Outre mon admiration pour Osamu Tezuka, le "pape" du manga moderne, c'est aussi pour ma culture que j'ai lu cette BD. En effet, même si j'ai "pas mal" (même si assez relatif) de connaissance en mythologie et en religion chrétienne (et j'en apprends de plus en plus sur le judaïsme), je ne connaissais pratiquement rien de la doctrine bouddhiste, mais bon, je n'ai pas l'impression d'en avoir appris tant que ça, car les rares fois où Bouddha parle (enfin prêche), ce qu'il dit est assez simpl(ifié ?)
Mais ça reste une bonne initiation ludique à cette religion, à laquelle je pense je vais m'intéresser un peu plus (mais je demande la part d’éléments romancés ajoutés par Tezuka dans cette biographie).
En tout cas, pour l'histoire, on reconnait vraiment le style de Tezuka, même si c'est sûrement la saga la plus conséquente (surtout au niveau du nombre de pages) de la grande œuvre de Tezuka.
En effet, l'histoire est longue et très dense. Ce n'est pas toujours passionnant, mais ce n'est jamais mauvais. Après, c'est un peu dûr de s'y retrouver car comme à son habitude, Tezuka introduit beaucoup de personnages (au moins une centaine de pages pour chacun d'entres eux) et ces personnages réapparaîtront tout au long de la série. C'est agréable à lire donc, mais il faut avoir du courage.
Pour le dessin Tezuka utilise un trait semi-réaliste/sérieux à mi-chemin entre ses mangas enfantins et rigolos (Princesse Saphir, etc...) et ses mangas plus matures et plus sérieux (dont ses deux chef-d'œuvres : L'histoire des 3 Adolf et Ayako mais aussi Blackjack que j'ai apprécié).
Donc, les décors sont dans un style réaliste (et assez époustouflants), les personnages ont des styles assez "sérieux", mais sont plus simples que dans Ayako. Et Tezuka joue pas mal avec les codes de la B.D. pour servir l'humour (pas mal de "Super-Deformed", des clins d'œil au lecteur avec des personnages de ses autres mangas apparaissant ou un petit cochon parsemant les pages -gag récurrent chez l'auteur-).
J'aime son dessin ici, même si il vrai que je préfère le style plus "réaliste" de Tezuka.
Une série que je conseille pour les fans de Tezuka... Comme moi !
Après une première expérience malheureuse dans la découverte de cet auteur par ma lecture de «I.L», je découvre enfin les facettes talentueuses qui ont tant été vantées par la plupart des lecteurs à travers le monde.
Je trouve que l'idée d'adapter la vie de Bouddha en bande dessinée est excellente à condition d'éviter certains écueils. Je dois bien avouer que ma lecture fut à la fois enrichissante de toute cette culture et divertissante grâce à un humour bien dosé.
Au début, j'ai été très sceptique en découvrant un personnage qui ressemblait étrangement à Astro le petit robot. Je me demandais ce qu'il faisait là dans cette fresque aux accents mythologiques. Mais bon, l'auteur a su me faire oublier ce genre de détails qui tuent normalement. La vision adoptée par l'auteur est personnelle et donc particulièrement originale.
Le côté naïf cède au fil de la lecture à des réflexions plus profondes. On pourra donc se plonger dans cette méga-lecture très dense mais au final très fluide et d'une particulière intelligence. Qui sait si vous n'allez pas vous convertir au bouddhisme !
"Bouddha" est l'une des œuvres de Tezuka les plus faciles d'accès. Une somme qui parvient à être à la fois distrayante, profonde et instructive sur la vie édifiante du prince Siddharta, alias Bouddha.
J'ai cependant mis un peu de temps à apprécier véritablement cette BD. Je préfère le style de dessin que Tezuka adopte pour ses œuvres pour adultes (Ayako, MW, L'arbre au soleil, pour ne citer qu'eux) au style tout rond qu'il adopte ici. J'ai mis du temps à m'y habituer et à voir au-delà, j'avoue, surtout que c'était un des tout premiers Tezuka que je lisais, à l'époque, et que je n'étais donc pas habituée à son style qui a un peu vieilli. Je suis maintenant complètement fan (quand on regarde son oeuvre dans son ensemble, c'est tout de même vraiment impressionnant, tant en nombre de pages, de séries, qu'en richesse, diversité et densité d'histoires... Tezuka semble être une source intarissable !).
Bref, si vous n'accrochez pas tout de suite à "Bouddha", laissez le un peu de côté, prenez le temps de vous habituer, de mûrir votre regard sur ses pages, puis plongez-vous totalement dans cette fresque mémorable. Ce n'est pas mon Tezuka préféré, mais c'est l'un des plus instructifs, donc ça compense !
