Les 7 vies de l'épervier
Monument réputé, il m’aura fallu plusieurs tentatives pour enfin aller au bout. Ces sept tomes trouvent une saveur théâtrale tout à fait étonnante pour une bande dessinée. En Fait j’ai vraiment eu l’impression de lire une pièce de théâtre avec ses effets d’auteur, comme lorsque des personnages mi-irréels parlent des futures destinées des personnages. Cela ressemble au fou de Shakespeare, ou aux chœurs des tragédies classiques, mais dans une BD, j’avoue que j’ai eu du mal à intégrer. Hors ce jeu scénique, il faut louer l’environnement historique magistralement retranscrit. Quel dommage que nos livres d’histoires soient moins agréables que ces albums. En effet avec eux je fus tout à fait intéressé des enjeux politiques que rencontre Henry IV avec sa douce légitime. Si l’on peut reprocher une certaine superficialité dans la juxtaposition en nos héros campagnards et l’élite du Royaume Français, ceci reste tout à fait fluide grâce à un travail graphique remarquable.
L’environnement créé par Juillard permet de vagabonder du fin fond de l’Auvergne aux fastes du Louvre avec une facilité certaine. Décors et personnages semblent parfaitement représentés, l’héroine ne porte pas des atouts qui semblent défier les lois de pesanteur et de volume et ne combat pas semi-nue face à ses opposants ce qui distingue largement cette série d’autres productions.
Et puis il y a le tome 7. Ce tome seul est un bijou, la fin laisse le lecteur dans un état d’hypoxie tout à fait détonnant, dramatique et valide tous ces interludes théâtraux un peu lourds à la lecture. Cette chute fait basculer l’album de pas mal à bien.
L’achat me semble une bonne chose car cette série peut se relire avec plaisir et de nouveaux centres d’intérêts. On se prendra tantôt à se perdre dans l’architecture, puis dans les postures de duels, puis dans les enjeux catholico-protestant…
Signalons tout de même qu’il existe des dérivés comme masque rouge, mais surtout une suite plume au vent |