Cette fresque de juste avant la révolution date un peu et ça s’en ressent dans les couleurs plutôt fades. Le trait de Lax est réaliste et juste. Toutefois, je le trouve froid. De la technique donc mais pas vraiment d’émotions . . .
Côté récit, j’ai eu du mal à renter dans le premier opus. Je décrochais facilement, reprenais certains passages. Pourtant le récit n’est pas complexe, juste qu’il manque d’accroches. Puis l’intérêt vient crescendo au fil des tomes pour prendre véritablement le lecteur en haleine. Ce récit est un témoignage rare de cette époque avec, en toile de fond, la révolution qui se prépare.
Une lecture passionnante donc, mais je doute m’y replonger un jour.
J’ai été surpris. Positivement.
L’histoire, d’une certaine façon, est assez simple dans son postulat : une jeune aristocrate et un homme du bas peuple qui, chacun à leur façon, s’occupent d’enfants miséreux. Ils vont se retrouver réunis lorsqu’ils vinrent s’occuper de Zoé, une jeune enfant abandonnée.
Mais avec eux, je me suis retrouvé dans une sorte de long voyage où le romantisme se dispute au tragique des situations. Cette dualité, bellement mise en scène narrativement, est accentuée par une vraie tendresse que l’on sent le scénariste éprouver pour ses personnages. Et une pointe d’humour bienvenu, ci et là, accroche également l’intérêt.
Mais s’il n’y avait que cela ! Au dessin j’ai trouvé Lax qui fait montre d’une très belle maîtrise dans le réalisme des personnages et des situations. Le trait est fin, bien net, d’une grande lisibilité. Et, in fine, une jolie colorisation parachève l’ensemble.
Tout ça pour ?… une très belle et grande fresque, étalée sur quatre volumes, et qui se parcourt avec un véritable attachement. Pleinement réussie par la réunion du narratif, du dessin et de la colorisation, elle atteint parfois quelques « pics » d’appréciation pour lesquels je n’ai eu qu’un mot : grandiose. C’est vous dire.
Vraiment réussi.
Pas mal cette série. A côté des futurs succès critiques et publics, Cothias a réalisé des récits un peu plus intimistes ou moins tape-à-l'oeil, qui valent quand même la lecture. L'histoire suit le destin elliptique d'une petite fille, un bébé qui fut dérobé à sa mère à sa naissance. Mais le récit s'éloigne de l'enfant pour sauter, de façon un peu cinématographique, (avec des transitions plutôt réussies) de l'un des protagonistes à l'autre de cette sombre histoire. Protagonistes illustres : Condorcet, Robespierre, Calonne, La Fayette... A noter que La Fayette, personnage "qui a joué un rôle positif pour le rayonnement de la France hors de ses frontières", et présenté dans nos livres d'histoire comme l'un des inspirateurs de la Révolution, en prend quand même pas mal dans la gueule. A noter aussi que Louis XVI, qui fait des apparitions ça et là, ne montre jamais son visage sous le projecteur des deux auteurs... Difficile de dégager une raison à cette "absence"...
Cela dit, le tableau que nous peint Cothias de la France est assez saisissant... C'est un pays exsangue, aux finances vides, où seuls quelques milliers de nantis vivent correctement. Un pays sur le point de basculer, sous l'impulsion de philosophes, de penseurs et de savants éclairés. On aurait bien aimé lire la suite, voir comment Cothias aurait intégré Zoé dans les événements ultérieurs... Et Lax aurait pu l'aider, lui qui accroche l'oeil avec son graphisme élégant, quoiqu'encore "tendre" à l'époque.
C'est tout de même encore une leçon d'Histoire dispensée par le professeur Cothias.
Cette série est sortie en 1987, en prémices au bicentenaire de la Révolution Francaise, deux ans plus tard.
L'idée de base, l'enfance abandonnée, n'est pas ce qu'on appellerait un scénario facile. Mais si, en plus de cela, on place ce sujet dans un contexte historique (le 18ème siècle), cela devient suffisament intéressant pour éveiller ma curiosité.
La Marquise des lumières, de par son titre, nous fait croire à un récit au ton grandiloquent et fastueux mais dès les premières pages, on comprend vite qu'on a droit, ici, à une fable beaucoup plus intimiste.
A travers le destin d'un jeune homme, Cothias met en évidence la pauvreté qui émanait du 18ème siècle. Par la même occasion, il dénonce les différences de classe sociale de cette époque.
Aucune fausse note n'est a déplorer, ici, c'est du beau travail.
Si les couleurs sont parfois un peu fades, le dessin reste, lui, très fin et aéré.
Cette série nous apporte une vision réaliste d'une fin de siècle aux portes de la Révolution.