Avec 8 albums d'environ 400 pages chacun, la lecture de l'intégrale de ce manga fut intense et longue. Et pourtant, chaque tome est passé de manière très fluide, très agréable et intéressante.
Avec sa manière si personnelle, Tezuka m'a permis de découvrir non seulement la vie du Bouddha le plus célèbre, Siddhârta, mais également toute la sphère de personnages, de contes et de mythes qui l'entouraient à cette époque, au 5e siècle avant J-C dans le nord de l'Inde. Chaque album est très dense, donnant vie à des personnages très nombreux, aux histoires complexes emplies de magie, de combats, de vengeances et de complots. Une véritable mythologie comparable aux légendes grecques ou encore à la Bible par sa diversité et sa densité.
Tezuka use de son sens étonnant de la narration. Son dessin est inspiré du style Disney, enfantin dans l'apparence mais adulte dans le contenu. Son récit est fluide et constamment rehaussé de touches d'humour, de délires et d'anachronismes. Je me souviens de ma première lecture d'une oeuvre de cet auteur (c'était Phénix - L'oiseau de feu) et de combien ce style et ses délires aussi abruptes qu'aussitôt oubliés m'avaient surpris et un peu dérangé. Ici, ils m'amusent et ajoutent une touche personnelle de légèreté pleine de charme et sûrement très efficace pour mieux digérer la quantité énorme d'information que contient ce manga.
J'ai été très intéressé par ma lecture, tout en la trouvant en même temps divertissante et parfois amusante. J'avoue qu'à la longue, je m'y suis perdu dans la quantité invraisemblable de personnages et d'histoires toutes différentes, chacun devenant au final un mentor, un disciple ou un ennemi de Bouddha. J'avoue aussi avoir trouvé le personnage de Bouddha plus charismatique avant qu'il n'atteigne l'éveil, son statut de Bouddha éveillé mais assez mollasson, et son regard bovin, me le rendant un peu agaçant parfois. De même, je n'ai pas été vraiment convaincu par le message bouddhique en lui-même tel qu'il est présenté ici. Certes, il est souvent frappé au coin du bon sens, mais je ne suis pas encore prêt d'être converti, je le crains. Et du coup, j'ai trouvé que la conversion express de certains personnages, ou de certaines foules au cours du récit, manquait un peu de crédibilité.
Qu'importe, c'est un très bon manga, très bien construit, très fluide et très intéressant. Probablement la meilleure oeuvre de Tezuka à mon goût.
Environ 3000 pages de plaisir. Voilà ce qu'est ce manga.
Tout d'abord, au niveau de la narration:
Tout est clair, pas moyen de s'embrouiller, malgré les noms qui sont imprononçables... Bien sûr, parfois, on se demande qui est ce personnage qui intervient: on sait qu'il est apparu deux tomes avant, mais que fait-il encore? Mais c'est inévitable sur autant de pages. Et puis, la mémoire revient assez vite et ne compromet pas le plaisir de lecture.
De plus, Tesuka s'amuse avec les cases et leurs limites: c'est ainsi qu'un personnage surpris va sursauter et se cogner la tête contre la case du haut... Ou encore qu'un personnage bousculé peut passer à travers une ou plusieurs cases... Autant de petites choses qui rendent la lecture amusante.
Ensuite, au niveau du dessin :
Ils sont amusants, tout en rondeur. Les personnages ont souvent des expressions hilarantes. Ou bien sont dessinés avec une tête de cochon, avec des lunettes, ... Parfois même, certains personnages sont complètement hors époque (certains médecins, black Jack,...)
Mention spéciale aussi pour toutes les touches d'humour qui parsèment la série. Du style:
- Il est bien pâle? C'est normal pour un manga sans couleur
- He, attention, on est dans la vie réelle, pas dans un manga...
...
Tout cet humour vient "enrichir" les albums, rendant la lecture encore plus intéressante.
En fait, on suit la vie de Bouddha et son enseignement (ou une partie de celui-là), mais, pour moi, cela devenait secondaire à certains moments, tant je prenais plaisir à me laisser porter par la narration et le dessin...
Quelle aventure gigantesque ! Je n’ai pas compté les pages mais on dépasse largement les 2000. Alors commençons donc par un petit avertissement : Bouddha représente un investissement en temps de lecture assez lourd, et il vous faudra de nombreuses heures pour en venir à bout. Des heures de plaisir ?
