On a appris que de nombreux nazis avaient fui vers l'Argentine en 1945. Cependant, on ne savait pas qu'il y avait déjà sur place des garnisons allemandes dans les années 30. Ces colonies étaient installées dans les montagnes de Cordoba avec un majestueux hôtel qui leur servait de base arrière à une future invasion de l'Amérique du Sud. Bref, cet album montre un éclairage assez méconnu de la Seconde Guerre Mondiale à travers ce repaire nazi.
Les auteurs se sont bien documentés. Les photos de l'hôtel dans la post-face nous rappellent que ce récit est basé sur des faits historiques réels. Cependant, les auteurs se servent du personnage d'Ernesto Che Guevarra (qui est devenu très populaire ces derniers temps) pour imaginer une jeunesse d'espion. La dernière rencontre paraît des plus improbables. Il m'a fallu un temps de réflexion pour deviner de qui il s'agissait. Cependant, toutes les théories existent...
Cet album s’appuie sur des faits réels pour raconter une histoire fictive. C’est un procédé que j’apprécie généralement plutôt bien. Cette histoire nous emmène dans les montagnes argentines lors de la seconde guerre mondiale. Et plus précisément dans l’Eden hôtel, un lieu qui abrita réellement de nombreux nazis durant cette période. C’était même un point stratégique de leurs forces sud-américaines.
Non loin de là vivait la famille Guevara, dont le père et fils était des membres d’une organisation luttant contre les allemands. Du coup le scénariste à imaginer et romancer une partie de l’enfance du jeune « Ché ».
Au moins dans la première moitié de l’album, la guerre n’est pas vraiment présente. Un peu plus sur la fin. Ce n’est pas vraiment un récit d’action. La voix off est d’ailleurs celle d’une jeune fille, la nourrice de notre héros. Sa relation et ses correspondances avec le jeune Ernesto servent de fil rouge à l’histoire. Ce n’est pas la partie la plus palpitante du récit, mais c’est pourtant très présent tout au long de ce premier tome. Et finalement ce qui est le plus intriguant, tout ce qui touche au personnage de Ché Guevara, tout ce que le scénariste a imaginé et inventé de cette enfance qui a forgé le futur révolutionnaire n’est pas assez exploité.
Je trouve le dessin assez en phase avec ce ressenti. Il est plutôt joli, l’aspect « peinture » s’accorde très bien le coté fleur bleue de la liaison entre la narratrice et Ernesto. Mais c’est légèrement moins efficace pour mettre en image un blindé et des militaires en action.
A noter enfin que la rencontre finale est une belle surprise et une bonne idée…