Après le « tout ça pour ça » de Mac Arthur (avis du posteur de ce one shot), moi j’ai envie de dire : quoi c’est tout ? L'histoire s'achève de manière brutale et tranchée, sans même prendre le temps de la voir se vider de son sang, d’autant qu’elle peut se résumer en une poignée de mots. Certes tout l’intérêt réside dans les personnages, dans la noirceur et l’acidité des propos, ainsi que dans le graphisme que je trouve bien fichu avec ses couleurs froides et son noir absolu qui lui donne beaucoup de contraste, mais cela reste trop léger. A mes yeux ça pourrait au mieux constituer un premier tome, et même si avec énormément de recul on peut admettre que l’histoire est finie, c’est réellement trop frustrant, trop court et trop convenu.
Ceci dit j’en conseille la lecture pour l’ambiance et les personnages, quant à l’achat… si et seulement si les auteurs se décident à nous donner une suite.
Katinka est un polar très noir, ce qui, à la base, n’est pas fait pour me déplaire. On y retrouve les habituels protagonistes : un détective dépressif, brisé, aux manières violentes et une adversaire féminine mystérieuse. Ces deux-là ont un lourd passé, inutile d’être devin pour le sentir.
C’est le lien qui unit les deux personnages ainsi que le passé de la « belle » (oui, entre parenthèses, car la belle dans le cas présent n’est pas des plus belles) qui servira de fil conducteur au récit. Celui-ci se développe donc sur deux époques : l’actuelle avec la traque du détective pour retrouver Katinka et les flash-backs en narration off où Katinka nous révèle son lourd passé.
Même si l’ensemble est convenu, j’ai aimé la narration (mais sans crier au génie). On retrouve un univers déjà souvent exploité mais c’est bien fait et efficace. J’ai lu l’album d’une traite, ce qui est plutôt bon signe.
Le dessin, lui, me laisse une impression mi-figue mi-raisin. Par moments, il m’a fait penser à celui d’Hermann (ancienne époque) dans sa manière de croquer les visages et de planter des décors très sombres. Mais à d’autres, j’ai trouvé que le trait manquait encore de tranchant, de netteté. Ceci dit, ce style convient bien à l’atmosphère « crasseuse » du récit.
Pas mal de louanges, donc. Alors pourquoi ne conseille-je pas l’achat, me direz-vous ? A cause d’un final ridicule à mes yeux… tout simplement. Je suis sorti de cet album sur une très mauvaise impression, l’envie de dire « tout ça pour ça ? » L’envie de ne mettre que « bof » mais, avec le recul et vu que j’ai lu l’ensemble de l’album d’une traite, je reste quand même sur le « pas mal »…