Mon impression de cette série a véritablement évolué entre le moment où j'ai posé les yeux sur la couverture et celui où j'ai rabattu la dernière page.
De prime abord, j'avoue que la couverture de Michael Turner m'a vraiment séduit.
Ensuite, le pitch présenté sur le rabat m'a tout de suite rappelé celui de Watchmen. Une équipe de super-héros frappée par un meurtre qui va petit à petit faire la lumière sur le linge sale de chacun de ses membres (ou presque).
Difficile de faire plus vendeur que la combinaison des deux !
Plein d'impatience j'ai donc commencé à lire Identity Crisis pour me retrouver immédiatement confronté à un problème de taille : l'auto-référence. Si vous avez lu Batman - Silence vous avez déjà une idée de ce que ça peut être à ceci près que dans cette série, même si plutôt justifiées, les références touchent à tous les univers des super-héros : Green Arrow, Batman, Flash, [Extensiman], Green Lantern, etc.
A moins d'être un véritable expert en matière de DC-univers, je pense qu'il n'est pas possible d'apprécier pleinement ce titre sans un lexique des personnages à côté de soi.
Ce qui, au final, est assez surprenant car l'histoire se révèle plutôt intimiste. Pas de super-vilain intergalactique créé pour l'occasion ; l'auteur a su, en dépit du côté expansif des protagonistes impliqués rester sur une histoire à dimension humaine. Les thèmes restent avant tout ceux des secrets inavoués et de la vie de famille des héros costumés.
Du coup, même si ça manque un peu de finesse, l'idée aboutit à un résultat plutôt plaisant et rafraichissant. L'idée même de la Ligue de Justice ne me plait pas trop mais je dois avouer qu'ici elle est plutôt bien mise en scène. Un peu comme dans Watchmen on sent que l'on a à faire à un groupe hétéroclite qui, bien qu'animé d'un but commun, n'est pas exempt de dissensions dans ses rangs.
Un bon comics DC qui peut agréablement venir compléter une bdthèque déjà chargée en histoires musclées de super-héros. A réserver toutefois aux connaisseurs DC. Et même pour eux, un petit dictionnaire des noms propres ne sera pas superflu.
MaJ après réédition par Urban Comics : De nouveau disponible en rayon, ce titre aura bénéficié de toute l'attention que sait apporter l'éditeur à son catalogue. Aussi vous y trouverez une introduction au récit et à ses personnages ; élément très utile à la compréhension de l'histoire pour des lecteurs non avertis. Une désormais classique galerie d'illustration ainsi qu'une postface par l'auteur et le dessinateur.
Enfin, 4 chapitres inédits ont été implémentés à cette édition (équivalente de "l'Absolute" en VO). Le premier sert d'interlude à l'histoire. Les 3 autres racontent une aventure datant de 1979 dont les conclusions sont évoquées dans le récit principal.
Bref, tous ces ajouts font qu'il n'y a plus aucune raison pour l'amateur de l'univers DC de passer à côté de ce titre !