Oui, la plupart du temps. Disons que j’ai trouvé le début un peu lent, et j’avais du mal à m’y retrouver parmi la ribambelle de personnages aux noms tous plus tarabiscotés les uns que les autres. Mais une fois que Siddhârta grandit, s’éveille spirituellement et devient « Buddha », le récit devient vraiment prenant, intéressant et surtout intelligent. Tezuka nous invite, au travers des situations parfois sérieuses, parfois humoristiques, à réfléchir sur notre vie, notre mort, notre place sur cette terre, notre comportement envers les autres, envers les animaux etc… sans jamais être barbant. J’ai trouvé cette quête initiatique passionnante, surtout si on considère qu’il s’agit de la vraie vie de Bouddha (enfin du moins ce qui en est connu)
Voila, si le dessin et l’humour « manga » ne vous dérangent pas trop, et si vous vous sentez d’attaque pour avaler un tel pavé, ne passez pas à coté de cette superbe aventure… un classique !
Je ne saurais être aussi disert que mes camarades au sujet de cette série (et pour tout vous dire, je ne suis pas très inspiré). Mais je dois tout de même faire remarquer que s'attaquer à la biographie d'un personnage historique et religieux aussi important est la preuve d'un grand courage, et que Tezuka l'a menée à bien avec beaucoup de talent. Et l'idée de mettre de l'humour et des anachronismes permet aux plus jeunes de saisir tout son propos, sans s'embarrasser d'expressions vieillottes enfin, plus en phase avec l'époque antique du récit.
L'un des meilleurs Tezuka que j'ai lus de toute ma vie ! C'est une longue oeuvre qui nous montre la vie de Bouddha ainsi que celle de plusieurs autres personnages ayant existé ou qui sont inventés par Tezuka. C'est une oeuvre très riche qui montre une fois pour toute que le manga ne mérite pas d'être aussi dénigré par certaine personne qui n'ont d'ailleurs jamais ouvert un manga de leur vie !
Tout d'abord, Osamu Tezuka rend le récit passionnant et ne fait jamais de longueurs ou de moments ennuyants. Il raconte une biographie existante avec un talent comme lui seul peut le faire ! Au cours du récit, on croise des personnages qui reviennent au fils des pages. Ils sont terriblement humains car ils sont capables du meilleur et du pire. Des gens comme Depa, Migaila, Tatta, Ananda et Devadetta ont fait de bonne actions, mais sont aussi capable du pire et l'ont montrés plusieurs fois (Tatta n'a aucun scrupule à piller une ville, Annada est un ancien assassin, Depa se moque de Bouddha et l'humilie, etc.).
Comme dans beaucoup de ses oeuvres adultes, Tezuka nous montre des scènes plutôt cruelles de torture qu'un autre auteur n'aurait pas montrées. Il faut de l'audace pour ça ! On a droit à quelques gags anachroniques (un personnage qui fait allusion au cinéma par exemple) qui font sourire, mais ça rend le récit un peu moins réaliste et c'est le seul défaut de l'oeuvre.
Quant au dessin, j'ai l'impression que Tezuka n'a jamais aussi bien dessiné ! Par exemple, les bâtiments ont parfois l'air réel !
Cette grande oeuvre montre à quels points Osamu Tezuka mérite de se faire appeler le dieu du manga.
Le premier tome m’est d’abord apparu comme une montagne à la pochette bleue flashy et au dessin simpliste. Peu encourageant…
Mais très vite le thème, les personnages prennent le dessus. Certes, Tezuka ne passe pas ses journées à retravailler ses dessins… et ça se voit. Mais le dessin a cette innocence qui met encore plus en valeur l’histoire et la philosophie de Bouddha. Le manga allie habilement faits historiques, histoire plus ou moins anachronique et la philosophie bouddhique. L’humour, bien que parfois un peu gentillet, rend les personnages très attachants.
Cette série fait maintenant partie intégrante de ma petite collection de livres, Bds, mangas et autres…
Pourquoi seulement 4 étoiles ? Parce que j’ai tendance à attacher une grande importance aux dessins… Et je pense que Tezuka aurait pu faire quelques efforts…
Ne connaissant rien au manga, je croyais que ceux-ci étaient orientés vers le sexe ou la violence, que les dessins étaient stéréotypés et bien détrompez-vous avec Tezuka.
Ayant commencé la lecture de l'oeuvre de Tezuka par L'histoire des 3 Adolf et Métropolis, je dois dire que la vie de Boudddha m'a particulièrement plu.
On peut être surpris par le trait du dessin propre à cet auteur, mais la naïveté du trait ne retire rien à la force du récit.
Parfois dérouté par les anachronismes qui jalonnent les tomes, il faut avouer que cette première impression passée, on s'y habitue très bien, et ces anachronismes ajoutent de l'humour à l'histoire.
