La lecture du second "immanquable" de Comès m'apporte la confirmation sur son talent.
Les villages ardennais, les vieilles croyances, les sorciers et les curés, les gens de la ville, l'apparition du progrès ... Les thèmes déjà vus dans Silence sont ici encore présents, mais dans une forme assez différente, se concentrant non plus sur un seul personnage mais sur plusieurs.
Le dessin est toujours aussi bon, dans un sublime noir et blanc, où les gens apparaissent, peut-on dire, tels qu'ils sont intérieurement ? Ce qui expliquerait le taux de laideur. Mais que dire des paysages !
A ceci se rajoute le scénario, prenant jusqu'au bout, haletant, très bien mené. L'histoire se dévoile petit à petit, sans grosse révélation brutale. Ici tout se passe doucement, en finesse. A l'image de ce village où la vie est lente, le scénario se déroule petit à petit, pour notre plus grand plaisir.
Et Didier Comès ne se prive pas de rajouter en sus de superbes critiques, dans un peu tous les sens, sans pour autant altérer la qualité du récit. Un beau plus.
Et puis surtout, la justification de ma note, le plus qui permet d'ajouter le 5/5, c'est bel et bien l'atmosphère de ce récit. L'ambiance rustique (très bien retranscrite, si vous avez déjà vécu dans un village c'est assez semblable), le caractère des gens, les dialogues, le cadre naturel, l'ambiance de ces vieux cultes et de ces sorciers. Une réussite totale.
Ce récit est une véritable perle. Pleine de qualités (même si on peut lui reconnaitre des défauts, mais quelle BD en est exempte ?), pleine de charme, prenante, cette BD a tout pour plaire, et m'a conquise. La sorcellerie marche encore, même à travers du papier et de l'encre.
Un 4/5 à la fois pour la BD, mais aussi pour son auteur et mon coup de cœur du moment
Je ne peux pas mettre moins que 3* à cette oeuvre, mais je n'en suis pas loin.
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours buté sur les livres de Comès, prenant et reposant les différents ouvrages dans les rayons de bibliothèques où je suis passé. Devant les avis si positifs trouvés ici, je me suis procuré La Belette d'occasion pas bien cher, raison qui me pousse à conseiller l'achat (à ce prix ça le fait).
Contrairement à certains, le dessin, bien que figé, ne m'indispose pas. Il va du très moyen (visages/humains en général) au superbe (nature/bestioles/rites). Le noir et blanc m'amène forcément à comparer à mon dessinateur préféré, Hugo Pratt, et si certaines cases sont de toute beauté, c'est bien moins maîtrisé. Malgré tout, comme dit plus haut, cela ne me gène en rien......à un détail près. Il participe de cet ensemble très manichéen et caricatural. On lit sur les visages des protagonistes tout le sentiment de Comès à l'égard de ses concitoyens (et personnages). Pour un perso, cela peut s'entendre, mais tous sont ainsi traités. Et les innocents (Pierre/La Belette) sont travaillés pour "les réussir" quand le curé et le voisin (que dire du fils de ce dernier) sont travaillés "pour les rater". Ca me dérange.
Côté scénario, si je suis sensible à la poésie qui se dégage et au côté écolo-fable, là encore l'aspect est trop marqué. Ouh, la grosse vilaine religion catholique... Tous les péchés y sont mis. Ahh, la belle religion païenne tournée vers la nature..... Et les perso ne sont pas en reste, du bouseux consanguin et malsain, au curé outrancier en passant par le citadin imbu... c'est too much. C'est surtout une carte postale rétrograde qui n'apporte pas assez d'eau au moulin de la critique sociale recherchée, ou plutôt qui en apporte tellement que le roue à aubes tourne comme une folle.....
Côté narration, la lenteur ne me dérange pas mais la narration en "pensées à haute voix" est d'un ennui mortel et me casse la lecture et sa fluidité.
Je mets 3* pour le dessin, l'ambiance particulière et la poésie qui se dégage de l'oeuvre, mais je suis plus sur du 2,5....
Quel bonheur que de replonger dans ces BD découvertes il y a quelques années et d'y prendre toujours autant de plaisir ! Un peu d’appréhension tout de même, car le bon souvenir tourne parfois à la déception, surtout après quelques années de critique où l’œil s'est acéré et le regard critique affiné...
