La Peau de l'ours
Le dessin est la principale qualité de cet album (j'en profite ici pour dire que je déteste être obligé d'aller voir sur internet pour savoir qui des deux auteurs cités en couverture est le dessinateur, et qui est l'auteur).
Le trait est original, cabossé, jamais loin de la caricature, mais toujours "sérieux". Les couleurs sont belles et les matières aussi.
Le scénario se laisse lire, les dialogues sont agréables, mais il faut bien reconnaître qu'on ne va pas de surprise en surprise : on se laisse juste porter par une énième histoire de jeune gars qui trempe dans les affaires louches de la mafia. Rien de rédhibitoire, mais rien d'inoubliable non plus.
Ce qui me dérange, en revanche, c'est le traitement des personnages féminins, qui semblent n'être là que pour se dévêtir et s'offrir aux hommes. Pourquoi pas, mais il faudrait faire un minimum d'effort pour qu'on y croie, qu'on comprenne pourquoi, et qu'elles deviennent des personnages plutôt que des "figures du pêché". Leur irréalité et leur mutisme affaiblissent l'album.
Dans une moindre mesure, on peut aussi regretter l'absence de cohérence dans les actes du jeune Palermo. Mafieux sans le vouloir, puis traître au pire moment... C'est assez léger.
Pour résumer : voici un album beau à regarder, qui se lit sans peine, et qui fait le choix de ne pas s'attarder sur la psychologie des personnages. Sur ce dernier point, je dirais que c'est très dommage. |