Inlandsis a constitué pour moi une réelle surprise de lecture. C'est étonnamment bien écrit. Le début n'était guère très encourageant avec un graphisme auquel il faut s'habituer. Il est vrai que j'avais été plutôt déçu par les légendes des esquimaux que j'avais lues jusqu'à présent dans différentes oeuvres (Celle qui réchauffe l'hiver ou encore La Vierge froide et autres racontars).
Le récit commence au tout d"but du XXième siècle où l'homme n'a pas encore rejoint le pôle nord. l'explorateur Robert Peary souhaite faire une tentative. C'est sans compter les résistances locales ainsi que la colère des dieux. C'est là qu'intervient le fantastique avec la présence des dieux qui va être déterminante pour la suite de ce récit d'aventure. J'ai beaucoup aimé l'enchaînement entre les légendes et la réalité du moment. Curieusement, le mélange passe bien ce qui n'est pas toujours le cas, loin de là !
Inlandsis est une belle évocation de la conquête du pôle nord et des hommes de glace. On s'écarte de la vision de l'homme blanc pour s'intéresser à celle des esquimaux. Bref, nous avons là une très belle saga arctique.
Un petit mot d’emblée sur la couverture. Sa composition est des plus réussies avec une image qui captive le regard. Mais le soufflé retombe une fois la bd feuilletée. Paul Frichet fait preuve d’une belle maîtrise graphique mais son trait pêche par son côté trop académique, voire statique. Il lui manque plus de relief et de vivacité pour être en phase avec l’histoire qui est contée.
A défaut d’un dessin plus dynamique, le récit est accrocheur. Sous une trame relativement convenue (confrontation entre humains et dieux), Stéphane Betbeder va broder une légende dans un décor inhabituel, celle de la formation de l’Inlandsis par des dieux bannis. La confrontation avec les deux-bras-deux-jambes, inéluctable, atteindra son paroxysme avec l’expédition de Sir Peary pour la conquête du pôle Nord qui débuta en 1909.
On ne relève pas de fausses notes dans la narration et ce, malgré la richesse des détails et la complexité relative qui caractérise le récit. Le scénario reste accessible sans toutefois verser dans un ton trop scolaire. Je lirai la suite sans faute !
Une lecture conseillée pour celles et ceux que les légendes impliquant dieux et hommes intéressent.