de ce qu'elle a fait au Grand Dieu qu'est Franquin, à son coup de crayon incroyable, à son talent pour mettre en humour tout les défauts de notre société, à camper des personnages tels Gaston ou Fantasio qui restent cultes des années après ?
En parlant maintenant sérieusement ; cette B.D. est une merveille de l'humour, du graphisme et de la bande dessinée. Certes, tout les gags à l'intérieur ne sont pas à mourir de rire, mais la plupart oui (au moins 90 %). Le dessin est sublime et amène une ambiance morbide qui contraste nettement avec l'humour décapant de Franquin. Je ne trouve aucun défaut a cette B.D. qui est un investissement sûr. Même après quelques années, vous pourrez toujours prendre cette B.D. de votre rayon "culte" pour rigoler un bon coup avant de vous mettre de nouveau à votre travail (personnellement, je lis le gag de la cigarette qui me fait hurler de rire).
Alors foncez acheter cette B.D. et ne la laissez SURTOUT PAS sortir de votre bibliothèque !
Les idées noires forment le côté sérieux de Franquin, enfin sérieux au sens de Franquin, c'est-à-dire qu’on sent qu’il traite tous les sujets qui lui tiennent à cœur avec humour. Enfin un humour noir, car tout est incroyable noir et cynique ; ce sont les incohérences de la société qui sont ici méchamment croquées. Les cibles favorites sont les chasseurs, la condamnation à mort et les militaires, mais bien d’autres situations plus cocasses et moins épidermiques viennent agrémenter cet album culte. Car il faut bien l’avouer cet album est pour moi une référence absolue. Chaque planche représente une situation et sur la totalité des planches il doit y en avoir 90% qui me font mourir de rire 5% sur lesquels bof et 5 % qui ne me font pas rire du tout pour lesquelles au contraire je trouve le truc trop malsain. Car oui : on ne peut pas rester de glace face à ces histories courtes qui sont généralement tragiques, soit on adore, soit on trouve çà nul. De tête comment oublier cette espèce de hérisson mutant que l’on ne peut plus écraser sur les routes, cet industriel ayant inventé des boulons en papier pour la rentabilité, ce père de famille amateur de bonzaï, cet incident d’édredons sur une plage mazoutée, ce gus voulant sortir du cadre de la BD, ces variations sur la peine de mort et l’armement… en fait chaque scénario est une pépite noire qui vous explose à la figure.
Evidemment ça peut mettre mal à l’aise, ça peut remettre en cause ce qu’on aimerait bien oublier, mais c’est justement ce que j’attend d’une bande dessinée, nous faire voir ce que l’on a pas forcément envie de voir de façon juste et pertinente.
Pour moi cette œuvre fait partie du panthéon de la BD, tout simplement.
Un auteur de génie....je n'ai pas peur de l'écrire !
A mille lieux de ses autres créations, burlesques, optimistes et sympathiques.
Nous avons là une œuvre très réfléchie avec plusieurs niveaux de lecture.
Derrière presque chaque gag se cache une " morale" dénonçant les dérives et travers de notre société ou/et les injustices qu’elle crée.
Par le biais de cette BD Franquin prend une éclatante revanche sur tous ces imbéciles qui profitent de tout et de tous sans scrupule ni état d'âme dans un monde où tout vacille.
Les causes ? Elles sont multiples : mondialisation, sur-médiatisation, paupérisation, éclatement des familles, perte des valeurs telles que " solidarité et fraternité "... la faiblesse des hommes, la pauvreté.
Ou tout bonnement, les scandaleuses richesses personnelles de certains, leurs pouvoirs exponentiels, qui ne visent que le profit accompagné de leurs soucis unique de rentabilités.
Egalement en cause directe, la guerre aux quatre coins du monde, le malheur des uns qui remplit les poches des autres, les dérives des religions.....
Bref la sottise de l’homme dans toute sa splendeur, le je-m’en-foutisme, et pour finir le " tout de suite maintenant ! On s’en moque de demain ! ".
Des gags acérés, ciselés, pas forcement drôle mais qui donnent drôlement à réfléchir sur notre monde.
En tout cas Franquin y a réfléchi et fait de cette série un exutoire défoulant en nous offrant au passage un miroir où nous regarder, une petite leçon.
Bien sur on peut juste la lire ainsi sans se poser de question et profiter tout aussi bien des gags drolissimes et noir de cher noir…
Heureusement le monde n’est pas aussi " pourri " que cela, il en décrit juste les dérives les plus extrêmes.
