Plus je lis les albums de Maximilien Le Roy, plus je le trouve intéressant, à l'instar d'un Joe Sacco, dans le choix de ses reportages dessinés. Ici il nous propose l'histoire d'un soldat français qui, à la fin des années 1940 et au début des '50, se retrouve des deux côtés de la barrière lors de la guerre d'Indochine. Un revirement pour des raisons idéologiques, mais pas seulement, puisque les exactions des colons et de l'armée française le dégoûtent. Mais, et c'est là que le récit devient réellement intéressant, Albert se rend compte que ce n'est pas tout rose du côté du Viet-Minh, malgré les bonnes volontés affichées par son leader, Ho Chi Minh... Une histoire -vraie- tout en nuances, lesquelles sont encore approfondies par un entretien en fin d'ouvrage entre l'auteur et un historien spécialiste du Vietnam.
En monochromie kaki, Le Roy nous amène au coeur de ce conflit qui laisse des traces encore 60 ans après, d'autant plus qu'en 2005 une loi promulguée par Chirac reconnaissait le rôle "positif" de la colonisation...