Là où Valérie Mangin avait réussi à transposer la mythologie jusque dans l'espace (Le dernier Troyen), je vois que d'autres auteurs n'ont pas le même succès. Pourtant, l'idée de base est excellente. C'est encore une fois le traitement qui est mauvais.
Morvan se base sur l'action pure sans expliquer les règles et les contours de ce nouvel univers. D'ailleurs, la narration est absente et des pages sans dialogue se succèdent. La lecture sera très rapide (10 minutes à tout casser). Par contre, les dessins sont de toute beauté. Les monstres et autres robots futuristes font véritablement peur. Visuellement, il n'y a rien à redire !
Cela impressionnera sans doute un public adolescent et de jeunes adultes friands de ce genre de mise en bouche. C'est un peu comme si vous regardez un bon film d'action avec une multitudes d'effets spéciaux mais sans psychologie. En effet, pour le reste, il faudra repasser ! Il est vrai que mes récentes lectures sur des sujets plus mâtures font que je m'éloigne d'une bd à deux neurones avec des couvertures accrocheuses. Mais bon, j'ai conscience qu'il en faut pour tout le monde.
Et enfin, après toutes les adaptations d’Hercule de ces derniers temps, le revoici dans sa version S.-F. Pour ce qui est du scénario ce premier tome ne casse pas des briques, peu bavard et donnant beaucoup dans l’action il se lit tout de même très vite. Le passage à l’univers S.-F. est plutôt bien réussi, avec l‘apport des références mythologiques, tout au moins celles que j’ai repérées, n’étant pas très portée sur le sujet, il y a certaines choses qui m’ont échappé. J’attends la suite pour juger du récit en lui-même, en espérant qu’il sera un peu plus dense par la suite.
Il est tout de même dommage qu’il n’y ait pas en fin d’ouvrage un récapitulatif de toutes ces références, ce qui donnerait une dimension plus intéressante et surtout plus approfondie à cette lecture.
Je n’aurais peut-être pas finalisé mon achat sans le graphisme absolument parfait de Looky, aussi dessinateur de Blanche Neige que j’avais trouvé très beau hormis la colorisation qu’il n’avait d’ailleurs pas réalisée lui-même. Il travaille ici à la colorisation avec Thill et le résultat est splendide. Rien que la couverture déjà donne le ton de ce qu’il y a l’intérieur, au moins on n’a pas de mauvaise surprise, la qualité est de mise de la couverture à la dernière planche. J’espère juste que la suite sera de même facture.
Il faut bien le dire, ce jeune dessinateur est bourré de talent, encore un que je vais suivre à la trace.