A partir du personnage de Pinocchio, Lucas Varela propose une sorte de quête initiatique dans un imaginaire complètement débridé, où se télescopent beaucoup de choses. Mais hélas, débridé rime avec n'importe quoi ici, l'intrigue na ni queue ni tête, à peine arrive-t-on à s'intéresser au destin de Paolo...
Le seul vrai bon point tient au dessin de Varela, qui conviendrait parfaitement, par exemple, à un "Donjon". Très coloré, très orienté fantastique, il est vraiment agréable à l'oeil.
L’avis enthousiaste de Jetjet m’a amené à me pencher sur cette bd.
C’est donc confiant que j’ai entamé sa lecture en espérant me délecter d’un album décalé et bousculant la bienséance. Au final, mon impression reste mitigée. Le côté underground du dessin est plaisant et la représentation de l’enfer intéressante. L’idée générale a de quoi séduire mais les historiettes de ce pantin sont trop répétitives et m'indiffèrent totalement. Un prétexte l’envoi en enfer puis il use des mêmes stratagèmes pour en réchapper. Lassant . . . Heureusement, l’auteur a su conclure son album en usant d’une pirouette sympathique en forme de clin d'oeil. Sans doute aurais-je mieux apprécié ma lecture si je l’avais entamée vierge de tout aprioris ?
Alors, un conseil, ne lisez pas mon avis et faites vous votre propre opinion. Ah bon, c’est trop tard ? Zut alors …
Et voici sorti de nulle part du chapeau (de Pinocchio ?) ce qui semblerait être une nouvelle adaptation du célèbre conte italien dont on ne compte plus les nombreux ersatz de Disney à Winshluss.
Mais wait a minute ? Le Pinocchio de Varella ne garde que l’apparence de la marionnette éponyme et se fait appeler plus simplement Paolo. De Pinocchio il garde l’apparence désuète et surtout la fourberie lui permettant d’abuser de son prochain de quelque façon que ce soit.
Hélas pour lui, détourner la belle aux bois dormants ou trahir ses compagnons pour de la monnaie a un prix : sa vie et chacune des diverses historiettes raconte son entrée aux enfers après échafauds et surtout les stratagèmes qu’il va utiliser pour s’en sortir
Bien plus proche de l’univers tordu de Winshluss que des bons sentiments de tonton Walt, ce Paolo Pinocchio a tout pour vous plaire… pour peu qu’on aime les univers décalés et l’enfer proposé par l’auteur pourvu de ses âmes égarés et diablotins est sacrément séduisant.
Pour peu ces hachures picturales proches de l’imagerie d’Epinal dans des teintes rouges sembleraient toutes sorties d’une bible interdite, se permettant tous les excès avec élégance notamment lorsque le pantin manipule tous les personnages qu’il croise pour mieux les entuber et s’envoler vers un avenir plus radieux.
Le tout forme petit à petit une histoire cohérente dont le classique de répétition est suffisamment bref pour ne pas lasser.
Paolo Pinocchio reste toujours de marbre et son nez reste constamment allongé tout en se moquant de la stupidité des diablotins et des âmes damnées s’unissant telle une immonde gélatine pour offrir le corps révé pour s’évader hors des enfers.
Ce n’est ni hilarant ni ennuyeux et il est même dommage que ce Paolo Pinocchio ait à souffrir de la comparaison forcément peu flatteuse à son égard si on l’appose à l’ingéniosité constante du Pinocchio de Winshluss aussi oubliez le nom mais pas cette œuvre agréablement réalisé si vous avez envie de vous poiler 5 minutes avec un ouvrage balançant un coup de pied bien placé dans la bienséance.
Pour moi ça me va et je n’oublie pas qu’effectivement l’enfer c’est les autres !