La Guerre d'Alan
Disons le d'emblée, le titre de cet ouvrage est véritablement trompeur.
Ceux qui s'attendent à des récits sur la guerre comme a pu en livrer Tardi seront déçus. Il faut plutôt se tourner vers Gibrat dans Le Vol du Corbeau, ou dans Mattéo pour se faire une idée de ce qui vous attend.
Alan Cope, même s'il est envoyé en Europe parmi les soldats américains ne sera jamais au front mais toujours en retrait. Point de champ de bataille pour lui, engagé qu'il est comme dactylographe notamment. Et même s'il se retrouve engagé dans un blindé, il ne croisera que très rarement le regard des Allemands au cours de son périple, qui le conduira essentiellement en Tchécoslovaquie ou dans la Bavière d'une Allemagne désormais vaincue.
En réalité, "la guerre d'Alan", c'est avant tout l'histoire d'un citoyen américain qui s'aperçoit au fil du temps qu'il a raté sa vie, au nom du respect des conventions, un soldat qui n'a pas été lui-même et qui gagne l'Europe qui lui correspond plus, fuyant un pays dont les gens sont somme toute assez superficiels à son goût.
L'histoire d'une vie en somme, dans laquelle se retrouveront bon nombre de lecteurs.
Le dessin de Guibert est fidèle à ce qu'il nous avait habitué dans " le photographe" avec des mélanges de dessin et de photos sur fond de couleurs noires, blanches et grises.
Un one shot réussi pour un récit plus contemplatif qu'explosif. |