Mais là rien de tout cela. Avec "La Belette", on plonge dans le cœur de l’œuvre de Comès. C'est grâce à cet auteur que je suis vraiment rentré dans le noir et blanc, moi qui trainais toujours un peu la patte auparavant, et je ne l'en remercierai jamais assez.
Car le graphisme de Comès est unique et reconnaissable entre tous. Il joue des courbes et des contrastes pour composer des planches où la magie de son dessin tranché mais paradoxalement très doux, rivalise avec celle de ses personnages... Et question magie et sorcellerie, Comès a bien potassé ses grimoires ! Il a vraiment su m'envouter en abordant des sujets que j'affectionne particulièrement : le fantastique, la différence et l'exclusion, les mythes anciens. Tout est savamment dosé pour réussir un philtre qui nous fait succomber au charme puissant de cet album...
Entre croyances, terroir ardennais profond et Histoire, Comès compose et tisse un album complet et magnifique, et qui ne prend pas une ride à la relecture.
A lire de toute urgence pour ceux qui ne connaissent pas. Un album que je conseille à tous ceux que le noir et blanc rebute : il peux être une clé magnifique. Et pour ceux qui connaissent déjà, relire "La Belette" reste un plaisir à ne pas bouder ! Que du bonheur !
Bof,
J'avais lu Silence, du même auteur, qui m'a fait le même effet.
On retrouve les mêmes thématiques d'ailleurs, ou plutôt les mêmes obsessions : l'angoisse de la ruralité, ses croyances, sa sorcellerie, ses frustrations aussi même si la sexualité est bien mal traitée ...
... Et surtout son nécessaire rejet des étrangers, excepté les "différents".
Ceci explique l'entrée dans le récit d'un enfant autiste... sans qu'on comprenne vraiment le sens du concept.
On retrouve aussi les mêmes tronches à tailler au couteau qui, il faut bien l'avouer ne me reviennent pas vraiment.
C'est triste sans doute, mais j'ai beaucoup de mal à trouver le dessin expressif. Les visages n'expriment rien au regard du récit. Juste une constante laideur pour les uns et une constante pureté pour les autres.
Le plus difficile reste alors de lire tout ce texte, qui reste long mais ne nous dit finalement pas grand chose.
Et le récit est parfois très limite :
Dès la troisième page on a le droit à un "oulala je la sens vraiment pas cette maison, il me fait peur ce village ... ". Aucune tension donc, ca m'a flingué le premier tiers de l'histoire ...
Et la narration ne vaut pas toujours beaucoup mieux. Il faut finalement 6 cases pour faire tomber le curé. Dénouement tellement mal réalisé que ca en devient pathétique.
Je suis sévère sans doute, mais vraiment le sortilège n'opère pas.
Que rajouter à tous les avis précédents ?
Cette BD est excellente. Je ne lui ai trouvé qu'un défaut : les visages de la famille au centre de l'histoire. Ils ont un côté extraterrestres avec leurs têtes ovales.
Pour le reste le dessin est très réussi. J'aime ce genre de noir et blanc, simple et puissant.
Le scénario est maitrisé, l'histoire est bien dosée et le final bien amené et en phase avec l'histoire.
Cette BD mérite amplement d'être dans les immanquables car plus de 25 ans après sa sortie, elle offre toujours une lecture de qualité.
"La Belette" est l'exemple de la BD universelle en passe de devenir une référence.
Aaaahhh, … les Hautes-Fagnes, ses mystères et ses légendes.
Comès est du coin, et connaît donc bien cet esprit campagnard où religion et superstition sont si étroitement liés qu’il est difficile de les dissocier. Mais je soupçonne également Comès d’être un grand amateur des films angoissants des années 60 (« les Oiseaux », « Rosemary’s Baby », « Psychose »).
La Belette combine adroitement ces deux influences. Le cadre campagnard est bien construit, avec cet inquiétant curé, ces voisins curieux mais secrets ou ce culte étrange à la déesse mère. Le climat angoissant est bien amené, conservant une logique très pragmatique pour pas mal d’éléments, mais s’autorisant quelqu’écart fantastique du meilleur goût.
