Zone rouge
Avec la collection « Calandre » les éditions Paquet semblent autant exploiter l’univers automobile que la nostalgie des années ’50.
Et cette « Zone rouge » ne déroge pas à la règle, même si comparativement à d’autres séries de la collection, le ton employé ici est bien plus réaliste, plus sérieux.
Dès la première planche, un nom me vient à l’esprit : Michel Vaillant. Le trait, bien sûr, mais aussi la narration rappellent la série chère à Jean Graton. Et, à mes yeux, ce n’est pas péjoratif car je considère toujours aujourd’hui des albums comme « le 8ème pilote » ou « la trahison de Steve Warson » comme essentiels à la naissance de ma passion pour la bande dessinée. J’ai donc entamé ma lecture avec enthousiasme, espérant retrouver dans ce récit un peu de la magie d’hier.
Malheureusement, l'objectif n’est pas totalement atteint. En cause, une trop faible présence de planches consacrées à la course automobile. La majeure partie de ce premier tome (sur deux prévus) nous offre en effet des scènes de dialogues. L’auteur consacre énormément de temps et de soin à la reconstitution des années ’50 et au réalisme de son intrigue (un jeune pilote qui cherche à obtenir un volant en rallye), au détriment de l’action pure et dure.
La reconstitution des années ’50 devient dès lors le point fort de la série. Depuis les affiches publicitaires jusqu’à un certain état d’esprit (riches patrons contre syndicat « communiste », début de l’émancipation féminine, langage populaire…), le soin accordé par Philippe Pinard est incontestable et nous permet de nous replonger dans l’ambiance de ces années d’après-guerre.
Pour le reste, ce sont surtout à de petites intrigues et autres magouilles de dragueur auxquelles j’ai eu droit… et ça ne m’a que fort peu emballé.
J’espère une seconde partie plus axée sur la course en elle-même. Auquel cas la série atteindra son objectif : divertir tout en nous replongeant dans une époque révolue.
Pour la qualité du dessin réaliste (décors et véhicules « à la Graton » avec l’avantage d’avoir des physionomies plus diversifiées) et pour le soin accordé à la reconstitution de l’époque, j’accorde un bon 3/5. L’intrigue, elle, me laisse jusqu’à présent, assez froid. J’attends de voir le tome 2 (que j’ai quand même bien envie de lire) pour vous recommander l’achat… ou pas. |