Scénario : bien conçu a double tranchant, et les tranchants sont bien aiguisés
Dessin : ce noir et blanc brouillon sert complètement l’histoire
Univers ou atmosphère crée : les travers de notre univers sont très bien représentés
Développements et psychologie des personnages : très ou trop réaliste, cela fait peur…
Dépressif chronique, Franquin s’attaque dans ses Idées Noires à tout ce qui le rebute : la sur-industrialisation, la chasse, le clergé, la pollution, la peine de mort et, avant toute chose, la bêtise humaine. Cet album a dû en surprendre plus d’un lors de sa parution tant on est éloigné de la gentillesse de ses héros précédents. A ce titre, Idées Noires peut être considéré comme culte, car un tel changement de style venant d’un auteur n’ayant plus rien à prouver aboutit souvent à l’échec. Hors, ici, Franquin fait souvent mouche. Certaines histoires, certaines trouvailles sont tout simplement géniales (la planète labyrinthe, par exemple). Son style graphique (un noir et blanc tortueux, parfois fouillé, parfois dépouillé au contraire) est un exemple de maîtrise. Si on reconnaît la « patte » de Franquin, on ne peut comparer à Gaston Lagaffe ni (encore moins) à Spirou et Fantasio. C’est noir, c’est tordu, à l’image du contenu de ces courtes histoires.
Les histoires, comme je l’ai dit, sont souvent très drôles. On peut cependant reprocher à Franquin une surexploitation de certaines idées. Et bien souvent, les gags exploitant la même idée de départ sont décevants, voire dispensables. Heureusement, ceux-ci ne constituent pas la majorité de l’album, et la qualité de l’ensemble demeure exceptionnelle. Notons que cette série a dû servir de réel défouloir à Franquin et à ses amis proches. Et Roba, le gentil créateur de Boule et Bill n’est pas en reste quand il s’agit d’écrire un scénario à l’humour « limite » (et les taureaux l’en remercient).
Franquin où l'auteur aux multiples facettes, capables de tout et de rien.
Son caractère dépressif y était pour beaucoup et dans son malheur, c'est grâce à cela que nous pouvons lire ses idées noires.
Une suite de strips à l'européenne, précédés par un jeu de mots à la Devos, suivis de cases sublimement tâchées d'encre de Chine et se terminant par une signature marquant définitivement le génie de Franquin. Un must, même si les "blagues" sur les chasseurs et le clergé sont parfois un peu redondantes !
Je m'attendais à quelque chose de plus drôle, la quantité d'avis cultes m'a induite en erreur en me laissant croire que j'étais face à une œuvre d'exception, mais malheureusement elle ne m'a pas touchée à ce point, même si j'ai tout de même bien apprécié cette lecture.
Les histoires sont toutes plus ou moins percutantes, mais les thèmes abordés sont un peu récurrents et en deviennent un peu lassants. Cela dit, en 1981, ça devait être une bd remarquable qui mettait bien en évidence les préoccupations du moment. Le dernier gag est vraiment bien pensé et clôt la bd de façon très subtile.
Le dessin noir et blanc m'a paru un peu brouillon en feuilletant les pages, mais dès que l'on commence à lire tout devient clair, jusqu'aux plus infimes détails.
Les idées noires de Franquin, un monument du temps passé et lointain de mon enfance ! Je me devais de venir en dire du bien ici.
Après relecture, je me rends compte que mes souvenirs étaient un peu faussés par la distance, c'est quand même assez inégal, certaines histoires auraient pu être plus abouties, mieux finies ou auraient mérité une planche de plus pour être un peu plus développées mais il y a une majorité de petits bijoux d'une justesse et d'une pertinence rare. Quand on pense que ça a 30 ans, c'est comme un sketch de Coluche, c'est toujours aussi vrai aujourd'hui qu'hier (malheureusement parfois) !
Les chasseurs, la peine de mort, le gaspillage énergétique, le nucléaire, la guerre, le dopage, la corrida. Je ne sais à quelle idée noire donner la palme, peut-être l'éleveur de bonzaï... ou le cheval qui vient achever le cavalier qui s'est blessé pendant la course... le car de pèlerins dans un virage de montagne... si je continue je vais toutes les citer !
En tous les cas, le style est parfaitement adapté au sujet : action en noir sur fond blanc à la manière d'ombres chinoises et juste ce qu'il faut de détail, sans oublier les signatures de l'artiste à regarder aussi attentivement que le reste.
