Marcas, c'est d'abord plus d'un million d'exemplaires des aventures du commissaire franc-maçon déjà vendus sous forme de roman policier et traduits en 18 langues. Delcourt reprend ce succès sous le format bd en commençant par un diptyque portant sur le rituel de l'ombre.
Il s'agit d'une oeuvre mi-ésotérique surfant sur le succès du Da Vinci Code. On aura droit à la fin de l'ouvrage par un vibrant plaidoyer en faveur de la franc-maçonnerie pour séparer le faux du vrai afin de ne pas entraîner chez le lecteur une vision conspirationniste du monde. On cite le financier Madoff comme pour accréditer le fait que les juifs manipulent la finance mondiale.
Ce premier tome s'intéresse à une organisation nazie ayant réellement existé à savoir Thulé. Celle-ci veut déstabiliser le monde occidental afin de voir renaître de ses cendres le III ème Reich. Certaines scènes sont assez violentes, il faudra s'accrocher. Le sang gicle. Les méchants sont sans doute trop caricaturaux.
Pour le reste, j'ai bien aimé le trait du dessinateur ainsi que le rythme de l'histoire bien qu'il y ait certaines zones d'ombre comme l'assassinat de la cousine. La dualité entre la militaire anti-franc-maçonne et notre héros commissaire donnera lieu à quelques joutes verbales pour notre plus grand plaisir. Et puis, cela colle bien à l'actualité mondiale du moment.
Après Le Triangle Secret, c'est une autre vision de la franc-maçonnerie qui n'a pas que des adeptes.
Ce thriller ésotérique est l’adaptation en bande dessinée de la série de romans du même nom. Comme souvent avec ce genre de polar, il y a une trame de fond intéressante. Ici on plonge dans l’univers de la franc-maçonnerie, et notre héros aura fort à faire pour élucider cette enquête. Il y a en effet vraiment beaucoup de péripéties : meurtres, société secrète rivale, tablette mystérieuse, connexion avec la seconde guerre mondiale…
Mais hélas cet univers très riche et cette histoire très dense qui font le succès des romans sont assez difficiles à transposer en BD. En effet les ellipses et les raccourcis sont nombreux. On passe de Jérusalem à Amsterdam via Rome en 4 pages. Certains flash-back explicatifs tiennent en 2 planches remplies de bulles et, du coup, deviennent un peu indigestes. Le sentiment qui en ressort, c’est qu’il y en a trop pour le nombre de pages. L’histoire ne prend pas assez le temps de se mettre en place.
Enfin la jeune militaire qu’on impose au capitaine Marcas est assez désagréable. Les dialogues, ou plutôt les disputes incessantes, entre les deux sont un peu pénibles et n’apportent rien à l’intrigue.
Au final une histoire qui aurait pu être plus passionnante. Elle prend place dans un milieu pas si connu et qui attire pourtant la curiosité, mais on en apprend finalement plus avec le livret « séparer le vrai du faux » de fin d’album.
A revoir avec l’intégralité de l’histoire, mais pour le moment 2,5/5.