Le Singe de Hartlepool
Ce récit basé sur des faits réels surgit d'une anecdote historique ayant pris de l’ampleur au fil du temps, les auteurs nous la restituent ici à son point culminant, et encore qu’en y réfléchissant bien, la bêtise des gens peut atteindre des sommets parfois phénoménaux, et plus rien ne devrait plus nous paraître excessif ou même étrange.
« Le singe de Hartlepool », c’est l’histoire d’une pauvre bête sans défense et d’une flopée d’ignorants comme il y en a tant aujourd’hui, mais bien plus encore il y a un siècle et demi. J’ai entamé ma lecture comme ces derniers, ignorant tout de son contenu, seuls le superbe graphisme de Jérémie Moreau et le nom de Lupano m’ont fait sauter sur cet ouvrage, et ce dernier fait encore une fois hommage à son talent de conteur.
Le scénario est très bien mené d’autant qu’il y a tout de même pas mal de personnages et qu’à aucun moment on ne ressent une quelconque lourdeur ou confusion. Il y a de l’humour et une jolie dose de cruauté aussi, le tout encore une fois dosé au poil.
Ce que j’ai le plus aimé c’est ce que je déteste habituellement dans mes lectures, la morale de l’histoire ! Lupano nous la sert de façon très détachée, dans une espèce de résignation décevante de la nature humaine.
L’introduction d’un personnage historique, que je ne citerai pas évidemment, apporte le petit clin d’œil qui fait qu’on s’attache encore plus à certains personnages.
Les trognes des personnages sont excellentes d’expressivité, les couleurs sont douces et reposantes, le cadrage reste classique mais le format proche du comics lui va à ravir, c’est une très jolie petite bête qu’il serait impensable de ne pas posséder. Maintenant j’attends avec impatience la prochaine B.D. du dessinateur, qui pour une première fait montre d’un talent bien assuré.
Le prix est tout doux aussi avec ses 92 planches ! |