L'ayant relu en format "J'ai lu BD" je n'ai pas eu le plaisir de retrouver les "il ne faut pas confondre", à mon grand regret.
J'avais dû lire cette bd il y a une quinzaine d'années et je l'ai achetée (et donc relue) hier en tombant dessus par hasard.
Franquin aborde des sujets que je trouve toujours d'actualités (écologie, peine de mort, chasseurs, dopage...), avec brio. L'humour est très noir mais fait toujours rire, les textes sont fabuleux, accompagnés de jeux de mots travaillés. Le format noir et blanc se prête vraiment bien à ce genre de bd.
À noter les petites signatures originales en bas de chaque histoire.
Avec cette intégrale, Franquin regroupe tous ses strips parus dans le magazine Fluide Glacial. On est très loin, de l’aventure Spirou et de l’humour Lagaffe, l’auteur se lâche et nous confit ses pensées les plus noires dans un registre sarcastique. Sur quelques sketchs, il se fait aider par quelques amis pour le scénario (Delporte, Roba, Luce...).
J’ai lu et entendu tellement de bien et d’avis dithyrambiques sur cette œuvre, qu’au final, je suis tout de même un peu resté sur ma faim. Bien que la plupart des histoires soient drôles (et c’est finalement l’essentiel), je trouve que le côté -auteur engagé- enfonce des portes ouvertes. On pourrait sûrement me rétorquer qu’il faut se replacer dans le contexte de la peine de mort, de la guerre froide, et de la course à l’armement pour en prendre pleine mesure... disons alors que ça a vieilli... encore que, ses positions sur les chasseurs et les centrales nucléaires sont toujours d’actualité mais elles restent très faciles et caricaturales.
Graphiquement, c’est du pur Franquin au mieux de sa forme et de sa maturité. C’est très proche des meilleurs Gaston Lagaffe, j’ai même eu par moment l’impression d’en voir quelques personnages secondaires. Je ne suis pas un adepte du noir et blanc mais ici ça met admirablement bien en valeur son style si particulier, à la fois brouillon et léché... et puis des idées noires en couleurs, on n’aurait pas idée !
A noter l’originalité de la mise en scène de la signature de Franquin au bas de chaque planche ; et les slogans de Delporte, avec des jeux de mots plutôt bien trouvés, pour introduire chaque sketch.
En pleine dépression, Franquin nous livre cette oeuvre cruelle et cynique sur le monde. Les gags sont d'une noirceur et d'une qualité inégalée. Le maître est au sommet de son art dans ses planches et les dessins sont magnifiques. Je me suis bien marré en voyant la fin tragique de plusieurs personnages dont plusieurs le méritaient. Une bd que je conseille à tous les fans d'humour noir !
Il est vrai qu’on passe un bon moment. Le dessin de Franquin est excellent, le noir et blanc rend très bien, les petits « il ne faut pas confondre… » sont biens trouvés, mais je n’arrive pas à vraiment aimer cette bd parce que je trouve ça un peu trop facile ; les chasseurs, les militaires, les corridas, le nucléaire… Tous les trucs sur lesquels on a toujours rêvé de taper, Franquin tape dessus mais, hormis graphiquement, dans l’ensemble, il ne le fait pas avec une grande originalité.
Il y a tout de même quelques perles comme le coup des militaires assoiffés de sang qui joue à la pétanque avec des grenades et la terre comme cochonnet. C’est tout de même une intégrale à posséder car elle est quand même bourrée de qualités.
Rares sont les grands auteurs de BD populaire à s'être lancé dans l'humour qu'on qualifie de "noir". Franquin s'y est lancé, et ses "idées" sont un recueil un peu surréaliste, aux gags tantôt géniaux, tantôt assez médiocres, mais qui ne peuvent pas laisser indifférent.
Le noir et blanc de Franquin est magistral, tout en finesse et en profondeur.
On peut appréhender les "Idées noires" comme une BD "coup-de-gueule" contre la société, et surtout ses dérives. Franquin nous expose ses grandes peurs concernant l'avenir de la planète: la menace nucléaire, la pollution, la guerre, ... Il aborde aussi des considérations plus actuelles (et plus encore à la fin des années 70), comme la peine de mort, les traitements infligés aux animaux, etc, ainsi que des situations plus proches de notre vie quotidienne.