Graphiquement, l’artiste maîtrise son sujet. L’évocation campagnarde est très réussie, son bestiaire est toujours aussi proche de la perfection (j’adore ce mélange de simplicité et de mystère) et ses personnages sont, dans l’ensemble, eux aussi, plutôt bien réussis. Leurs yeux me posent toujours problème, mais je m’habitue vite en cours de lecture.
Les jeux d’ombre sont toujours aussi convaincants, tout comme les cadrages. Ces deux éléments contribuent grandement à l’ambiance angoissante qui se dégage de l’album.
Sa conclusion, pour classique qu’elle soit, est tout à fait adéquate à mes yeux, et une autre fin m’aurait autrement déçu.
J’ai toujours apprécié l’univers de Comès, absolument unique, nimbé de mystère et intemporel, univers auquel cette histoire ne déroge pas.
Un couple de citadins et son enfant autiste viennent s’installer dans la vieille ferme qu’ils viennent d’acquérir dans un village ardennais. Très vite, ils se heurteront à l’hostilité menaçante du voisin sournois et son grand fils taré et d’une laideur repoussante, ainsi que du curé à l’air pas très « catholique »… Délaissée par son mari cynique davantage préoccupé de sa carrière à la télévision, Anne sera amenée, par l’intermédiaire de son fils Pierre, à rencontrer une sorcière païenne dénommée la Belette qui s’imposera comme un soutien incontournable face à un curé de plus en plus inquiétant…
La ligne claire de l’auteur épouse parfaitement la simplicité de l’histoire, et les aplats noirs qui sont sa marque de fabrique contribuent à rendre l’atmosphère sombre, avec des recoins dissimulant on ne sait quelle menace toujours prête à surgir. La représentation des personnages va du difforme au gracieux, et ceux-ci sont dotés d’une psychologie en apparence assez sommaire et caricaturale. Tout cela peut parfois paraître naïf voire agacer, mais cette simplicité permet d’évoquer davantage les contes de notre enfance.
Et c’est bien cela que j’apprécie chez Comès. On entre dans ses histoires comme on pénétrerait en secret dans une vaste demeure avec de nombreuses portes closes dont il faut trouver la clé comme dans un jeu de piste. On aime s’y perdre sans jamais savoir ce que l’on va trouver, ni même si l’on va en sortir.
La Belette se révèle un conte pour adultes, où l’auteur se livre de front à deux condamnations, l’une contre le christianisme (le curé) et les superstitions d’un autre âge (les voisins), et à l’opposé contre un matérialisme outrancier propre à nos sociétés modernes (Gérald, le mari). De cette façon, il nous invite gentiment à étudier une troisième voie beaucoup plus spirituelle, plus écologique. A sa façon, il réhabilite un certain paganisme anéanti au Moyen-âge par l’Inquisition, qui considérait comme de la sorcellerie ces cultures millénaires où l’homme occidental était alors en communion avec la nature, à l’image des sociétés chamaniques toujours présentes aux quatre coins du monde mais néanmoins menacées.
Pour cet album à lire et à relire, la vieille édition est difficile à conserver tant elle est fragile, pages mines et carton souple en couverture : il faut veiller aux trésors, allez même en avoir 2 un pour lire et un pour conserver !
Comes est un dessinateur noir et blanc. Ici pas de nuances de gris, non : du noir, du blanc rien d’autre… cela suffit pour produire des planches somptueuses mais surtout des contrastes saisissants qui vont coller parfaitement avec un scénario violent et mystérieux. Les visages sont clairement dérangeants de même que certaines proportions, mais tout cela nourrit le mystère et rester à ce sentiment de malaise serait dommage. L’ancrage parfois maladroit pourrait dénoter mais je me demande après maintes relectures si ce n’est pas volontaire pour accentuer le malaise et schématiser par l’image la psychologie des personnages.
Oh nous ne sommes pas ici dans la violence physique, pas de super muscle de bras coupés, de veines crachant l’hémoglobine ou de gros calibre brulant d’avoir trop tiré, non Comes ne mange pas de ce pain là, il s’agit de violence psychique, psychologique et parfois humaine. L’histoire n’est pas simple et la dire serait donner une interprétation individuelle qui ne collera peut être pas avec l’idée qu’en aura quelqu’un d’autre. Car l’album est tellement riche que chacun suivra sa sensibilité pour l’interpréter et en tirer sa moelle.
