Après Chroniques de Jérusalem, voici que je replonge chez Guy Delisle avec "Pyongyang". Si ma première approche de l'univers de l'auteur avait été décevante, ce n'est pas avec cet album que je me suis réconcilié avec l'auteur pour autant.
J'ai tout de même préféré "Pyongyang" à Chroniques de Jérusalem, car j'y ai trouvé l'humour plus mordant. Guy Delisle, qui passera 2 mois là-bas, se heurte frontalement à ce régime autoritaire qui contrôle tout agissement de n'importe quel ressortissant étranger. C'est ce contraste et les télescopages culturels occasionnés qui donnent lieu à des anecdotes parfois drôles. Emmener comme seul roman de chevet "1984" en Corée du Nord, c'est bon !
Mais sorti de ce côté anecdotique, Guy Delisle m'ennuie rapidement. OK, on découvre par la BD des pans entiers de sociétés méconnues, de l'intérieur, mais bon... J'aimerais franchement pas être à sa place. Les deux mois qu'il passe à Pyongyang semblent d'un ennui mortel, ponctué de grandes frustrations... Et ça me fait parfois un peu le même effet à la lecture de cet album. Son parallèle comique avec la série TV "Le prisonnier" résume à mon sens parfaitement mon ressentiment.
Et puis sans revenir longuement dessus, le dessin de Guy Delisle est loin d'être ce qui me fait bander en BD. OK, c'est clair, fluide et la narration limpide, mais bon, c'est pas trop mon truc, surtout quand l'histoire m'ennuie.
Comme Guy Delisle, l'analogie entre le régime totalitaire de la Corée du Nord et celui du fictif Angsoc m'est souvent venue à l'esprit pendant le voyage dans Pyongyang. Mes chers 'camarades' s'étant largement portés volontaires pour rédiger une critique assez exhaustive sur le sujet, j'essayerai de faire plutôt bref.
Pour situer le contexte, Guy Delisle, chargé de diriger la branche animation en Corée du Nord, se retrouve du jour au lendemain dans ce pays dirigé de main de fer par la dynastie Kim Jong. Comparé à son homologue coréen, le régime chinois actuellement en place ferait presque figure de défenseur des Droits de l'Homme. Ce qui m'a le plus intéressé dans Pyongyang, c'est le 'volontarisme' des 'citoyens' et leur crédulité aveugle. Certes la manipulation de masse fonctionne extrêmement bien, il n'y a qu'à passer la frontière transalpine pour le constater, mais le fait que le narrateur ne rencontre jamais ou n'entende jamais parler de résistants est plutôt éloquent.
Mais le plus étonnant demeure la facilité avec laquelle Delisle nous expose la situation en Corée. Comme l'a dit iannick, l'auteur n'y va pas d'un ton assommant et hautain, mais fait preuve au contraire d'un ton désabusé et souvent ironique en fonction du contexte, tout en restant correct vis à vis des habitants, voire en y portant un œil bienveillant. Sans tomber dans l'écueil des redondances, Delisle nous montre, à la manière d'Orwell en son temps, les mécanismes de la machinerie, largement visible pour un habitué de la démocratie mais bien peu décelable lorsqu'on est habitué à cet état.
Un dernier mot sur le dessin de l'auteur. A ma grande surprise, il s'est avéré très lisible et très aéré. Moi qui ai d'habitude du mal avec les dessins des productions indépendantes je ne peux que saluer Delisle pour son graphisme à la fois sobre, épuré, lisible et surtout soigné.
Au final, je dois dire que ce documentaire est assez intéressant, même s'il ne m'apprend pas grand chose de nouveau sur les dictatures. Il est cependant curieux de connaître la conjecture en Corée du Nord, les raisons pour lesquelles sa réunification avec la Corée du Sud n'est pas d'actualité et bien entendu d'autres choses. La raison pour laquelle je n'accorde pas la quatrième étoile est lié au fait que cette BD ne donne pas forcément envie d'être lue à tout prix. Mais lisez là quand même, c'est instructif.
Amateur de BD-reportages, c'est avec un entrain non moins dénué de curiosité que je me lance dans la lecture de ce pavé.
Pyongyang. Capitale de la Corée du Nord, le pays le plus fermé du monde. Pensez-vous! Une virée au coeur du dernier bastion du stalinisme! Voilà un programme des plus alléchants.
