Je voulais lire du manga qui sorte de l'ordinaire, j'ai été servie ! Ce Labyrinthe des rasoirs est vraiment une œuvre très très (très) spéciale.
Je ne savais pas trop à quoi m'attendre à part que ce serait gore et dérangé. En revanche je pensais avoir affaire à un récit complet en un volume, or il s'agit de 10 petites histoires de moins de 20 pages chacune en moyenne. Et qui dit histoire courte dit manque de place pour présenter et approfondir son sujet, fins abruptes et développements parfois peu compréhensibles. C'est malheureusement parfois le cas ici, certaines histoires restent très (trop) énigmatiques (je pense notamment à l'histoire intitulée "Le monde de Yuka"), la seule chose que l'on comprend, c'est que l'auteur a voulu mettre en image une large palette de perversions (sadisme moral et physique, scatophilie, pédophilie, et j'en passe) et de psychopathes "ordinaires" (un petit ami, un professeur, un parent) : bref, c'est de l'éro-guro comme on dit.
La présentation du manga parle de "philosophie"… je la cherche encore... Personnellement, j'aurais dit "psychopathologie".
Le style graphique est d'une simplicité très efficace pour mettre l'accent sur le détail "qui tue", ce qui ne l'empêche pas parfois d'aller beaucoup plus dans le détail, cependant il me plairait mieux dans un genre un peu plus horrifique et un peu moins érotico-sado-scatologique (chaque chose à sa place quoi...).
Et puis point de carré blanc ici comme dans d'autres œuvres japonaises pour adultes, c'est cash et donc à ne surtout pas mettre en toutes les mains, autant pour la psychologie du bouquin que pour ses dessins...
Ce mélange des genres n'est pas vraiment ma came … et je m'interroge vraiment sur la santé mentale de l'auteur Dans le genre et bien qu'autant déjanté, Fraction me convient mieux.