Lax n'en finit pas de nous conter des histoires de coureurs cyclistes. Là, il n'échappe pas à la règle. Cependant, la nouveauté provient du fait que le Vel d'Hiv sert de conducteur à une histoire familiale bien tourmentée pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Il y aura des passages assez bavards qui nous font perdre le fil du récit. La seconde partie sera nettement meilleur avec des moments d'intensité. Il est dommage que la fin ne soit pas plus claire. Je n'arrive pas à comprendre ce qui s'est réellement passé pour permettre un dénouement heureux. Et puis, on ne verra pas grand chose sur la fameuse rafle du régime de Vichy qui aurait dû être un des points forts de cette oeuvre.
Maintenant, j'espère que l'auteur va quitter l'univers des cyclistes pour pouvoir se renouveler. C'est bien de communiquer sa passion pour ce sport. Il est vrai que l'image récente du cyclisme n'est pas très glorieuse avec toute ces affaires de dopage et de champions tricheurs. On se rend compte que dans le passé, le cyclisme avait connu également des moments difficiles. L'écureuil du Vel d'Hiv est là pour nous le rappeler.
Je suis entièrement d’accord avec Spooky : la première moitié de l’album est molle au possible, presque insipide, et j’ai vraiment failli décrocher : énième histoire sur l’occupation allemande, personnages vus et revus, histoire de cyclisme anecdotique pour les non-initiés.
Et puis l’histoire décolle dans la 2ème moitié de la BD, et devient beaucoup plus haletante. Je me suis enfin attaché et intéressé aux personnages, le contexte historique se mêle habilement au cyclisme, et je n’ai pas réussi à reposer l’album avant d’en avoir lu la conclusion. Le dénouement est certes un peu convenu, mais satisfaisant et bien amené.
La mise en image est exemplaire, ce qui ne surprendra personne, Lax ayant eu le temps de perfectionner son art.
J’aurais volontiers mis 4/5 pour cette seconde moitié d’album, mais en ce qui me concerne un démarrage asthmatique plombe l’ensemble. Dommage.
Le début de l'album ne m'a pas vraiment enthousiasmé... Je trouvais le rythme lent, l'histoire assez molle, et les personnages un peu caricaturaux. Je me disais "Lax, il faudrait qu'il arrête avec le vélo, il a épuisé son inspiration."... Et puis tout d'un coup, sans crier gare, comme un pistard qui arrête de faire du surplace pour lancer son offensive, son intrigue s'est envolée, les différents éléments se sont imbriqués pour former une mécanique bien huilée, comme les pignons d'une roue... Et malgré l'entraînement imparable, on suit le récit sans heurt, sans peur d'être distancé... Et comme Lax est finalement un vieux routier, on ne craint plus l'accident de course, on se sent en sécurité.
On retrouve dans cet album une bonne partie des thèmes qui sont chers : le vélo bien sûr, le handicap qui amène à s'élever, la vie quotidienne de gens ordinaires confrontés à un évènement extraordinaire... Ici se déroulent en filigrane les différentes rafles qui vont vider Paris de sa population juive pendant l'Occupation. Un évènement diversement vécu par les membres de la famille Ancelin. Certains décident de passer à l'action, d'autres de rester passifs. Mais tous seront durablement marqués. Les personnages de Lax sont loin d'être caricaturaux, ni même primaires. Le plus difficile à cerner est sans doute le père, dont l'amour pour ses fils (même s'il s'en défend pour le plus jeune) est mis en balance avec ses amitiés -toutes relatives- avec l'occupant. des personnages très différents, mais tout très bien traités, et surtout, crédibles.
Sa reconstitution du Vel d'Hiv est bluffante ; on a vraiment l'impression d'être dans les gradins, dans la moiteur des populaires, venus là pour passer du bon temps, encourager, se défouler aussi... Il utilise aussi à merveille le fait que la verrière du vélodrome ait été bleutée pour mieux passer au travers des bombardements...
Côté dessin, j'avoue que le début me faisait craindre une baisse de qualité, les visages étaient moins soignés que d'habitude, les décors un chouïa laissés de côté ; mais j'imagine qu'il n'avait qu'une hâte, nous faire découvrir le Vel d'Hiv, car dès la première case qui s'y déroule, tout doute sur la forme de Lax est envolé, balayé par le vent de la course et la puissance des coureurs et des couleurs. Tout y est magnifique. Curieusement la scène qui m'a le plus bluffé est celle -courte- mettant en scène deux boxeurs en plein combat, qui est juste extraordinaire.