Des rebondissements, des trahisons, des leçons de courage et d'altruisme, voilà les piliers de ce monument. L'épaisseur des tomes, environ 400 pages chacun, peut rebuter les moins avides, mais la lecture est agréable et bien rythmée.
Sur le plan de la mise en page, on peut regretter la laideur des couvertures, surtout vu le prix, ainsi que le sens de lecture occidental.
Quelques coquilles apparaissent parfois dans le texte, mais rien de bien grave.
Cette oeuvre m'a donné envie de poursuivre la lecture de cet auteur, qui semble être le Hergé du manga.
Je viens de lire le premier volume de la réédition "luxe" et je suis vraiment surpris!
Dire que je découvre cette BD seulement aujourd'hui!
Je connais mal l'oeuvre de Tezuka, j'ai abordé cette BD sans aucune idée préconçue et je l'ai vraiment, mais alors vraiment aimée. Quel choc, des les premières pages en couleurs on est emporté par cette histoire.
Ce premier volume est une genèse, on assiste à la naissance du prince Siddharta, ainsi qu'au destin tragique de plusieurs personnages.
La narration est simplement extraordinaire, ça se déroule tranquillement, tout est raconté clairement et il n'y a aucun compromis, en prime certains clins d'oeil de l'auteur sous forme d'anachronismes visuels ou phrasés s'intègrent naturellement à l'histoire.
Les dessins peuvent paraître simples, pourtant... Quelle beauté, que les émotions sont bien retranscrites.
Je vais foncer acheter la suite ça il n'y a aucun doute, quand aux 5/5 ce n'est pas un coup de coeur irréflechi, je l'assume complètement. Pour moi inutile d'attendre la confirmation d'une bonne impression.
Instantanément culte!
Je n’ai malheureusement pas encore pu lire le tome 1, actuellement épuisé, mais bientôt réédité en version luxe. Mon avis porte en fait sur les tomes 2 à 4.
Lorsqu’on voit les volumes de « Bouddha », la première réaction est la peur, particulièrement devant le tome 2 qui est un énorme pavé de plus de 400 pages. Les jaquettes ne sont pas non plus franchement aguichantes, et ne donnent pas vraiment envie de lire cette série.
La lecture de ce tome 2 a été quelque peu fastidieuse… Non seulement il est long, mais en plus il s’agit de la petite enfance et le début de l’adolescence de Bouddha, et Tezuka me semble ne pas encore maîtriser ce qu’il veut faire de cette histoire : le style est en effet hésitant entre une abondance de faits et détails d’une part, et de gros raccourcis et un développement de personnages de pure fiction d’autre part… Le résultat est un peu bizarre, donnant l’impression qu’on lit une biographie « détournée », soit trop proche, soit trop éloignée de la réalité historique.
Le côté épique non plus n’est pas très bien rendu, et on ne parvient que difficilement à s’intéresser au sort du prince et de sa famille. Ce n’est que vers la fin et dans les prochains tomes que Tezuka réussit enfin à s’affranchir un peu du côté historique – sans toutefois le négliger – et à trouver un style de narration beaucoup plus fluide, dynamique et intéressant. Il développe les aventures de personnages secondaires qui se révèlent parfois vraiment passionnantes, comme par exemple celle de Yatara, dans le tome 4, évitant ainsi de trop focaliser sur le personnage principal, et permettant de mieux le comprendre par ses interactions avec lesdits personnages.
Comme souvent chez Tezuka, « Bouddha » n’est pas exempt d’une forme de cruauté qu’on trouve rarement en bande dessinée. Pour lui qui a fait des études de médecine, la maladie, les mutilations et même les tortures ne sont pas des tabous, et il les montre sans complexe…
Mais le fond de l’histoire est bien entendu le bouddhisme, son fondement et son fonctionnement. On a pu avoir un aperçu des croyances de Tezuka dans « Le Phénix », où les personnages ont des destins très particuliers et sont en perpétuelle transformation. Ici c’est un peu la même chose, sauf que là les choses sont plus explicites, et c’est bien à la genèse de la théorie bouddhiste que l’on assiste en images. Les côtés mystique et scientifique se côtoient parfois, et on devine les raisons « rationnelles » qui ont présidées au destin exceptionnel du bouddha…
Je ne peux guère en dire plus pour le moment, mais si le tome 2 est d’une lecture un peu pénible, les tomes 3 et 4 m’ont passionné. Œuvre majeure de Tezuka, je l’apprécie tout de même moins que « Le Phénix » (où il me semble que l’auteur est quand même plus libre et plus à l’aise), mais je ne peux qu’en recommander la lecture à ceux qui veulent lire du manga de qualité, intelligent et atypique.