Mais dans tous ces cas, on peut voir une critique globale des aspects les moins honorables de l'âme humaine: cruauté, hypocrisie, vanité... Franquin s'amuse à montrer la revanche des "victimes" (hérissons écrasés par les voitures, chevaux de jockey...). Il y a la critique d'une société absurde qui, sous le regard de l'auteur, semble partir à la dérive et sacrifie ses valeurs fondamentales et son humanisme au profit d'un cynisme qui est ici exacerbé.
La variété des thèmes, qui touchent aussi bien les grandes "angoisses" de notre temps, les problèmes de société et les séquences plus intimes de notre existence, font que cette catégorie de gags fait assez souvent mouche; mais pas toujours, car certains sont vraiment assez faciles.
On est encore moins convaincu quand Franquin s'obstine à "taper" sur certaines catégories de la population: les militaires, le clergé et particulièrement les chasseurs. C'est certes inventif, mais vu et revu, ressassé, et trop parti-pris.
Par contre, les meilleurs gags sont ceux où explose l'humour noir dans son "état brut" -et sa splendeur: des situations délirantes comme celle de la planète-labyrinthe, parfois vraiment absurdes, mais aux chutes percutantes.
Ainsi, cette BD apparaît difficile à noter, car inégale. BD polémique, recueil de situations absurdes, les "Idées noires" sont un peu tout cela, mais on ne peut reprocher à Franquin d'y avoir mis toute sa sincérité, et on ne peut que le remercier de nous avoir offert quelques "perles" dont il serait dommage de passer à côté.
Le must de l'humour noir.
Cette BD est un petit bijou, elle est intelligente, sait aller loin dans les gags sans dépasser les limites.
Le dessin de Franquin est excellent, fin et précis.
Malgré le poids des années, le plaisir de lecture soit toujours intact.
Il va de soi qu'une dose d'humour second degré est indispensable pour apprécier.
Je trouve pas la BD mauvaise mais je m'attendais a quelque chose de tellement incroyable vu les éloges générales qui abondent sur cette BD et puis.... Ouais
L'humour certes est la mais c'est juste un sourire et pas l'éclat de rire espéré. L'humour n'est pas non plus d'une subtilité incroyable et les sujets sont très redondants (chasseur, écologie,...)
Mettre "Idées noires" en culte, je ne pouvais m'en empêcher.
J'ai toujours en mémoire quelques passages ludiques.
Témoignage de notre histoire et peut-être de notre futur, qui sait ? C’est le meilleur du pire. Très bien dessiné, un noir et blanc que j'apprécie particulièrement.
En tout cas les illustrations simples et efficaces sont le fruit d'une imagination pathétique basée sur des faits presque réels.
Très bon, alors pour certains qui ont du mal à réfléchir sur "Idées Noires", qu'ils portent un miroir autour du cou ça peut aider.
La maîtrise graphique et le pessimisme du grand Franquin poussés à leur paroxysme. Âmes sensibles s'abstenir : on est loin de Spirou et même de Gaston. Les Idées Noires sont à l'humour noir ce que l'expresso italien est au café.
Les personnages de Franquin sont laids, bêtes, égoïstes, veules et ils n'ont aucune chance de s'en sortir dans un monde encore plus laid qu'eux.
Les "idées" apparaissent dans l'hebdo Spirou n° 2031 du 17 Mars 1977 et se dissipent dans "Fluide Glacial" n° 83 de Mai 1983.
C'est... tout bon !
Du graphisme à l'état pur, en un magnifique noir et blanc, qui illustre des silhouettes, des ombres, en les privilégiant.
Ces "idées" tirent -via leur auteur- à boulets rouges sur toutes les formes de la connerie humaine. Elles sont parfois sadiques, parfois cruelles, mais aucune ne laisse le lecteur -dont moi- indifférent.
C'est sombre, très sombre même ; mais c'est un véritable délire qui accompagne ces saillies graphiques d'un des plus grands de la BD franco-belge.
Même si vous êtes victime d'un profond coup de cafard, n'hésitez pas à plonger -même pieds et poings liés- dans ces "idées". Vous pourrez vous dire que, après tout, vous êtes quand même "pas mal".
Deux magnifiques albums qui illustrent la vie. En noir... et blanc.
Ah ! Le dieu Franquin, après avoir exercé son talent dans le genre « humour » dans Gaston Lagaffe, il excelle dans « l’humour noir » dans justement « Idées Noires ».
J’ai lu la série dans les 2 albums différents.
