Aquablue
Série marquante des années 90, Aquablue a lentement périclité pour ne plus vraiment ressembler à ses origines. Le succès de la série peut en partie s’expliquer par l’approche des thèmes humanistes, un mélange de science-fiction et d’aventure et un melting pot de plein d’œuvres littéraires ou cinématographiques (Star Wars, Tarzan, Dune, Moby Dick, La Momie…). Et puis surtout, sa renommée fut acquise par le dessin d’Olivier Vatine, précurseur d’un style vif et agréable.
Pour ma part, jusqu’au tome 7, la série se tient à peu près. Mais après, c’est la dégringolade. La création de la Fondation Aquablue permet à Cailleteau de nous faire découvrir d’autres planètes que la Terre et Aquablue, mais les scénarios n’ont strictement aucun intérêt… Nao et ses compagnons sauvent des dinosaures sur une planète menacée de destruction par un voivoïde (un trou noir en quelque sorte) pour les tomes 8 et 9, et pour le cycle suivant de 2 albums, les héros se retrouvent en plein désert dans un remix du film La Momie… Pas passionnant, mal écrit et sans saveur, ces tomes 8 à 11 peuvent aisément être passés pour arriver directement au tome 12.
Ce dernier album en date a la bonne idée de remettre l’action sur la planète Aquablue et de reposer les bases des débuts. Dans les premiers tomes, on assistait à une colonisation brutale et armée, organisée par une entreprise avide de puiser les ressources de la planète. Là, c’est plus subtil. La colonisation va se faire pacifiquement mais non sans heurt.
Côté dessin, la série a énormément perdu avec l’arrêt de Vatine. Ca fait d’ailleurs un drôle d’effet de passer du tome 4 au 5, du dessin de Vatine à celui de Tota. Pas mauvais, mais indéniablement différent. Siro qui reprend le flambeau aux tomes 10 et 11, possède un trait proche des comics. Reno sur le dernier a un petit quelque chose de ressemblant à Vatine, mais le côté informatique du dessin ressort trop à mon goût.
On peut avoir quelques regrets, car Aquablue aurait pu/du marqué durablement le monde de la bande dessinée. |