Le Manoir des Murmures
Les trois tomes lus, je ne modifie pas ma note.
L'avis suivant ne porte cependant que sur le tome1. Mais peut s'appliquer au t2.
Le T3, beaucoup plus porté sur l'action, clot de belle manière cette série, toujours avec un dessin magnifique qui vaut à lui seul le coup d'oeil.
Pour la petite histoire, David Munoz, n'en est pas à son coup d'essai en bande dessinée et il a même travaillé avec Guillermo Del Toro sur le scénario du film "L'échine du diable".
Sa dernière création que je viens de lire comme toute BD a du bon et du moins bon.
Ce qui m'a plu immédiatement dans le graphisme de cette BD ce sont les ambiances teintées de doute et d'angoisse dignes d'un bon "Alone in the dark", avec la neige, la nuit et le brouillard qui va bien. Les couleurs rendent parfaitement et nous plongeons facilement dans ce milieu hostile et inconnu où se cachent les bêtes. Et ça me coute de le dire puisque les couleurs sont 100% informatisées et qu'en général j'ai plutôt tendance à être 100% négatif sur l'emploi de cette technique quand elle me saute aux yeux comme ce fut le cas ici… La mise en page, le découpage sentent le travail cinématographique apporté par Munoz. Ce travail parfaitement maitrisé marie avec bonheur les deux mondes du cinéma et de la BD.
En revanche, le trait en lui-même est moins convaincant. D'inspiration manga là aussi croisée entre le manga et la BD plus classique le travail applique avec réussite les effets de mouvement rendant le dessin très dynamique. Là où je trouve que le bât blesse c'est au niveau de la restitution des visages qui m'a rebuté maintes fois notamment dans les expressions souvent trop froides et figées renforcées par une mise en couleur à ce niveau moins réussie du fait des plaquages informatiques manquant de grains et de vivants.
Pour le scénario, rien de nouveau. Les auteurs utilisent de nombreux filons déjà utilisés en les revisitant pourtant avec intelligence. La transformation des humains en ''lycanthropes'' suite à une expérience des nazis a déjà été vu dans Mens Magna et le mythe des vampires a déjà été usé jusqu'à la corde par de nombreux auteurs. Réussir à reprendre et faire revivre le mythe n'est donc pas chose aisée, mais ce premier tome dynamique est construit intelligemment.
Et c'est là sans doute que l'expérience cinématographique et scénaristique de Munoz prend le relai et propose une histoire rondement ficelée.
La vitesse à laquelle les évènements se basculent et s'enchainent m'a même laissé par moment me poser la question si je n'avais pas un one-shot entre les mains… Enormément d'informations sont lâchées maintenant notre intérêt du début à la fin. Arrivé à la dernière page, je me suis alors rendu compte que malgré cette avalanche d'informations, bien des points restaient à éclaircir et que ma patience allait être mise à l'épreuve en attendant le second volet !
Un très bon premier album qui demande cependant à confirmer pour le pas tomber dans les facilités et classicismes du style et des éléments invoqués et évoqués. |