Comme souvent chez Comes on est dans le domaine des anciennes croyances, de la sorcellerie, de la cohabitation entre les hommes, des relations de pouvoir, avec toujours au cœur de l’intrigue celui qui est différent. Ici ce sera un autiste qui mettra en lumière les attitudes humaines les plus basses. Cupidité, ignorance, pouvoir, protection, intolérance, bêtise et aussi générosité seront croqués avec toujours cet apport mystique qui donne des pouvoirs surnaturels ou en tous cas matérialise une façon de penser ou de voir les phénomènes.
D’une poésie sensible extrême, le dessin sert le scénario. On est à fleur de peau on frémit à la lecture (et la relecture), on est de plus en plus pris par ces personnages de prime abord simplistes et finalement complexes. Les révélations successives et surtout la mise en abyme finale fera de cette œuvre un authentique chef d’œuvre qui forme avec Silence la partie la plus aboutie de l’œuvre actuelle de Comes.
Pour l’achat évidemment car plus que la lecture qui peut mettre mal à l’aise et devant laquelle on peut être dérouté, chaque relecture permet de faire un nouvel écho à l’œuvre en lui donnant de nouvelles perspectives. La magie n’opère pas que dans les planches mais aussi dans les esprits des lecteurs attentifs…
Superbe histoire qui mêle le fantastique (avec la sorcellerie) à un univers un peu inquiétant avec sa panoplie de personnages au fort charisme.
Le dessin peut être rebutant pour certains au départ car assez original (moi personnellement j'ai bien aimé mais c'est affaire de goût).
Néanmoins, on passe vite sur ce détail au regard du scénario qui est vraiment original et bien posé.
La personnalité des villageois est inquiétante donc vraiment prenante. Le récit est axé en arrière plan sur la confrontation entre deux religions (chrétienne et païenne) et il s'agira de faire un choix pour la future maman de l'histoire... D'étranges évènements se produisent tout au long du récit et c'est un vrai régal car on ne s'ennuie pas une seconde !
Une vraie bonne surprise découverte grâce à BDtheque.
C'est la première fois que je lis du Comès et je ne suis pas du tout déçu. C'est même une bonne surprise. Au début, j'avais un peu de difficulté à rentrer dans l'histoire à cause de la tête des personnages que je trouve hideuse (surtout ceux des trois citadins) et totalement figée (ils sont pratiquement capables que d'une seule expression au visage).
Puis, j'ai eu droit à une galerie de personnage très intéressants (le curé et le voisin notamment) et j'ai alors complètement embarqué dans le récit. Je l’ai d'ailleurs lu d'une traite car j'étais incapable de décrocher !
Le récit est très passionnant et, ce qui fait toute sa force, la psychologie des personnages est bien montrée et utilisée. On a aussi droit à une confrontation église/vieux culte que j'ai beaucoup appréciée.
Toute la maîtrise de Comès se retrouve dans cette histoire : décors sauvages, complexité des rapports humains, sorcellerie, ambiances surréalistes, et bien sûr mystères, donnent toute sa force à une histoire limpide et originale. Partant de bases classiques, l'auteur entraîne peu à peu son lecteur vers un univers personnel aux intonations fantastiques.
Ici, le récit parait mieux structuré que Silence, qui fait désormais révérence, car on y trouve une galerie de personnages d'égale importance qui ajoute une grande profondeur à l'ensemble. Les oppositions sont nombreuses, entre choc de la vie rurale pour des citadins, conflits prêtre/sorcier, incompréhension entre la recherche folklorique d'un reporter et les racines ancestrales d'adeptes de cultes obscurs, etc... Au milieu de tout cela, un jeune enfant autiste, c'est à travers lui, pourtant coupé du monde que se confronteront les cultures.
Une superbe histoire, bien servie par le choix des protagonistes, qui se laisse le temps de les présenter, d'installer son charme mystérieux, de créer le doute, l'ambiguïté...
Le dessin, bâti sur un équilibre du noir et blanc, imprime une grande souplesse à sa mise en scène, recréant parfaitement les ambiances recherchées, traduisant une grande maîtrise de la part de Comès.
