Ikigami - Préavis de mort
Franchement pas mal cette petite série.
J'aime bien ce principe de rester sur le même schéma pour chaque histoire, même s'il y a un risque à force de se répéter ou de tourner en rond. Ca fait un peu penser aux séries policières américaines dont on nous abreuve à la télévision, sauf qu'ici, je ne m'en suis pas encore lassée .
Chaque tome nous conte deux histoires autour de la réception de l'Ikigami et de ses conséquences : présentation de la personne dans son environnement, distribution de l'Ikigami par le fonctionnaire de la mairie, les dernières 24 heures du condamné et quelques pages de réflexions de la famille et/ou de Fujimoto (le fonctionnaire chargé de la distribution) avec ses collègues ou son ego. On a donc à chaque épisode du tout neuf avec l'histoire du condamné lui-même et une sorte de fil rouge autour de Fujimoto (qui n'est pas complètement à l'aise dans son rôle), de son chef (qui a depuis longtemps oublié d'interroger sa conscience) et de son amie la psy (qui semble se satisfaire pleinement de cette loi, à moins que...).
Deux choses me gênent un peu tout de même :
- la crédibilité de cette mesure de sacrifice d'un jeune sur 1000 comme moyen d'assurer la prospérité nationale en donnant aux 999 autres une conscience accrue de la valeur de la vie (finalement, seul le condamné s'en rend vraiment compte et revient sur son passé, ceux qui y échappent semblent ne pas trop s'en préoccuper),
- la trop faible proportion de personnages qui pètent vraiment les plombs (je n'ai vu que le prof d'anglais ou le fils de la femme politique dans ce cas : 2 sur 10, le ratio est faible) ou de vrais méchants qui feraient des trucs vraiment répréhensibles : on a finalement affaire essentiellement à des gens bien (voire même très bien comme ce jeune garçon qui travaille dans une maison de retraite : pour lui, j'ai même fait une pause avant le dernier acte pour lui laisser la vie sauve plus longtemps…), ou qui tentent de rattraper tant bien que mal quelques erreurs passées au cours de leurs dernières 24H. Le T6 rééquilibre un peu les choses...
Le dessin est plus que correct, avec quelques fonds à base de retouche photo que j'apprécie moins, mais c'est vraiment pour pinailler. La lecture est agréable et fluide. C'est un bon divertissement.
En résumé : une bonne série, originale dans son idée de base, mais qui prend le risque de tourner en rond et/ou de s'enliser dans un truc un peu trop guimauve à trop vouloir ne raconter que la vie de gens bien.
Après lecture des 10 tomes de la série.
Alors là, s'il y a un truc auquel je ne m'attendais pas, c'est que la série s'arrête à ce 10ème tome... Peut-être est-ce une fin avortée à cause de la catastrophe écologique et nucléaire de 2011. Et à la lecture de ce dernier opus je fus surprise de lire que ce n'était pas au Japon que se déroulait l'action mais dans un pays "allié" de ce dernier, mais avec des habitants parlant la même langue... Pourtant, je lis bien dans le résumé de la fiche série la phrase suivante "Le Japon, dans une réalité alternative"... Bref, j'ai légèrement été désarçonnée et il faut que je me replonge dans les premiers tome pour vérifier tout ça.
Vérification faite, je ne dois pas être la seule à avoir cru dur comme fer qu'Ikigami se passait dans un Japon uchronique, les notes de fin de volume 4 qui font le rapprochement avec l'histoire réelle du Japon le prouvent car on nous y explique que la fameuse loi de Sauvegarde de la Prospérité Nationale a été imposée par un pays "vainqueur" (que l'on suppose être les Etats-Unis) au pays perdant (le Japon) après une guerre (la deuxième guerre mondiale). L'auteur des notes s'étonne quand même qu'une loi de la sorte, à l'esprit tout japonais, ait pu être imposée par un pays comme les Etats-Unis.
Il est difficile de dire si nous nous sommes tous fourvoyés ou si l'auteur a changé son fusil d'épaule au moment de conclure la série. Personnellement, je trouve ça assez peu convainquant comme surprise de dernière minute.
Malgré cela, Ikigami reste pour moi une série sympathique et divertissante que je relirai certainement à l'occasion, son format 1 tome / 2 histoires permettant de le faire sans forcément reprendre la série dans son intégralité. |