Tortuga
Pas mal pas mal cette nouvelle série qui mêle fantastique et récit de flibuste. Située à l’époque où cette dernière déclinait, où l’île de la Tortue, symbolique, passait sous le contrôle de la couronne espagnole (ce point est semble-t-il une liberté du scénariste avec l’histoire véritable de l’île, mais finalement ce n’est pas important), il semble qu’un corsaire renommé n’ait pas dit son dernier mot, ni rendu son dernier souffle. Cela donne des séquences d’action plutôt bien rendues, malgré une légèreté scénaristique un peu criante par moment.
Après avoir travaillé avec RaphaëlB, Viozat nous fait découvrir un autre jeune talent dans la même veine graphique, Antoine Brivet. Son style un peu inspiré de celui de Mike Mignola (Hellboy), plutôt efficace, nous propose un récit semi-réaliste et ma foi assez agréable, même si on sent que la maturité n’est pas encore là. La colorisation de Virginie Blancher favorise en outre l'immersion dans l'ambiance un peu étrange de l'histoire. Le second tome montre une gradation dans la maîtrise, et le plaisir est accru, même si je trouve par moments les couleurs un chouïa trop chaudes. J'ai trouvé l'une des séquences d'abordage du second tome franchement pas mal du tout, et je suis fan de vertigineuses vue en plongée ; Brivet a tout de même fait du très bon boulot.
Même si le scénario est (très) léger, c’est suffisamment « fun », dynamique et joliment dessiné pour qu’on ait envie de lire ce sympathique diptyque. |