Un album à découvrir absolument, aux allures de fable écologique un peu naïve, mais opérant une grande fascination jusqu'à une fin surprenante et bouleversante. Comment de telles qualités ne peuvent-elles séduire ?
Je partais avec une énorme envie de lire enfin du Comes et au final j'ai été vraiment déçu.
Je comprends très vaguement la filiation qu'on lui prête avec Pratt, mais sérieusement c'est mauvais.
Les dessins sont moches, faussement naïfs et répétitifs. Du coté du scénario, en effet les personnages parlent (et vu les réflexions c'était pas la peine) tout haut ce qui leur enlève toute subtilité au cheminement psychologique.
Le coté ésotérique rebouteux à 2 euros est minable avec en prime des pensées écolo à la limite du niais (lisez Andreas c’est autre chose !!). J'ai eu l'impression de regarder le téléfilm de France 3 du samedi soir.
Bref pour le dessin et le scénario je préfère relire Pratt et pour l'ambiance ésotérique on est loin très loin de la qualité de Andreas. J'ai mis 2 parce qu'il reste effectivement une touche toute personnelle à l'auteur.
Comès est un auteur complet avec un graphisme et un style narratif propres. Lire un Comès, c’est entrer dans un monde emprunt de mysticisme où se mêlent des thèmes récurrents chers à l’auteur (les croyances, la différence de l’autre, la nature, . . .).
"La Belette" est le Comès qui m’a le mieux plus mais il est vrai que j’ai été peu emballé par les précédents. Sans un final aussi poignant que dramatique, il ne m’aurait pas davantage touché que les autres. Reste que je trouve certaines longueurs au récit. Je reconnais que cette manière de procéder contribue à renforcer les univers imaginés par l’auteur mais moi j’y accroche difficilement. Concernant le trait de Comès, il se prête bien au N&B. Toutefois, je lui reprocherai un manque d’expressivité des visages associé à un découpage monotone (personnages coupés invariablement à partir du buste dans une position de ¾). De plus, Comès donne un faciès bizarre aux protagonistes principaux (yeux en amande, tête étirée et oreilles pointues). C’est bien dessiné mais le rendu ne me plait pas outre mesure.
Il me reste à découvrir Silence, l’oeuvre majeure de Comès.
Exemple type du grand savoir-faire de Comès: intrigue psychologique consistante, réflexion sur l'ésotérisme (dans le bon sens du terme) mystère, sorcellerie, et graphisme unique à son apogée.
Une BD de Comès qui semble moins connue que Silence et qui est pourtant tout aussi bien.
On retrouve le style particulier de Comès dans le dessin des personnages (notamment dans l'intensité du regard).
C'est le découpage du récit et la déformation des perspectives dans son dessin qui donne à "La Belette" l'impression d'avoir fait un rêve une fois le livre refermé.
Bref pour passer un moment, déconnecté de la réalité, et avoir l'agréable sensation de se reveiller en ayant vécu une histoire sombre, dramatique et magique, laissez-vous tenter par "La Belette".
Je suis fan de Comès depuis ses parutions dans "A suivre". J'ai été conquise par son graphisme et par son approche de l'humanité, à la fois si simple et si complexe.
"La belette" est une histoire réellement prenante.
En premier lieu, le spirituel et la sorcellerie sont des sujets qui tiennent à coeur à l'auteur. On les retrouve dans toutes ses oeuvres, et cela me plaît énormément.
Il sait mêler habilement, à mon sens, le côté manichéen (l'éternel balance du bien et du mal) des hommes et les traditions de sorcelleries.
Le charme s'est trouvé au rendez-vous dans cette lecture, j'y trouve mon compte en termes de spiritualité et de réflexion.
Le trait est effectivement particulier, très abstrait mais aussi très efficace. Une excellente maîtrise du noir & blanc, de l'ombre et de la lumière.
Bref, un auteur culte pour moi, car il a bercé mon adolescence et m'a permis d'avoir une vision différente de la bande dessinée (à l'époque j'entends, car on évolue, quoiqu'on en dise).
"La belette" est une très belle histoire de retour aux sources obscures.
Suite aux avis publiés ici, j'attendais sans doute un peu trop de cette BD et j'ai été relativement déçu.