Delisle prend le parti pris de traiter le sujet avec beaucoup, mais vraiment BEAUCOUP d'humour. Effectivement, on peut se poser la question, comme dans l'avis ci-dessous, s'il est vraiment moral d'adopter un aussi grand détachement face à un régime qui maintient dans l'ignorance et la terreur -une "terreur sourde" comme Delisles le dit lui-même- des millions de personnes.
Je crois pour ma part que cette prise de position ne reflète pas -ou partiellement- l'attitude réelle de l'auteur durant son séjour, mais ce détachement (relatif) agit comme un dérivatif à la désagréable sensation d'oppression que ne manquerait de ressentir le lecteur si l'auteur avait dévoilé la réalité brute de son séjour, s'il ne l'avait pas retranscrit à travers le prisme apaisant et humoristique de sa propre vision. Un moyen de "faire passer la pilule" en quelque sorte.
Mais il ne faudrait pas croire que Delisles sacrifie totalement au bien-être de son lecteur, l'exigence d'une réflexion nécessaire sur la réalité de la vie en Corée du Nord. A certains passages il nous fait bien ressentir ce sentiment d'oppression aveugle que ressent le visiteur, mais plus difficilement ce que vivent les Nord-Coréens, même si parfois -mais pas assez malheureusement- il tente de les comprendre.
Il faut remarquer que le séjour de Delisles a été très encadré, et par là-même il ne peut que nous offrir une vue tronquée, voire biaisée, de la réalité de la Corée du Nord, en particulier dans les campagnes qui ne sont que survolées.
Cependant, il faut bien avouer que Delisles fait preuve d'une réelle maîtrise, sinon de talent, dans la manière de "croquer" les différents personnages qu'il rencontre, même si cela reste parcellaire. Un hommage au "capitaine Sin" qui a réussi à me toucher.
Delisles nous montre que les Nord-coréens ne sont pas seulement ces caricatures de robots que le régime tente de façonner, surtout face aux étrangers, et saisit de façon assez touchante les rares moments d'humanité qu'il a pu vivre avec les autochtones qu'il a côtoyé.
Le dessin aurait néanmoins gagné à être plus travaillé. Les vues de la ville sont particulièrement bien escamotées. Cette BD porte le titre de "Pyonyang", mais finalement on ne sait pas à quoi cette ville ressemble, c'est tout de même un comble! Bref, un peu plus de soin et de recherche sur les plans de la ville et aussi sur les paysages auraient contribué à faire de cette oeuvre plus qu'une simple succession d'anecdotes.
En définitive, cette BD au parti pris humoristique bien tranché -trop?- pêche par certaines lacunes, qui m'ont laissé sur ma faim. Mais il n'empêche qu'elle reste actuellement la seule BD sur la Corée du Nord sur le marché, et pour cette raison elle mérité d'être lue.
Le concept et l'édition me plaisent beaucoup.
Le dessin n'est pas très fouillé mais colle au récit.
Le thème est original et donc intéressant.
Malgré de bons passages et une vraie ambiance dégagée, le tout me laisse une impression d'ennui incommensurable. J'avais parfois l'impression que l'auteur voulait partager ce fardeau avec moi !
Un avis mitigé donc... mais à essayer cette BD, indubitablement.
Mon avis sur cette BD est nettement moins enthousiaste que les autres... Il faut dire que j'attendais beaucoup de cette BD, n'en ayant entendu que des louanges et m'intéressant beaucoup au sujet, la Corée du Nord.
He bien j'ai été déçue. Je n'ai rien appris de neuf, Delisle reste toujours dans le superficiel, n'approfondit jamais, alors qu'il y a tant à dire sur ce pays. Tout reste du domaine de l'anecdotique.
Alors ça se lit bien, on ne s'ennuie pas. Et puis après tout il ne raconte qu'une expérience personnelle. Mais quand on connaît un peu le sujet de la Corée du Nord, il y a tellement plus à raconter sur ce pays kafkaïen !!! Son témoignage me paraît quelconque par rapport aux différents reportages qu'il m'a été donné de lire. :o/
Mon sentiment premier me dirait de ne mettre que 2/5, et c'est seulement par souci d'objectivité que je mets 3/5. Grosse déception, donc.