Le dessin sublime (qui se rapproche beaucoup de Gaston Lagaffe) et l’idée de dessiner avec des ombres noires sont vraiment bien.
A chaque gag je me suis marré, du plus c** comme le gars qui est dans un labyrinthe et à qui on emmène un léopard (ou autre félin), au plus réfléchi comme celui qui se fait déchiqueter les jambes par une tronçonneuse.
On se pète les côtes de rire à chaque page.
J’ai bien aimé les petits « Il ne faut pas confondre… » en haut de chaque gag.
Les gags publiés sur les différents sites sont de loin les plus drôles.
Les reproches que j'ai sont les suivants :
- c'est souvent seulement "noir", sans humour ;
- les cibles sont très datées et un peu les mêmes : les hommes d'affaires corrompus et/ou malhonnêtes, les curés et les militaires. Ca fait un peu XIX° siècle tout ça.
Attention, lire l'ensemble d'un coup déprime carrément.
Une oeuvre unique, hors normes. Un chef d'oeuvre d'humour noir né d'un esprit sans doute un peu dérangé, comme tous les grands génies. Cette oeuvre est très souvent citée en référence, et pour cause ! Le trait est superbe et parfaitement adapté à ces strips, l'ambiance est glauque, souvent gore mais c'est toujours très drôle malgré tout. Les gags sont souvent sans dialogue ou presque (un monologue n'est pas un dialogue) et le dessin est très "noir et blanc" : cela renforce le sentiment que l'auteur "broie du noir" et expie ses idées par ces planches à l'humour inégalable.
Un must que tout amateur de BD se doit de lire au moins une fois, sauf, peut-être, pour les allergiques à l'humour noir.
Franquin pouvait être cynique comme le prouvent les planches qu'il a exécutées pour les Idées noires. Au cours d'une phase de dépression, il a imaginé ces gags et a conçu un vrai chef-d'oeuvre d'humour noir.
Je pense que ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre de Franquin devraient découvrir cet album (plus axé adulte que le reste de son oeuvre). Son dessin y est magistral.
Certaines histoires sont d'une cruauté jubilatoire. Relisez l'histoire du bourreau guillotiné, du chasseur victime de la chasse, du château-fort assiégé...
Il y a de vraies merveilles dans cette oeuvre.
Note : 3.5/5.
On m’a dit tellement de bien de cette bd que je m’attendais à un véritable chef-d’œuvre. Eh bien, en fait, je suis un peu déçu… Ce n’est pas que la série soit mauvaise, mais par rapport aux critiques portant dessus, j’espérais beaucoup mieux.
Pour parler de la bd en elle-même, c’est quand même plutôt une réussite : les dessins sont sympas, tout en noir et blanc. Les gags sont très inégaux : certains sont vraiment marrants (j’aime beaucoup celui du hérisson qui mute avec une carapace très solide pour résister aux voitures), mais d’autres n’ont absolument rien.
Mais ce qui m’a fait le plus jubiler dans cette bd, c’est que Franquin donne sa revanche aux lapins sur les chasseurs, aux hérissons sur les voitures, aux chevaux de courses blessés sur les jockeys, aux lynx sur les humains qui les chassent pour leurs peaux, aux taureaux sur les toréadors, etc…
Franquin qui sort du genre très léger et presque enfantin qu'on lui connaît bien pour nous livrer 2 albums d'un humour très noir qui interpelle plus qu'il ne fait s'esclaffer. Une réussite en tous cas, dans laquelle Franquin apparaît assez réfléchi, profond, et peut-être un peu dépressif, mais toujours aussi bon.
A ne pas manquer.
Je réfléchirai plus tard, plus mûrement, mais ma note pourrait bien passer de 3 à 4.
En effet, j'ai adoré l'humour. L'humour est bien plus subtil qu'on pourrait le croire. Il est très grinçant et fait à merveille la satyre de notre monde. C'est noir, et ça m'a bien fait rire. Bon, il y a des gags un peu moins bons (mais ils ne sont pas majoritaires), il y en a qui sont carrément excellents. Pour certains, j'étais carrément pliée
Bref, cette vision des choses m'a bien plu.
Le dessin va dans le sens des gags : noir et un peu fouilli. Cependant, il reste assez efficace et maîtrisé. Je prends beaucoup de plaisir à regarder ces planches.
Vous l'aurez compris, Franquin se lance dans un genre différent de d'habitude, et il fait mouche !