Commençons par le dessin. J'aime bien le style, j'aime bien les décors tout simples et le noir et blanc. Je n'aime pas les visages des personnages (à quoi sert-il de faire tant ressembler les "citadins" à des têtes d'elfes étirées à l'extrême ? Et pourquoi rendre tout tordu le voisin ?). Pourtant à y regarder de près, on voit que c'est avec talent que les dessins ont été faits (ça m'a fait penser bizarrement à un mélange de Hugo Pratt et de Caza (notamment à cause des têtes d'elfes des "citadins")) et il faut donc croire que de faire les portraits ainsi était un choix... Je ne l'approuve pas franchement.
Ensuite, concernant l'histoire en elle-même, eh bien je ne lui trouve rien de fantastique. Je préfère Silence, du même auteur, comme BD portant sur les mêmes thèmes (un jeune enfant mentalement déficient qui se révèle avoir quelques pouvoirs, de la sorcellerie, la confrontation entre une vision druidique/animiste du monde et la vision moderne occidentale, etc...).
Alors que je partais sur un bon a priori, je n'ai pas été charmé par cette BD comme je l'aurais aimé, et je reste sur une impression d'histoire presque banale et sans grande envergure.
Dommage...
Une très belle découverte. En suivant la lecture de Silence, j'ai eu la possibilité de lire la belette que je ne connaissais absolument pas. Graphiquement, je ne vois pas des tonnes de différences entre les deux oeuvres: l'encrage est maîtrisé même si parfois un peu maladroit; les faciès des personnages sont par contre assez hideux je trouve, tout à l'inverse des décors absolument magistraux. Bref, un dessin intéressant mais qui n'est pas l'intérêt premier de ce livre.
Car en effet le scénario de Comès mêle avec brio des thèmes forts tels que l'opposition entre ruralité et urbanisme, le paganisme et la religion, le droit à la différence une nouvelle fois sous fond de sorcellerie dans les Ardennes (je voulais déjà pas habiter là-bas avant, maintenant je suis encore plus réticent!). Comès aborde tout cela avec tact et pudeur, suivant les pas d'un enfant autiste muet (ça devient un fond de commerce) et de sa mère, moins sclérosée que son mari. La manière dont l'auteur parle de religion et d'intolérance est sans concession et tout à fait à propos. Comès nous fait partager la folie des hommes, leurs bas instincts, leur cupidité et, ce qui manque un peu dans Silence, leur générosité parfois aussi.
Une oeuvre forte, parfois même un peu effrayante et très poétique. Je suis conquis.
Comès est décidément un auteur complet et trés intéressant. Derrière un graphisme dépouillé de toutes fioritures se cache une grande sensibilité et une maitrise graphique lumineuses. Ses planches en noir et blanc sont d'une grande beauté. Ses thèmes de prédilection (difficultés relationnelles, retour vers les valeurs simples et essentielles, attachement aux rythmes de vie authentiques) sont déclinés de manière très lisible et claire. Comès devrait donner des cours à bien des auteurs qui pensent que qualité scénaristique rime avec histoires compliquées et tarabiscotées.
"La belette" résume assez bien ces dernières remarques. L'histoire est simple et belle et en même temps sans concession. Le graphisme possède une vraie force et une lumineuse clarté....
Je vais pas en dire davantage, lisez et appréciez...
Pour moi, La Belette est LE chef d’œuvre de Comès. On y retrouve une belle synthèse de tous ses thèmes : le conflit entre sorcellerie et religion, l’opposition entre le monde païen séculaire et le monde moderne. Les personnages sont attachants et crédibles et le propos intelligent, même s’il reste emprunt de cette candeur qui fait le charme de tous les albums de Comès : je pense à la mise en scène un peu naïve, le côté figé et hiératique des personnages et leur propension à penser tout haut. Tout ça me plaît. Comès a un style et un univers personnels qui en font un auteur incontournable.
L'histoire commence avec lenteur, et au fur et à mesure que l’on s’avance dans la lecture de ce livre, on s’enfonce de plus en plus dans un délire qui nous fait confondre magie et réalité, on en ressort hypnotisé par tant de poésie funeste. Si vous avez aimé Silence, vous DEVEZ lire La Belette.