La Mort de Staline
Un très bon premier tome (4/5) ... un nettement moins bon second (2/5) ; moyenne 3 ... et je ne conseillerais que la lecture du premier volet de cette dilogie.
Quelques écarts avec la réalité ... entre-autres que ce n'est pas la pianiste Yudina qui était aux funérailles de Staline, mais Sviatoslav Richter, dont le compte rendu assez savoureux se trouve sur
http://www.festival-colmar.com/news-topmenu-71/589?task=view&lang=fr
et que je joints pour l'anecdote avant qu'il disparaisse dans les arcanes du web ( et dont il y aurait eu de quoi remplir quelque pages savoureuse en BD) :
"... Richter se produit en tournée à Tbilissi, en Géorgie, lorsqu’un télégramme de Moscou lui enjoint de rejoindre sur le champ la capitale. Le temps est exécrable et la majeure partie des vols est annulée… Devant l’urgence, on prend la décision de mettre Richter dans un avion cargo… qui transportait des couronnes mortuaires ! "
C’est ainsi que le pianiste rejoint, totalement épuisé après un éprouvant voyage dans des conditions véritablement épouvantables, la salle des Colonnes, située en face du Kremlin, salle où est exposée la dépouille de Staline. Arrivé à Moscou, Richter apprend par ailleurs que son ami Sergueï Prokofiev est décédé le même jour que le « petit père des peuples », le 5 mars 1953…
Dans la salle, se trouvent déjà le célèbre violoniste David Oïstrakh, la pianiste Tatiana Nikolaeva (futur professeur de Nikolaï Lugansky !), un orchestre symphonique au grand complet et l’illustre chef du Bolshoï Melik-Pashaev, sans oublier le Quatuor Beethoven.
Les musiciens ont été littéralement « bouclés » à l’intérieur du bâtiment, sans aucune possibilité de quitter les lieux, pendant les deux jours qu’ont duré les cérémonies officielles !
Lorsque Richter commence à répéter, il se rend compte que les pédales du « misérable piano » (selon ses propres termes) ne fonctionnaient pas.
Il demande alors à un musicien de l’orchestre quelques épaisses partitions pour pouvoir les caler sous les pédales…
Pendant qu’il entreprend, accroupi sous le piano, ces quelques « réparations » sommaires, le service d’ordre, posté dans les galeries, se met à courir : les policiers ont cru que Richter essayait de placer une bombe ! Ce fut donc le seul véritable « incident » à se produire lors de ces tristement célèbres funérailles qui ont coûté la vie à plusieurs personnes piétinées à mort par la foule…"
On lira ailleurs que le piano était aussi désaccordé ... et que les gens venaient surtout pour s'assurer que le dictateurr était vraimlent bien ... mort !
Yudina aussi aurait eu droit à un tableau plus proche de la réalité : car c'était pratiquement la seule qui critiquait ouvertement le pouvoir et le régime sans être inquiétée, car on la prenait pour "la folle du village" ; elle jouait en public en robe avec au pieds ... des baskets vertes ... et toujours son révolver chargé dans son sac à main (qu'elle donnait parfois quelques instant au premier venu, totalement décontenancé, pour mieux chercher une boutille au fond de son sac !)
Bref, il y avait moyen d'aller bien plus loin dans cette macabre pièce de théâtre soviétique ... |